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La grogne des conducteurs de taxis se poursuit en France

La police antiémeute se déploie lors d'une manifestation des chauffeurs de taxi opposés au service Uber à Paris, 25 juin 2015.

La mobilisation des taxis contre les dérives des voitures de transport avec chauffeur (VTC) se poursuit en France, où plusieurs syndicats ont annoncé la reconduction pour jeudi de leur mouvement entamé deux jours plus tôt.

Les taxis ont maintenu mercredi des points de blocage aux aéroports parisiens de Roissy et Orly ainsi que près du ministère des Finances et porte Maillot, point d'entrée très fréquenté à l'ouest de la capitale française.

Selon la préfecture, un millier de chauffeurs étaient mobilisés en cours de journée, contre 2.100 la veille. Porte Maillot, le nombre de manifestants atteignait encore 500 dans la soirée, a constaté un journaliste de l'AFP.

"La mobilisation continue. Nous attendons un geste pour apaiser la rue", a déclaré à l'AFP Nordine Dahmane, du syndicat Force ouvrière (FO). "Tout le monde est déterminé", a assuré de son côté Karim Asnoun, du syndicat CGT.

"On va peut-être sacrifier une semaine, 15 jours, mais on lâche pas l'affaire", criait un délégué au mégaphone, sous les applaudissements nourris de la foule. "On est déterminés. On ne bougera pas", a déclaré Ibrahima Sylla, de l'association Taxis de France.

En province, le mouvement était particulièrement suivi à Toulouse (sud-ouest) et Marseille (sud-est).

La mobilisation de mardi a donné lieu à plusieurs incidents et s'est soldée par un blessé et 24 interpellations dans la région parisienne.

Pour tenter de calmer la contestation, le Premier ministre Manuel Valls a annoncé la nomination d'un médiateur et davantage de contrôles pour "garantir les conditions d'une concurrence loyale" entre taxis et VTC.

Peine perdue : selon la CGT et FO, les deux intersyndicales à l'origine du mouvement se sont, à l'exception de quelques organisations, accordées mercredi sur "un refus de discuter avec le médiateur".

La profession réclame une compensation de la réduction de son activité face à la concurrence de certains VTC qui ne respectent pas la loi et cassent les prix, selon elle.

La colère cible notamment les chauffeurs du géant américain Uber. La justice française a confirmé mercredi que ces derniers étaient "incités" à pratiquer le maraudage, une infraction à la réglementation, et a condamné Uber France à verser 1,2 million d'euros à l'Union nationale des taxis.

L'irruption des VTC et des plates-formes de réservation électronique de type Uber ont bouleversé le secteur, et son encadrement par la loi depuis octobre 2014 n'a pas aplani tous les problèmes liés à son application.

"Il y a une difficulté d'application réelle, parce que la loi n'est pas allée jusqu'au bout. On ne peut pas continuer à avoir deux activités différentes qui font le même métier", a jugé mardi Alain Griset, président de l'Union nationale des taxis, après sa rencontre avec le Premier ministre.

Avec AFP

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Le projet de Facebook Libra est essentiel à la "prédominance du système financier américain" selon Zuckerberg

Illustration dela monnaie virtuelle de Facebook "Libra" - 21 juin 2019.

Le projet de monnaie numérique de Facebook, Libra, permettrait de "perpétuer la prédominance du système financier américain" dans le monde, a argumenté Mark Zuckerberg, le patron de Facebook, dans un discours qu'il doit prononcer mercredi devant une commission parlementaire américaine.

Dans ses remarques préliminaires publiées mardi, il décrit la Libra comme une innovation financière majeure, nécessaire notamment pour prémunir le pays contre la montée en puissance de la Chine dans le secteur des cryptomonnaies.

Prévue pour être lancée en 2020, la Libra fait face à une levée de boucliers de la part de nombreux gouvernements dans le monde, qui y voient une menace pour la souveraineté économique des Etats.

"Pendant que nous débattons, le reste du monde n'attend pas. La Chine se prépare activement à lancer des idées similaires dans les mois qui viennent", considère Mark Zuckerberg.

"La Libra sera essentiellement adossée aux dollars, et je pense qu'elle va perpétuer la prédominance du système financier américain ainsi que nos valeurs démocratiques dans le monde. Si l'Amérique n'innove pas, notre prédominance financière n'est pas garantie", insiste-t-il.

Le jeune milliardaire a reconnu que les bévues de Facebook sur le respect de la vie privée et la protection des données personnelles peuvent donner l'impression que le réseau social "n'est pas le messager idéal en ce moment".

Mais il a rappelé l'objectif affiché du projet - soutenir les personnes exclues du système bancaire actuel, notamment les migrants -et la structure de la gouvernance prévue, à savoir un conseil indépendant composé d'entreprises et d'organisations à but non lucratif.

