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France : démission de Christiane Taubira, ministre de la Justice

Christiane Taubira à l'Elysée, le 12 mars 2014. (REUTERS/Philippe Wojazer)

"Parfois résister c'est rester, parfois résister c'est partir. Par fidélité à soi, à nous. Pour le dernier mot à l'éthique et au droit", a dit la ministre démissionnaire sur Twitter.

Le virage sécuritaire pris par l'exécutif français après les attentats du 13 novembre a eu raison de sa ministre de la Justice : Christiane Taubira, icône de la gauche, a jeté l'éponge mercredi, en désaccord sur la réforme constitutionnelle voulue par François Hollande.

Après des mois de tergiversations, sa démission annoncée par un communiqué de l'Elysée intervient le jour où le Premier ministre Manuel Valls doit dévoiler la dernière mouture de cette réforme qui inscrit dans la Constitution l'état d'urgence ainsi que la déchéance de nationalité pour les auteurs de crimes terroristes.

"Parfois résister c'est rester, parfois résister c'est partir. Par fidélité à soi, à nous. Pour le dernier mot à l'éthique et au droit", a tweeté Mme Taubira, 63 ans, peu après sa démission, actée selon l'Elysée avant le départ de M. Hollande en Inde le week-end dernier.

La ministre, une femme lettrée et grande oratrice, à la forte personnalité, a aussitôt été remplacée par Jean-Jacques Urvoas, un proche du Premier ministre Manuel Valls, spécialiste des questions de sécurité.

Il y a une nécessité au gouvernement d'une "éthique collective et d'une cohérence forte", a souligné mercredi François Hollande lors du conseil des ministres hebdomadaire, cité par le porte-parole du gouvernement.

Sortir du guêpier

La droite et l'extrême droite, dont la ministre de la Justice, originaire de Guyane, était la tête de turc depuis qu'elle a porté en 2013 la loi sur le mariage homosexuel, se sont réjouies de sa démission.

C'est "une bonne nouvelle pour la France", a estimé la présidente du Front National Marine Le Pen, accusant Mme Taubira d'avoir "fortement dégradé" la "situation sécuritaire" de la France" et "affaibli l'autorité de l'Etat" avec une politique pénale "laxiste".

"La démission de Christiane Taubira est logique, elle n'était plus en cohérence avec le gouvernement", a renchéri Hervé Mariton, député du parti Les Républicains (droite).

Mme Taubira, censée porter la réforme constitutionnelle, n'avait pas caché son opposition à l'extension de la déchéance de nationalité aux binationaux nés Français (déjà possible pour les naturalisés) et à son inscription dans la Constitution.

Cette mesure avant tout symbolique annoncée par le président socialiste dès le 16 novembre devant le Parlement était réclamée par l'opposition, mais a fracturé la gauche, certains accusant l'exécutif d'introduire une différence de traitement entre citoyens, un sujet sensible en France où les binationaux sont évalués à 3,6 millions.

Les auteurs des attentats de 2015 en France avaient tous grandi en Europe et certains avaient la nationalité française. Mais la mesure n'aurait eu sur eux aucun effet: ils sont tous morts dans des attaques kamikazes ou ont été tués dans des affrontements avec la police.

Pour se sortir du guêpier, le texte qui sera dévoilé par Manuel Valls devrait supprimer toute référence aux binationaux dans la Constitution. Mais dans les faits, cette sanction ne pourra concerner les Français sans autre nationalité, les conventions internationales interdisant de créer des apatrides.

En porte-à-faux

Depuis plusieurs mois, Christiane Taubira était en porte-à-faux avec la politique de l'exécutif. A plusieurs reprises, elle a exprimé ses divergences, sur la loi sur le renseignement, sur l'inflexion économique libérale, sur "les mots de la droite" adoptés par la gauche en matière de sécurité... Mais elle est restée à son poste.

