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La Grèce a commencé à libérer des camps des migrants demandeurs d'asile

Le pape François, au centre, salue les enfants réfugiés à son arrivée au camp deMoria, sur l’ île de Lesbos, Grèce, 16 avril 2016. epa/ ORESTIS

Athènes a commencé à laisser sortir des camps de rétention des migrants demandeurs d'asile, soit actuellement 7.500 personnes, voués au renvoi en Turquie en cas de refus, en vertu de l'accord signé entre l'Union européenne et Ankara.

Sur les îles grecques, les migrants ayant demandé l'asile, soit "l'écrasante majorité" des personnes arrivées après l'entrée en vigueur de l'accord du 20 mars, sont autorisées à quitter les camps" au-delà de 25 jours de rétention, a expliqué un porte-parole de l'Organe de coordination de la politique migratoire (Somp).

Il y a près de 7.500 personnes concernées, selon cette source. Ces migrants ne peuvent toutefois quitter les îles et doivent y rester à disposition des autorités en cas de renvoi vers la Turquie selon les termes de cet accord.

Signé à Bruxelles le 18 mars mais critiqué par l'ONU et des ONG, l'accord UE-Ankara prévoit le retour en Turquie de tout migrant arrivé en Grèce depuis le 20 mars, y compris les demandeurs d'asile syriens, et n'ayant pas fait de demande d'asile ou dont la demande a été rejetée.

L'organisation Human Rights Watch (HRW) a estimé que les premiers renvois en Turquie le 4 avril avaient donné lieu à des "violations des droits" des migrants, et s'est dite inquiète de leur sort dans ce pays qui "ne peut être considéré comme sûr".

Cette mesure doit notamment permettre de soulager les centres de rétention grecs, dont celui de Moria à Lesbos où quelques 3.000 personnes étaient internées lors de la visite du pape François samedi. Les conditions de vie y sont dénoncées comme indignes par les ONG.

Grâce à l'arrivée d'une centaine d'experts européens de l'asile, un quart des renforts promis par l'Union européenne, les services grecs ont entamé depuis la semaine dernière l'examen de "plusieurs centaines" de ces demandes, selon le Somp.

Les prochains renvois auront lieu "quand un nombre suffisant de personnes n'ayant pas demandé l'asile ou dont les demandes ont été rejetées aura été identifié", a indiqué son porte-parole.

Au vu des délais de procédure, Athènes avait prévenu d'une telle "pause" dans les expulsions, entamées la semaine du 4 avril avec le renvoi de 325 personnes, surtout des Pakistanais, officiellement non demandeurs d'asile.

Depuis la signature de l'accord, le nombre d'arrivées en Turquie s'est stabilisé autour d'une centaine par jour, un dixième de moins que cet été.

"Cela fait quand même encore plus de 3.000 par mois", a précisé le Somp soulignant la difficulté de la situation pour la Grèce "si parallèlement le plan européen de répartition dans l'UE des réfugiés arrivés avant le 20 mars ne s'accélère pas".

Quelques 50.000 personnes sont toujours bloquées en Grèce depuis la fermeture fin février de la route des Balkans, dont plus de 10.000 dans le camp d'Idomeni, à la frontière avec la Macédoine.

HRW a accusé les autorités grecques et européennes d'avoir violé les droits de ces expulsés, sur la base d'un rapport concernant 66 d'entre eux renvoyés de l'île de Chios.

Avec AFP

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Le coronavirus se propage à travers le monde, les Etats-Unis se tiennent prêts

Le président Donald Trump a désigné son vice-président, Mike Pence, pour coordonner la lutte contre le coronavirus aux Etats-Unis. Photo REUTERS/Carlos Barria 26 février 2020.

Le président Donald Trump a insisté sur le fait qu'une large propagation du nouveau coronavirus aux Etats-Unis n'était pas inévitable, alors que le virus se propage à travers le monde et que l'Arabie saoudite a suspendu l'entrée sur son territoire des pèlerins se rendant à la Mecque.

"Il y a une chance que ça s'empire, une chance que ça s'empire de façon significative", a averti le locataire de la Maison Blanche lors d'une conférence de presse mercredi soir.

"Mais rien n'est inévitable", a ajouté M. Trump qui a désigné son vice-président, Mike Pence, pour coordonner la lutte contre le coronavirus aux Etats-Unis.

Même s'ils sont relativement épargnés jusqu'ici avec 15 cas détectés, les Etats-Unis sont prêts à répondre à l'épidémie à "une échelle beaucoup plus grande", a averti M. Trump, ajoutant qu'il déciderait "en temps voulu" de nouvelles restrictions depuis et vers les zones infectées.

De son côté, l'Arabie saoudite a suspendu "temporairement" l'entrée sur son territoire des pèlerins se rendant à La Mecque, dans le but de prévenir l'arrivée de l'épidémie de Covid-19.

Le nouveau coronavirus a débarqué plus au sud, en Amérique latine, qui n'avait pas encore été touchée par l'épidémie, en y entrant par le Brésil.

Le Pakistan, pays frontalier à la fois de la Chine et de l'Iran, où les décès sont les plus nombreux, a également annoncé mercredi ses deux premiers cas. "Pas besoin de paniquer, les choses sont sous contrôle", a voulu rassurer le conseiller en santé du Premier ministre, Zafar Mirza.

En Europe, Autriche, Suisse, Norvège, Roumaine, Croatie, Macédoine du Nord et Grèce sont désormais touchées, et la France a annoncé mercredi son premier mort français qui n'avait pas voyagé dans une zone à risque.

