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La journaliste colombienne Jineth Bedoya Lima lauréate du prix Unesco/Guillermo Cano

La remise du prix qui devait se tenir à La Haye a été reportée en raison de la crise liée au coronavirus.

La journaliste d'investigation colombienne Jineth Bedoya Lima a été nommée lauréate du Prix mondial de la liberté de la presse UNESCO/Guillermo Cano.

Jineth Bedoya Lima a réalisé des reportages sur le conflit armé et le processus de paix en Colombie, ainsi que sur la violence sexuelle contre les femmes, dont elle fut elle-même victime.

Elle avait 26 ans et travaillait pour El Espectador lorsqu'elle a été enlevée le 25 mai 2000 par un groupe de paramilitaires sur lequel elle enquêtait.

"(...) Pendant seize heures, ils m'ont torturée (...), ils m'ont violée et ils m'ont laissée pour morte", nue sur le bas-côté d'une route, avait-elle témoigné il y a quelques années.

Deux semaines après, elle était de retour à son travail. Et trois ans plus tard, alors qu'elle travaillait pour le quotidien El Tiempo, elle a été prise en otage par la guérilla aujourd'hui dissoute des FARC.

Ce parcours hors normes lui vaut le prix portant le nom du journaliste colombien assassiné en 1986 à Bogota devant les locaux de son journal, El Espectador.

Le jury de journalistes internationaux a indiqué dans un communiqué avoir voulu "soutenir son courage exceptionnel et son engagement infatigable à révéler des questions d'importance fondamentale pour la société".

"C'est le journalisme qui m'a sauvé la vie", a déclaré la lauréate jeudi lors d'une conférence en ligne, en faisant part de son émotion à recevoir cet "oscar du journalisme", qu'elle a souhaité dédier à ses consoeurs du continent, pour "leur courage".

"C'est un grand jour pour l'Amérique latine" a-t-elle lancé avant de plaider pour "un soutien à ces journalistes indépendants" du continent qui dénoncent notamment les narco-trafiquants.

"Le courage et l'engagement de Jineth Bedoya Lima forcent notre respect", a commenté dans un communiqué la directrice générale de l'Unesco.

La cérémonie de remise du prix qui devait se tenir à La Haye a été reportée en raison de la crise sanitaire.

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Trois femmes accusent le gouverneur de New York de comportement inapproprié

Le gouverneur de New York Andrew Cuomo s'exprime lors d'une conférence de presse sur un site de vaccination COVID-19 dans le quartier de Brooklyn à New York, le 22 février 2021.

Une troisième femme a accusé lundi le gouverneur de l'Etat de New York de comportement inapproprié, fragilisant davantage la position de ce puissant élu démocrate déjà accusé de harcèlement sexuel par deux ex-collaboratrices.

Cette jeune femme, Anna Ruch, 33 ans, qui n'a jamais été sa collaboratrice, a affirmé au New York Times qu'Andrew Cuomo lui avait demandé, lors d'un mariage en 2019, s'il pouvait l'embrasser, alors même qu'elle venait de repousser la main qu'il avait posée sur son dos.

"J'ai été si troublée et choquée et gênée," a-t-elle déclaré au quotidien. "J'ai détourné la tête et suis restée sans voix".

Ce témoignage corse encore un peu les choses pour le gouverneur de 63 ans, plus critiqué que jamais, après avoir été une star nationale pour sa gestion de la pandémie en 2020.

Il s'ajoute aux déclarations de son ex-conseillère économique, Lindsey Boylan, 36 ans, qui a affirmémercredi que le gouverneur l'avait embrassée sur la bouche de façon non sollicitée et suggéré qu'elle joue avec lui au "strip poker", quand elle travaillait avec lui entre 2015 et 2018. Et à celles d'une ex-collaboratrice de 25 ans, Charlotte Bennett, qui a indiqué samedi que le gouverneur lui avait fait des avances qui l'avaient mise "mal à l'aise" au printemps 2020.

M. Cuomo, l'un des plus puissants gouverneurs américains, avait essayé dimanche de calmer la tempête soulevée par ces accusations, en se disant "désolé" pour avoir dit des choses que ses ex-collaboratrices avaient selon lui "interprétées à tort comme du flirt non sollicité".

Celui qui dirige l'Etat de New York depuis 10 ans avait assuré n'avoir jamais voulu leur faire des avances, et avoir uniquement voulu "blaguer" ou "taquiner".

Excuses "insultantes"

Mais le maire de New York, Bill de Blasio, aux relations notoirement difficiles avec le gouverneur, a jugé que ces "excuses" n'en étaient pas.

"C'est comme s'il disait 'Je blaguais juste', mais le harcèlement sexuel, ça n'a rien de drôle. Il a semblé s'affranchir de tout reproche pour une chose qui, pour les femmes concernées, semble assez terrifiante," a dit le maire.

Un groupe d'ex-aides parlementaires qui dénoncent le harcèlement au parlement de l'Etat de New York, le Sexual Harassment Working Group, a aussi jugé "insultantes" les excuses du gouverneur, qui "refuse d'accepter ses responsabilités".

La procureure de l'Etat, Letitia James, a confirmé lundi que M. Cuomo avait finalement accepté de faire la lumière sur cette affaire, après l'avoir proposée d'abord à une ex-juge qu'il connaît bien. Le quotidien New York Daily News précise que c'est un cabinet d'avocats privé qui mènera l'enquête.

"Les résultats seront révélés dans un rapport public", a indiqué Mme James, sans préciser sous quel délai.

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