Les attentats de janvier et de novembre à Paris avaient isolé un peu plus encore la ministre, férue de poésie et de littérature, dont le discours progressiste ne pouvait que détonner en période d'état d'urgence.

Cette ancienne militante indépendantiste originaire de Guyane, descendante d'esclaves, d'une culture humaniste tranchant avec la formation technocratique de nombreux politiques français, a toujours opposé une sérénité inébranlable aux attaques. Elle a été l'objet de nombreux dérapages racistes à l'extrême droite et sur les réseaux sociaux.

Petite femme au regard clair, sanglée dans ses tailleurs pantalons, tressée de près, elle avait régulièrement recours dans ses échanges à des citations de poètes, de philosophes et à des extraits du code civil.

Mais sa position au gouvernement était devenue intenable. D'autres figures de la "gauche de la gauche", comme Benoît Hamon, Arnaud Montebourg ou l'écologiste Cécile Duflot, sont partis depuis longtemps et son maintien commençait à entamer son image.

De nombreux élus de gauche ont rendu hommage mercredi à Christiane Taubira, saluant son "courage" et lui témoignant "respect" et "affection", certains déplorant un nouveau "rétrécissement" de la majorité de gauche au pouvoir depuis 2012.

AFP

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Le projet de Facebook Libra est essentiel à la "prédominance du système financier américain" selon Zuckerberg

Illustration dela monnaie virtuelle de Facebook "Libra" - 21 juin 2019.

Le projet de monnaie numérique de Facebook, Libra, permettrait de "perpétuer la prédominance du système financier américain" dans le monde, a argumenté Mark Zuckerberg, le patron de Facebook, dans un discours qu'il doit prononcer mercredi devant une commission parlementaire américaine.

Dans ses remarques préliminaires publiées mardi, il décrit la Libra comme une innovation financière majeure, nécessaire notamment pour prémunir le pays contre la montée en puissance de la Chine dans le secteur des cryptomonnaies.

Prévue pour être lancée en 2020, la Libra fait face à une levée de boucliers de la part de nombreux gouvernements dans le monde, qui y voient une menace pour la souveraineté économique des Etats.

"Pendant que nous débattons, le reste du monde n'attend pas. La Chine se prépare activement à lancer des idées similaires dans les mois qui viennent", considère Mark Zuckerberg.

"La Libra sera essentiellement adossée aux dollars, et je pense qu'elle va perpétuer la prédominance du système financier américain ainsi que nos valeurs démocratiques dans le monde. Si l'Amérique n'innove pas, notre prédominance financière n'est pas garantie", insiste-t-il.

Le jeune milliardaire a reconnu que les bévues de Facebook sur le respect de la vie privée et la protection des données personnelles peuvent donner l'impression que le réseau social "n'est pas le messager idéal en ce moment".

Mais il a rappelé l'objectif affiché du projet - soutenir les personnes exclues du système bancaire actuel, notamment les migrants -et la structure de la gouvernance prévue, à savoir un conseil indépendant composé d'entreprises et d'organisations à but non lucratif.

"Les gens payent un prix trop élevé, et doivent attendre beaucoup trop longtemps, pour envoyer de l'argent à leur famille à l'étranger", détaille-t-il.

"Le projet Libra doit permettre une meilleure inclusion financière, à bas prix (...). La recherche montre que l'accès aux services financiers peut aider à sortir les gens de la pauvreté. Nous pensons que ce problème peut être résolu, et nous voulons faire partie de la solution", continue-t-il.

Le ministre des Finances américain Steven Mnuchin a réitéré mardi son opposition pour l'heure à ce projet, estimant que de nombreux sujets d'inquiétude n'étaient pas réglés, comme "la question du blanchiment d'argent".

Les saoudiennes autorisées à intégrer les forces armées

Soldats saoudiens à Marib au Yémen, 26 janvier 2018.

Dans le cadre d’un vaste programme de réformes économiques et sociales, les saoudiennes ont été autorisées le 9 octobre à intégrer les forces armées du royaume.

