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Guinée

La junte guinéenne s'affirme face aux exigences de la CEDEAO

Des soldats de la junte traversent un hôtel lors d'une réunion avec des représentants de haut niveau de la Cédéao, à Conakry, en Guinée, le 17 septembre 2021.

La junte en Guinée affirmait son autorité samedi, presque deux semaines après le putsch, repoussant pour le moment les demandes de libération de l'ex-président Alpha Condé et les exigences d'élections dans les six mois, au nom de la "volonté du peuple".

Depuis vendredi soir, la junte formée lors du putsch du 5 septembre, le "Comité national du rassemblement et du développement" (CNRD), désigne son chef, le colonel Mamady Doumbouya, comme "président de la République et chef de l'Etat".

Le CNRD a détaillé samedi lors de sa toute première conférence de presse la réponse du colonel Doumbouya aux exigences de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao, 15 pays) qu'étaient venus lui exposer la veille les présidents ghanéen Nana Akufo-Addo et ivoirien Alassane Ouattara.

"Il a été rappelé par le président de la République à ses hôtes qu'il était important que la Cédéao écoute les aspirations légitimes du peuple de Guinée", a déclaré un porte-parole du CNRD, le colonel Amara Camara, au sujet de l'organisation d'élections dans les six mois, réclamée par l'organisation régionale.

Le colonel Doumbouya a souligné la nécessité de ne pas rééditer les "erreurs du passé", rappelant qu'une concertation nationale pour tracer les grandes lignes de la transition que conduira un futur "gouvernement d'union nationale" avait débuté mardi et que "seul le peuple souverain de Guinée décidera de son destin", a ajouté le colonel Camara.

"Il est aussi clair pour toutes les parties que l'ancien président demeurera en Guinée au lieu du choix du CNRD", a précisé le porte-parole.

Dès vendredi soir, le CNRD affirmait "que l'ancien président de la République, le professeur Alpha Condé, est et demeurera en Guinée", dans un communiqué lu à la télévision publique.

"Nous ne céderons à aucune pression", assurait la junte, expliquant vouloir balayer des "rumeurs" de négociations avec la Cédéao pour une sortie du pays de M. Condé, dont la communauté internationale réclame la libération depuis le putsch.

La visite de la délégation de la Cédéao faisait suite à un sommet extraordinaire de l'organisation jeudi au Ghana, qui en assure la présidence tournante, au terme duquel les dirigeants ouest-africains ont exigé "la tenue, dans un délai de six mois, des élections présidentielle et législatives".

- "Sentinelle de la démocratie" -

Le CNRD a par ailleurs annoncé que la concertation nationale continuerait la semaine prochaine, notamment lundi avec des rencontres avec les acteurs culturels, les associations de presse et celles du secteur informel.

La junte a encore gagné en popularité samedi à l'occasion du retour d'exil de quatre figures de la mobilisation contre un troisième mandat de M. Condé.

L'arrivée à l'aéroport de ces quatre militants du Front national pour la défense de la Constitution (FNDC), coalition de mouvements politiques et de la société civile qui a mené la contestation contre le troisième mandat a été saluée par des cris de "liberté! liberté!", mais aussi "merci au colonel Doumbouya !".

Dans la transition à venir, "le FNDC sera là comme sentinelle de la démocratie", a assuré l'un d'entre eux, Ibrahima Diallo.

De leur côté, des organisations de défense des droits humains se disant "préoccupées pour le respect des principes démocratiques et de l'Etat de droit" ont appelé le CNRD à "communiquer dans les meilleurs délais une feuille de route de la transition qui tient compte de toutes les propositions issues des concertations".

Dans un communiqué elles "exhortent la junte à inscrire la lutte contre l'impunité des crimes de sang et économiques parmi les priorités du prochain gouvernement de la transition".

Le colonel Doumbouya n'a encore donné aucune indication sur le possible contenu de la transition, sa durée, quel rôle les militaires y joueraient, ni comment seraient organisées des élections. Mais il a affiché sa volonté d'une "refondation" de l'Etat, entreprise difficilement conciliable avec un délai de six mois.

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Des proches demandent à la junte guinéenne de réhabiliter les victimes de Sékou Touré

Quelques victimes du massacre d'octobre 1971, au camp Boiro, à Kindia et à Kankan,exécutées sous le régime de Sékou Touré, qui a dirigé la Guinée de son indépendance en 1958 à 1984.

A l'occasion du 50ème anniversaire du massacre d'octobre 1971, des proches de 70 Guinéens exécutés sous le régime de Sékou Touré ont demandé lundi au nouvel homme fort, le colonel Mamady Doumbouya, la réhabilitation et une sépulture digne pour les victimes.

