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Amnesty estime que les frappes américaines "ne règlent pas le problème" en Syrie

  • VOA Afrique

Un survivant de l'attaque chimiquedans la ville de Ain Tarma, en Syrie, le 7 avril 2017.

Les frappes américaines sur une base aérienne du régime en Syrie ne peuvent se substituer à une véritable enquête après l'attaque chimique présumée par les forces gouvernementales, a déclaré mardi le chef d'Amnesty International.

"Le plus grand défi que nous avons en Syrie, la raison pour laquelle cela (la violence) continue est qu'on ne demande pas de rendre des comptes et qu'il n'y a pas de justice", a affirmé Salil Shetty à l'AFP.

"Le fait que les Etats-Unis mènent des frappes aériennes sur une base (...) ne va pas résoudre ce problème", a-t-il estimé.

Le chef d'Amnesty International Salil Shetty lors d'un entretien au Mexique, le 18 février 2014.
Le chef d'Amnesty International Salil Shetty lors d'un entretien au Mexique, le 18 février 2014.

Washington a lancé la semaine dernière sa première action militaire directe contre le régime de Bachar al-Assad, après avoir accusé le président syrien d'avoir mené une attaque à l'arme chimique contre une ville rebelle qui a tué des dizaines de civils.

Mais pour M. Shetty, la réponse à cette attaque est insuffisante.

La réponse "doit s'inscrire dans le cadre d'un effort concerté beaucoup plus global pour que (les responsables) rendent des comptes. On ne peut pas simplement avoir une réaction impulsive", a-t-il déclaré en appelant à une enquête de l'ONU.

Washington a lancé des missiles sur la base aérienne d'Al-Chaayrate dans la province centrale de Homs, après l'échec du Conseil de sécurité de l'ONU à condamner l'attaque chimique présumée, la Russie - alliée du régime syrien - s'opposant à un projet de résolution pour une enquête rapide.

M. Shetty a en outre critiqué les cinq membres permanents du conseil de sécurité.

"Au lieu de s'occuper de la paix et des intérêts mondiaux, ils font de la politique", a-t-il dit, déplorant l'incapacité de la communauté internationale "à faire respecter les droits de l'Homme".

M. Shetty a également critiqué les tentatives du président américain Donald Trump de faire barrage aux réfugiés syriens, les jugeant "en totale contradiction" avec le souci exprimé pour les civils après l'attaque chimique présumée.

La guerre en Syrie a fait plus de 320.000 morts et des millions de déplacés depuis son déclenchement en mars 2011.

Avec AFP

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