Ryad a récemment multiplié les décisions en faveur des femmes dans ce pays qui applique une version rigoriste de l'islam, mais les organisations de défense des droits humains l'accusent de réprimer parallèlement les militantes.

"C'est un nouveau pas vers l'émancipation", a écrit le ministère des Affaires étrangères sur Twitter, précisant que les femmes pourront seulement accéder aux rangs de soldat de première classe, caporal, sergent et sergent-chef.

L'Arabie Saoudite a autorisé l'année dernière les femmes à intégrer des postes au sein des forces de sécurité.

Sous la houlette du prince héritier Mohammed ben Salmane, plusieurs réformes visant à octroyer des droits aux femmes ont été engagées ces dernières années, comme l'autorisation de conduire ou de voyager à l'étranger sans l'accord préalable de leur "gardien".

Au cours de la même période, une vague de répression a visé plusieurs militantes des droits humains. Certaines d'entre elles restent détenues, comme Loujain al-Hathloul.

Depuis la chute des cours du pétrole ces cinq dernières années, l'Arabie Saoudite, premier exportateur de brut, tente d'améliorer son image à l'étranger pour attirer les investisseurs et les touristes.

Une jihadiste fait appel de sa condamnation à 30 ans de réclusion en France

Esquisse d'Inès Madani devant le tribunal correctionnel de Paris lors de son procès pour préparation d'actes de terrorisme le 11 avril 2019.

Inès Madani a fait appel de sa condamnation à 30 ans de réclusion pour avoir tenté de faire exploser une voiture près de la cathédrale Notre-Dame à Paris en 2016.

Cette jeune femme de 22 ans, déjà condamnée en avril par la justice à huit ans de prison pour des faits plus anciens, encourait la perpétuité. La cour d'assises spéciale, composée uniquement de magistrats professionnels et non de jurés, a suivi les réquisitions du parquet en la condamnant le 14 octobre à 30 ans de réclusion criminelle. Les magistrats n'ont cependant pas mentionné de période de sûreté.

"C'est une décision qui s'adresse à l'opinion et qui ne tient compte ni de la réalité des faits, ni de la jeunesse de l'accusée", a déclaré son avocat Laurent Pasquet-Marinacce.

Les parties ont dix jours pour interjeter appel mais bénéficient d'un délai supplémentaire de cinq jours si l'une d'elles fait appel. Les autres accusées ont donc jusqu'à mardi prochain pour se décider.

Les accusées étaient devenues, selon l'expression du parquet, le "visage du jihad au féminin".

Elles ont été condamnées pour avoir voulu lancer des attaques terroristes, en suivant les consignes de Rachid Kassim, propagandiste du groupe État Islamique et inspirateur en 2016 de l'assassinat d'un policier et de son épouse à Magnanville, en région parisienne.

Inès Madani et Ornella Gilligmann (condamnée à 25 ans de réclusion) ont tenté de faire exploser une voiture remplie de bonbonnes de gaz dans la nuit du 3 au 4 septembre 2016, devant des restaurants situés près de Notre-Dame de Paris, en essayant de l'incendier avec du gasoil. Seul le choix de ce carburant, difficile à enflammer, avait permis d'éviter l'explosion.

Après l'échec de cet attentat, Inès Madani s'était retranchée dans l'appartement d'Amel Sakaou (condamnée à 20 ans de réclusion), en région parisienne. Toutes deux avaient été rejointes par Sarah Hervouët (condamnée à 20 ans de réclusion), originaire du sud de la France.

Se sachant traquées, les trois jeunes femmes avaient quitté précipitamment leur appartement le 8 septembre, armées de couteaux de cuisine. Sur le parking, Sarah Hervouët avait porté un coup de couteau à un policier en civil de la DGSI (sécurité intérieure). Inès Madani avait pour sa part couru vers un policier, qui l'avait blessée par balles aux jambes.

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