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La grande déception du Maroc, teintée d'amertume

L'attribution du Mondial 2026 au trio USA/Canada/Mexique a suscité mercredi une grande déception, et de l'amertume, au Maroc, un outsider qui a cru jusqu'au bout aux chances de sa cinquième candidature à l'organisation d'une Coupe du monde.

Beau joueur malgré sa défaite écrasante (65 voix contre 134 pour "United-2026" lors du vote des délégués de la Fifa à Moscou), le comité marocain a salué la victoire du trio nord-américain tout de suite après le vote.

Dans un tweet, le chef du gouvernement Saad Eddine El Othmani a "salué le comité de candidature du Maroc pour son sérieux et son professionnalisme", le remerciant pour "ce rêve partagé".

Rencontré dans les rues de Rabat, presque désertes en ces derniers jours de ramadan, Abdelmoula, 49 ans, se montre plus grinçant.

"C'était le tour de l'Afrique, mais c'était biaisé car le Maroc fait partie du tiers-monde et les puissants ont peut-être comploté contre lui", dit-il à l'AFP.

"Malheureusement, on n'y peut rien : c'est devenu politique quand le président (américain Donald) Trump a menacé ceux qui allaient voter pour nous", commente, stoïque, Saïd, 62 ans, venu participer au casting d'un film américain au cœur de la capitale Rabat.

"Menaces" de Trump

Pour Hassan, un quinquagénaire visiblement peu surpris par le résultat, "il est clair que ça ne se passe pas dans la transparence", quand bien même ce sont les 207 délégués des pays-membres de la Fifa qui, pour la première fois, désignaient le vainqueur.

Si l'instance suprême du football mondial "était impartiale, elle aurait disqualifié le dossier nord-américain après les menaces lancées par Trump", juge pour sa part le commentateur sportif et ex-entraîneur marocain, Driss Abis, joint par téléphone.

Mais Soufiane, 28 ans, tempère : "Il faut être réaliste, nous n'avons pas l'infrastructure, nos stades existent seulement sur des maquettes", dit-il à l'AFP.

>> Lire aussi : Donald Trump se félicite de l'attribution du Mondial 2026 au trio américain

Le résultat du vote a aussi immédiatement été très commenté sur les réseaux, parfois de manière véhémente.

Nombreux sont ceux qui ont émis le souhait que le royaume se concentre désormais sur ses besoins de base, comme les hôpitaux ou les écoles.

Quant aux médias, qui ont suivi la campagne jour après jour, ils avaient croisé les doigts jusqu’à la dernière minute : "le Maroc y croit", "Et si le Maroc créait la surprise ?", pouvait-on lire mercredi matin dans la presse locale.

Après le vote, ils ont salué la candidature "crédible" de leur pays, certains évoquant néanmoins une "douche froide".

"J'ai ressenti de la tristesse au moment de l'annonce", résume l'ancien international marocain Abdelkrim El Hadrioui, joint par téléphone.

"Couteaux dans le dos"

Au cœur des commentaires les plus acerbes, le vote de l'Arabie Saoudite, grand allié du Maroc, qui a, selon la presse locale, "mené une campagne tous azimuts" en faveur de "United 2026". En avril, la Ligue arabe avait annoncé son soutien à la candidature marocaine.

"Dieu préserve-moi de mes amis, mes ennemis je m'en occupe. Suivez mon regard", avait raillé avant le vote Moncef Belkhayat, membre du comité de candidature marocain et ancien ministre des Sports.

"Les Etats-Unis comptent un nouvel Etat. Il est arabe et musulman, corvéable à souhait et on y adore planter des couteaux dans le dos de ses amis en se cachant derrière des puits de pétrole", avait asséné sur twitter Samira Sitaïl, dirigeante de la chaîne publique 2M.

>> Lire aussi : Le comité marocain salue la victoire du trio USA/Canada/Mexique

L'indignation est d'autant plus forte que sept pays arabes au total, pour la plupart considérés comme des alliés, ont voté pour le dossier américain.

Le Maroc mettait en avant sa géographie compacte, au carrefour de deux continents, l’Europe et l’Afrique, passionnés par le ballon rond, en promettant des matches dans le même fuseau horaire dans un rayon de 550 km autour de la capitale économique Casablanca.

Son dossier n’avait pas convaincu les experts de la task-force envoyés sur le terrain par la Fifa, qui lui avaient récemment attribué une note moyenne de 2,7 sur 5, soit à peine plus que le minimum requis (2 sur 5).

Quatre fois candidat malheureux à l’organisation (en 1994, 1998, 2006 et 2010), le royaume espérait devenir le deuxième pays du continent, après l'Afrique du Sud en 2010, à accueillir l’événement, pour sa première édition à 48 équipes.

Avec AFP

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Afrique du Sud/ventes d'armes: les conclusions d'une enquête annulées en justice

L'ancien président Jacob Zuma est assis sur le banc des accusés au palais de justice de Pietermaritzburg, en Afrique du Sud, le 27 juillet 2018.