Au moins 70 personnes, dont des ministres, des ambassadeurs, des magistrats, des hommes d'affaires, des industriels, des officiers de l'armée ont été fusillées dans la nuit du 17 au 18 octobre 1971 au camp Boiro, ainsi qu'à Kindia (130 km à l'est de Conakry) et à Kankan (600 km à l'est de la capitale), selon les familles des victimes.

Une cérémonie de lecture du Coran a réuni environ 300 personnes sur le site de l'ex-camp Boiro, une prison dans la proche banlieue de Conakry où étaient enfermés les opposants sous Sékou Touré, qui a dirigé la Guinée de son indépendance en 1958 à 1984.

Des parents des victimes portant des portraits des disparus et habillés de tee-shirts rouges proclamant "Plus jamais ça" ont pris part à la cérémonie, ainsi que des officiers représentant la junte et le Premier ministre de transition Mohamed Béavogui.

Ce dernier a appelé à "une Guinée nouvelle, qui sera basée sur une seule chose, la réconciliation". Il a rappelé les propos du colonel Doumbouya selon lesquels la justice serait "la boussole" sous son autorité.

Abdoulaye Conté, responsable de l'Association des victimes du camp Boiro, a invoqué la promesse de justice et de réconciliation faite par le colonel Doumbouya, désormais président de transition, et par les militaires qui ont pris le pouvoir par la force le 5 septembre.

Le colonel Doumbouya a multiplié les actes symboliques de réconciliation dans ce pays coutumier des brutalités politiques.

Les autorités précédentes avaient fermé le camp aux proches depuis deux ans, a dit Abdoulaye Conté, pour l'Association des victimes. "On ne faisait plus de cérémonie ici, elles nous avaient interdit d’accéder à l’intérieur de ce camp où il y a une fosse commune", a-t-il dit.

"Nous demandons que ces illustres victimes soient réhabilitées. (Elles) n'ont rien à faire dans des fosses communes", a-t-il dit. Il a préconisé l'aide de l'ONU pour exhumer les corps et les identifier.

"Que les familles puissent récupérer les restes et que des sépultures dignes" soient accordées aux disparus, a-t-il dit.

Sous la présidence de Sékou Touré, quelque 50.000 personnes ont été torturées, fusillées, pendues ou ont "disparu" en détention, selon des associations de victimes et organisations de défense des droits humains.

La junte guinéenne écarte une quarantaine de généraux

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La Cour de justice de la Cédéao suspend la Guinée et le Mali

Les chefs militaires maliens saluent l'ancien président nigérian Goodluck Jonathan à son arrivée à l'aéroport de Bamako avant une rencontre entre les chefs militaires maliens et une délégation de la CEDEAO qu'il dirige le 22 août 2020.

La Cour de justice de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) a suspendu toutes les procédures concernant le Mali et la Guinée, deux pays membres dirigés par des militaires.

Dans un document en date du 30 septembre consulté par l'AFP, le greffier de la Cour de justice de la Cédéao (16 pays), Tony Anene-Maidoh, explique cette décision par l'article 78 du règlement intérieur de la Cour qui dispose que "la procédure peut être suspendue dans tous les cas, par le président sauf pour les renvois préjudiciels".

"Aucun acte de procédure ne sera enregistré par le greffe dans toutes les affaires provenant de ces deux pays", précise le greffier en chef.

A la suite du putsch du 18 août 2020, la Cédéao avait pris des sanctions essentiellement économiques et suspendu le Mali de l'organisation. Ces sanctions avaient été levées à la suite de l'engagement des militaires dirigés par le colonel Assimi Goïta sur la voie d'une transition de 18 mois maximum.

Mais depuis, le colonel Goïta a mené en mai un nouveau coup de force en déposant le président de transition Bah Ndaw et son Premier ministre Moctar Ouane. La communauté internationale exprime des inquiétudes croissantes sur le respect des échéances.

Lors d'un sommet le 16 septembre à Accra, l'organisation régionale a exigé des militaires maliens le "respect strict du calendrier de la transition" vers le rétablissement d'un pouvoir civil.

Se disant "très préoccupée par la lenteur dans la préparation des élections" prévues fin février, elle a affirmé que leur tenue dans les délais était "non négociable".

En Guinée, la Cédéao se retrouve dans une situation comparable à celle qu'elle a connue au Mali. Comme au Mali, les militaires guinéens qui ont pris le pouvoir le 5 septembre ont dissous le gouvernement et les institutions et aboli la Constitution.

Lors de leur sommet de septembre, les dirigeants d'Afrique de l'Ouest ont annoncé des sanctions ciblées contre les auteurs du coup d'Etat en Guinée et appelé à des élections au plus tard dans six mois, réclamant une transition "très courte".

La Cédéao a également décidé de geler les avoirs financiers des nouveaux dirigeants du pays et des membres de leurs familles, et de leur imposer des interdictions de voyager.

Mohamed Béavogui, un Premier ministre pragmatique

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Portrait de Mohamed Béavogui, nouveau Premier ministre guinéen

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