Le Covid-19 concerne désormais, Chine mise à part, une quarantaine de nations. Mais l'épidémie semble avoir atteint un pic en Chine où le nombre de décès quotidiens continue de diminuer: les autorités ont annoncé jeudi 29 nouveaux décès en 24 heures, le nombre le plus bas depuis près d'un mois.

Le nouveau coronavirus a provoqué quelque 80.000 contaminations (dont près de 2.800 hors de Chine) et plus de 2.700 morts dans le monde, selon des statistiques communiquées mercredi par l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

- L'Italie en première ligne -

L'Italie, avec plus de 370 cas et 12 morts, apparaît de plus en plus comme une plateforme de diffusion du virus. Ce qui a conduit de nombreux pays du continent à renforcer leurs dispositifs de prévention et de confinement, et à conseiller à leurs citoyens de ne pas se rendre dans les régions italiennes touchées.

Alors que Rome a pris des mesures draconiennes, dont la mise en quarantaine de 11 villes du Nord, poumon économique du pays, les entreprises ont dû s'adapter rapidement, en développant notamment le télétravail.

"Nous avons fermé notre salle de sports et la cantine, les gens ne peuvent pas manger face à face. Les déplacements des employés sont aussi interdits, sauf autorisation expresse de la direction, ce qui a conduit à développer la vidéo-conférence", a expliqué à l'AFP le PDG d'une entreprise lombarde de robinetterie, Aldo Bonomi.

L'inquiétude est palpable aussi en dehors des entreprises. "Le problème, c'est l'économie. On voit les chiffres, cette crise est en train de mettre le pays à genoux", s'inquiète Daniele Vaccari, un jeune pâtissier de Secugnago, un petit village du Nord.

Mais d'autres profitent de la crise: masques et gels désinfectants se vendent désormais à prix d'or dans la péninsule, ce qui a conduit la police à saisir documents et données informatiques chez Amazon et eBay.

Autre effet collatéral de l'épidémie, le match de rugby du Tournoi des six nations entre l'Irlande et l'Italie, prévu le 7 mars à Dublin, a été reporté sine die en raison des risques de contagion.

- L'Afrique aussi -

L'Afrique elle non plus n'est pas épargnée: un Italien arrivé le 17 février en Algérie est devenu la deuxième personne infectée du continent, après un premier cas en Egypte.

En Corée du Sud, le nombre de contaminations a encore bondi et frôle les 1.600 cas. Le pays, qui dénombre 12 morts, est le premier foyer mondial de contamination après la Chine. Le bilan s'y élève à 1.595 personnes touchées après l'annonce de 334 nouveaux cas jeudi, dont un soldat américain. Les Etats-Unis et la Corée du Sud ont d'ailleurs reporté des exercices militaires conjoints.

En Iran, le bilan est monté à 19 morts et 139 cas, le plus lourd en dehors de la Chine. Signe de tension, 24 personnes accusées d'avoir répandu en ligne des "rumeurs alarmistes" sur la propagation du coronavirus ont été arrêtées.

L'ONG Reporters sans frontières a reproché à l'Iran "de refuser de publier le nombre exact des personnes infectées et décédées, et d'empêcher les journalistes de faire leur travail". Mercredi soir, les autorités iraniennes ont annoncé des restrictions à la libre circulation pour les personnes infectées ou soupçonnées d'être infectées.

Poutine défend la police russe accusée de violence

Le président Vladimir Poutine, au cours d'un rassemblement au stade Luzhniki, à Moscou, le 3 mars 2018.

Le président russe Vladimir Poutine a fermement défendu mercredi les forces de l'ordre, accusées d'avoir abusé de la force pour disperser les récentes manifestations de l'opposition

"C'est leur devoir. Personne ne brandit une matraque juste comme ça. Si les gens se comportent en respectant les règles, les procédures et les lois, qui brandira une matraque?", a déclaré le président russe dans une interview à l'agence de presse publique Tass.

De nombreux militants politiques se sont insurgés contre une réaction policière jugée excessive durant les manifestations d'opposition de l'été dernier à Moscou, les plus importantes qu'a connues la Russie depuis le retour de Vladimir Poutine au Kremlin en 2012.

Les critiques visaient particulièrement la Garde nationale, une force créée en 2016 relevant directement de l'autorité du président.

Plusieurs manifestants ont en revanche été condamnés à de lourdes peines de prison pour violence après avoir été arrêtés durant les manifestations non autorisées, pourtant largement pacifiques. M. Poutine a là aussi défendu ces condamnations.

"Aujourd'hui, on jette une bouteille d'eau (contre les policiers), demain une chaise et après on va saccager les voitures. C'est inadmissible!", a-t-il assuré lors de cet entretien.

Le président russe a également justifié la lourde peine infligée au blogueur Vladislav Sinitsa, condamné à cinq ans de prison pour un message sur Twitter où il appelait à des violences contre les enfants des policiers.

"Cela peut déstabiliser brutalement la situation dans le pays, on ne peut pas plaisanter avec ça!", a-t-il assuré.

Le chef de l'État a toutefois salué la mobilisation publique ayant permis la libération du journaliste Ivan Golounov, arrêté en juin dernier pour trafic de drogue, des charges qui se sont avérées avoir été inventées de toute pièce.

En janvier, la justice russe a annoncé l'arrestation de cinq ex-policiers qui avaient interpellé ce journaliste du site internet Meduza, réputé pour ses enquêtes sur la corruption.

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