Un tribunal sud-africain a annulé mercredi les conclusions d'une enquête qui lavait de tout soupçon de corruption des responsables gouvernementaux poursuivis dans une affaire de ventes d'armes dans laquelle l'ancien président Jacob Zuma est suspecté d'être impliqué.

L'enquête menée pendant quatre ans sur ce scandale de plusieurs milliards de dollars avait conclu en 2016 qu'il n'y avait pas de preuve de corruption ni de fraude dans cette affaire.

Mais mercredi, un tribunal de Pretoria a estimé qu'elle était entachée d'"importantes erreurs juridiques".

Il a décidé d'annuler les conclusions de l'enquête à cause d'"une série d'erreurs juridiques", d'un manque manifeste de vérification des déclarations de témoins clés, d'un "refus de prendre en compte les preuves écrites contenant les allégations les plus sérieuses pertinentes pour l'enquête".

Selon le tribunal, les enquêteurs ont "complètement échoué" à interroger les témoins avec rigueur "en leur posant des questions avec l'ouverture d'esprit et la curiosité nécessaires".

Dans cette affaire de ventes d'armes d'un montant d'environ deux milliards de dollars, le gouvernement avait acquis un vaste arsenal, notamment des avions de combats, des hélicoptères, des navires de guerre et des sous-marins auprès de pays tels que la Grande-Bretagne, la France et la Suède.

L'ex-président Zuma (2009-2018) est aussi poursuivi pour corruption dans une affaire de ventes d'armes datant des années 1990. Il est soupçonné d'avoir touché 4 millions de rands (260.000 euros au cours actuel) de pots-de-vin du groupe français de défense Thales à la faveur d'un contrat d'armement de près de 4 milliards d'euros. Les deux parties ont toujours nié ces allégations.

Avec AFP

Somalie: un Etat du Sud bouclé avant une élection régionale

Carte de Jubaland, Somalie

L'Etat du Jubaland, dans le sud de la Somalie, était bouclé mercredi, à la veille d'une élection sur fond d'opposition entre autorités régionales et fédérales, et de tensions avec le Kenya et l'Ethiopie voisins.

Le scrutin très disputé pour la présidence de cet Etat semi-autonome a été reporté à plusieurs reprises à cause, selon les analystes, d'une lutte de pouvoir entre Mogadiscio, le gouvernement régional et leurs soutiens étrangers.

Les autorités de la capitale régionale, le port de Kismayo, ont décrété la fermeture de l'aéroport et des frontières jusqu'au 23 août.

"Les forces de sécurité patrouillent dans et autour des quartiers périphériques de Kismayo pour prévenir toute tentative de perturber l'élection. L'aéroport a aussi été temporairement fermé de sorte qu'il n'y aura aucun vol le jour de l'élection", a déclaré à l'AFP un responsable sécuritaire local, Abdulkarim Warsame.

Le président du Jubaland et favori du scrutin est Ahmed Madobe, un ancien seigneur de guerre qui, avec l'aide de troupes kényanes, a chassé les islamistes shebab de leur bastion, Kismayo, en 2012.

Mogadiscio est accusé par le Jubaland de tenter d'évincer M. Madobe en apportant son soutien à l'opposition, dans l'espoir, selon les observateurs, de voir un président loyaliste accéder au pouvoir dans cette région stratégique et d'accroître le contrôle du gouvernement fédéral.

Les autorités de Mogadiscio ont annoncé qu'elles ne reconnaîtraient pas le résultat du scrutin de jeudi, après avoir refusé la semaine dernière le nouveau Parlement --qui désigne le président régional--, jugé non inclusif.

Les opposants à M. Madobe organisent un scrutin parallèle.

La Mission des Nations unies en Somalie a appelé mercredi à "un seul processus électoral, crédible, inclusif, équitable et pacifique". "Nous redoutons qu'en l'absence d'un tel accord, la probabilité d'une instabilité et de la division au sein du Jubaland n'augmente de manière significative", a-t-elle ajouté.

Selon Matt Bryden, du centre d'analyse Sahan, basé à Nairobi, ces tensions ont des implications plus larges, dans la mesure où le Kenya soutient fermement son allié Madobe tandis que l'Ethiopie est au côté des autorités de Mogadiscio pour l'évincer.

Selon lui, il existe "un risque pour la stabilité de la région, pas seulement de la Somalie".

Le Kenya considère le Jubaland, une région relativement prospère de Somalie où il a beaucoup de troupes, comme une zone-tampon entre son territoire et les shebab qui ont mené plusieurs attaques sanglantes sur son sol.

Avec AFP

Le Soudan se dote d'un nouveau pouvoir

Le général Abdel Fattah al-Burhane, président du Conseil souverain, lors de la cérémonie de prestation de serment à Khartoum le 21 août 2019.

La transition vers un pouvoir civil au Soudan, née de l'accord historique entre les militaires et la contestation, a pris corps mercredi avec l'investiture du Conseil souverain et d'un nouveau Premier ministre, saluée par l'ONU.