"Les gens payent un prix trop élevé, et doivent attendre beaucoup trop longtemps, pour envoyer de l'argent à leur famille à l'étranger", détaille-t-il.

"Le projet Libra doit permettre une meilleure inclusion financière, à bas prix (...). La recherche montre que l'accès aux services financiers peut aider à sortir les gens de la pauvreté. Nous pensons que ce problème peut être résolu, et nous voulons faire partie de la solution", continue-t-il.

Le ministre des Finances américain Steven Mnuchin a réitéré mardi son opposition pour l'heure à ce projet, estimant que de nombreux sujets d'inquiétude n'étaient pas réglés, comme "la question du blanchiment d'argent".

Les saoudiennes autorisées à intégrer les forces armées

Soldats saoudiens à Marib au Yémen, 26 janvier 2018.

Dans le cadre d’un vaste programme de réformes économiques et sociales, les saoudiennes ont été autorisées le 9 octobre à intégrer les forces armées du royaume.

Ryad a récemment multiplié les décisions en faveur des femmes dans ce pays qui applique une version rigoriste de l'islam, mais les organisations de défense des droits humains l'accusent de réprimer parallèlement les militantes.

"C'est un nouveau pas vers l'émancipation", a écrit le ministère des Affaires étrangères sur Twitter, précisant que les femmes pourront seulement accéder aux rangs de soldat de première classe, caporal, sergent et sergent-chef.

L'Arabie Saoudite a autorisé l'année dernière les femmes à intégrer des postes au sein des forces de sécurité.

Sous la houlette du prince héritier Mohammed ben Salmane, plusieurs réformes visant à octroyer des droits aux femmes ont été engagées ces dernières années, comme l'autorisation de conduire ou de voyager à l'étranger sans l'accord préalable de leur "gardien".

Au cours de la même période, une vague de répression a visé plusieurs militantes des droits humains. Certaines d'entre elles restent détenues, comme Loujain al-Hathloul.

Depuis la chute des cours du pétrole ces cinq dernières années, l'Arabie Saoudite, premier exportateur de brut, tente d'améliorer son image à l'étranger pour attirer les investisseurs et les touristes.

Une jihadiste fait appel de sa condamnation à 30 ans de réclusion en France

Esquisse d'Inès Madani devant le tribunal correctionnel de Paris lors de son procès pour préparation d'actes de terrorisme le 11 avril 2019.

Inès Madani a fait appel de sa condamnation à 30 ans de réclusion pour avoir tenté de faire exploser une voiture près de la cathédrale Notre-Dame à Paris en 2016.

Cette jeune femme de 22 ans, déjà condamnée en avril par la justice à huit ans de prison pour des faits plus anciens, encourait la perpétuité. La cour d'assises spéciale, composée uniquement de magistrats professionnels et non de jurés, a suivi les réquisitions du parquet en la condamnant le 14 octobre à 30 ans de réclusion criminelle. Les magistrats n'ont cependant pas mentionné de période de sûreté.

"C'est une décision qui s'adresse à l'opinion et qui ne tient compte ni de la réalité des faits, ni de la jeunesse de l'accusée", a déclaré son avocat Laurent Pasquet-Marinacce.

Les parties ont dix jours pour interjeter appel mais bénéficient d'un délai supplémentaire de cinq jours si l'une d'elles fait appel. Les autres accusées ont donc jusqu'à mardi prochain pour se décider.

Les accusées étaient devenues, selon l'expression du parquet, le "visage du jihad au féminin".

Elles ont été condamnées pour avoir voulu lancer des attaques terroristes, en suivant les consignes de Rachid Kassim, propagandiste du groupe État Islamique et inspirateur en 2016 de l'assassinat d'un policier et de son épouse à Magnanville, en région parisienne.

Inès Madani et Ornella Gilligmann (condamnée à 25 ans de réclusion) ont tenté de faire exploser une voiture remplie de bonbonnes de gaz dans la nuit du 3 au 4 septembre 2016, devant des restaurants situés près de Notre-Dame de Paris, en essayant de l'incendier avec du gasoil. Seul le choix de ce carburant, difficile à enflammer, avait permis d'éviter l'explosion.

Après l'échec de cet attentat, Inès Madani s'était retranchée dans l'appartement d'Amel Sakaou (condamnée à 20 ans de réclusion), en région parisienne. Toutes deux avaient été rejointes par Sarah Hervouët (condamnée à 20 ans de réclusion), originaire du sud de la France.

Se sachant traquées, les trois jeunes femmes avaient quitté précipitamment leur appartement le 8 septembre, armées de couteaux de cuisine. Sur le parking, Sarah Hervouët avait porté un coup de couteau à un policier en civil de la DGSI (sécurité intérieure). Inès Madani avait pour sa part couru vers un policier, qui l'avait blessée par balles aux jambes.

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