Plus de quatre mois après la destitution et l'arrestation du président Omar el-Béchir, poussé vers la sortie par des mois de manifestations, le Soudan est doté de nouvelles institutions, le Conseil souverain devant superviser la transition qui durera un peu plus de trois ans.

Un gouvernement devrait être formé dans la semaine qui vient, puis les nouvelles institutions s'attelleront à tenter de redresser un pays à l'économie exsangue et marqué par des conflits meurtriers dans plusieurs régions.

L'économiste Abdallah Hamdok, ancien collaborateur des Nations unies, a prêté serment comme Premier ministre lors d'une brève cérémonie à Khartoum, peu de temps après avoir atterri dans la capitale soudanaise depuis Addis Abeba.

"Les priorités du gouvernement seront d'arrêter la guerre, de construire une paix durable, de faire face à la sévère crise économique et de mettre en place une politique étrangère équilibrée", a-t-il déclaré à des journalistes.

Quelques heures plus tôt, le Conseil souverain avait été intronisé en remplacement du Conseil militaire de transition qui avait pris les rênes du pays depuis la chute de M. Béchir le 11 avril.

Ces deux avancées ont été saluées dans un communiqué du Conseil de sécurité de l'ONU. "Il s'agit de pas importants pour apporter la paix et la sécurité à la population du Soudan", souligne ce texte publié à New York.

Le Soudan n'est désormais plus exclusivement dirigé par des militaires, pour la première fois en trois décennies, même si l'armée doit dans un premier temps présider le Conseil souverain.

Le chef du Conseil militaire sortant, le général Abdel Fattah al-Burhane, a prêté serment à sa tête.

Vêtu de son uniforme militaire et coiffé de son habituel béret vert, il a été intronisé lors d'une courte cérémonie, une main sur un exemplaire du Coran et un bâton de maréchal sous le bras. Les autres membres de la nouvelle instance --composée de six civils et cinq militaires-- ont prêté serment peu après.

Parmi eux, deux femmes, dont une issue de la minorité chrétienne.

- Défis intérieurs et extérieurs -

Selon les termes de l'accord officiellement signé samedi, le général Burhane dirigera le Conseil pendant 21 mois et un civil lui succédera pour le reste des 39 mois de transition prévus.

Les nouvelles institutions vont faire face à de lourds défis.

Le Soudan a souffert de dizaines d'années de sanctions américaines. En 2017, l'embargo économique a été levé, mais Washington maintient le pays sur la liste noire des "Etats soutenant le terrorisme".

En outre, l'Union africaine a suspendu le Soudan de l'organisation panafricaine en juin, quelques jours après la dispersion meurtrière d'un sit-in des protestataires à Khartoum.

Selon un comité de médecins proche de la contestation, plus de 250 personnes ont été tuées dans la répression sur l'ensemble des huit mois de révolte, d'après la même source.

Sur le plan intérieur, les nouvelles autorités auront la lourde tâche de redresser une économie exsangue et de pacifier un pays encore marqué par plusieurs conflits, du Darfour (ouest) au Kordofan-Sud (sud).

Dans son communiqué, le Conseil de sécurité appelle à reprendre "rapidement" les négociations pour mettre un terme à ces différents conflits.

L'intronisation du nouveau Conseil a été bien accueillie dans la rue mais des habitants ont averti qu'ils resteront vigilants.

- Béchir jugé -

"Si le Conseil ne répond pas à nos aspirations et ne sert pas nos intérêts, nous n'hésiterons pas à faire une autre révolution", a mis en garde Ramzi al-Taqi, un vendeur de fruits. "Nous renverserons le Conseil tout comme nous l'avons fait avec l'ancien régime".

Les nouvelles institutions se mettent en place au moment où s'est ouvert le procès d'Omar el-Béchir, porté au pouvoir par un coup d'Etat et qui a dirigé le pays pendant 30 ans.

Il a comparu lundi devant un tribunal de Khartoum, pour répondre d'accusations de corruption. Selon des enquêteurs, il a reconnu avoir perçu 90 millions de dollars en espèces de l'Arabie saoudite, hors budget de l'Etat.

Son procès ne concerne toutefois pas les accusations de crimes de guerre, crimes contre l'humanité et de génocide dans la région du Darfour (ouest) pour laquelle le recherche la Cour pénale internationale (CPI) depuis une décennie.

Amnesty International a exhorté Khartoum à ratifier le Statut de Rome de la CPI, ce qui permettrait de transférer M. Béchir devant ce tribunal.

Malgré l'euphorie, des craintes subsistent dans le camp de la contestation en raison notamment de l'omniprésence de Mohamed Hamdan Daglo, chef d'une redoutée force paramilitaire qui a été nommé au Conseil souverain.

Depuis avril, il était N°2 du Conseil militaire de transition, et c'est lui qui a cosigné samedi l'accord avec la contestation.

Ses Forces de soutien rapide (RSF) sont accusées d'implication dans la répression de la contestation, et de crimes au Darfour sous le régime Béchir.

Avec AFP

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