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Droits humains

La France suspend sa coopération militaire avec l'Ethiopie

Un soldat éthiopien marche devant l'entrée du 5e bataillon du commandement nord de l'armée éthiopienne à Dansha, en Éthiopie, le 25 novembre 2020.

La France a suspendu depuis juillet sa coopération militaire avec l'Ethiopie, théâtre depuis neuf mois d'un conflit entre rebelles et forces gouvernementales dans la région du Tigré (nord), où la famine menace des centaines de milliers de civils, a appris vendredi l'AFP de sources françaises.

Lors d'une visite officielle en Ethiopie en mars 2019, le président français Emmanuel Macron avait annoncé avoir conclu un accord-cadre de défense avec Addis Abeba pour "un accompagnement spécifique de la France" sur la mise en place d'une marine éthiopienne, dans un pays qui pourtant n'a pas accès à la mer.

Le conflit au Tigré a tendu les liens de l'Ethiopie avec d'autres alliés, comme les Etats-Unis, où l'administration Biden critique ouvertement la guerre. Un émissaire américain va être dépêché cette semaine en Ethiopie afin d'exiger la fin des combats dans cette région où la crainte d'une catastrophe humanitaire s'intensifie, a indiqué Washington jeudi.

L'ONU affirme que 400.000 personnes y vivent dans des conditions de famine, mais les convois d'aide sont confrontés à des défis sécuritaires ainsi qu'à des obstacles bureaucratiques.

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35 humanitaires tués depuis 2016 dans le nord du Nigeria

Cette année, 8,4 millions de personnes du nord-est dépendent de l'aide humanitaire pour survire, affirment les Nations unies. 

Trente-cinq travailleurs humanitaires ont été tués depuis 2016 dans le nord-est du Nigeria, en proie à une insurrection jihadiste, a déclaré vendredi l'ONU, appelant à leur protection.

La rébellion de Boko Haram, qui a éclaté en 2009, a fait au moins 40.000 morts et 2,2 millions de déplacés. Les violences se sont propagées aux pays voisins (Tchad, Cameroun et Niger), à l'origine d'une grave crise humanitaire.

"Depuis 2016, 35 travailleurs ont été tués dans le nord-est du Nigeria, d'après la base de donnée Aid Worker Security (AWSD)", a déclaré le Bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations unies (Ocha) dans un communiqué.

"32 humanitaires ont été blessés et 28 kidnappés", ajoute Ocha, précisant que depuis le début de l'année, "six humanitaires ont été kidnappés et un a été tué dans la région".

Matthias Schmale, coordinateur humanitaire de l'ONU pour le Nigeria, a loué le travail des humanitaires qui fournissent de l'aide à des millions de personnes dans le nord-est.

"Malgré les nombreux défis dans cette crise, nous devons être immensément fiers de l'impact que les humanitaires ont dans le nord-est du Nigeria", insiste M. Schmale, cité dans le communiqué.

"Grâce à nos efforts combinés, notre 'village' humanitaire a fourni une assistance à cinq millions de personnes l'année dernière. Cette assistance a sauvé d'innombrables vies, amélioré les conditions de vie et protégé les personnes les plus vulnérables", ajoute-t-il.

Cette année, 8,4 millions de personnes du nord-est dépendent de l'aide humanitaire pour survire, affirment les Nations unies.

La détérioration de la sécurité alimentaire est l'un des aspects les plus préoccupants de la crise, insiste l'ONU.

En 2022, "environ 1,74 million d'enfants de moins de cinq ans devraient souffrir de malnutrition aiguë dans le nord-est", selon le communiqué de l'ONU.

Rejet de l'appel d'un chanteur nigérian condamné à mort pour "blasphème"

Des officiers montent la garde devant la prison maximale de Kuje à la suite d'une attaque rebelle à Kuje, au Nigeria, le 6 juillet 2022.

Une cour d'appel du nord du Nigeria a rejeté mercredi l'appel interjeté par un chanteur de 24 ans condamné à mort par pendaison pour "blasphème" par un tribunal islamique en août 2020, dans un jugement rendu via l'application zoom.

Trois juges de la cour d'appel de la ville de Kano ont rejeté l'appel de Yahaya Aminu Sharif, condamné deux ans plus tôt par un tribunal islamique à la peine capitale pour avoir insulté le Prophète musulman dans l'une de ses chansons.

Après la diffusion début 2020 de cette chanson sur les réseaux sociaux, des milliers de personnes étaient descendues dans les rues de la ville de Kano pour réclamer son arrestation. La foule avait même brulé sa maison familiale.

Dans l'islam, le blasphème, en particulier contre le prophète, est passible de la peine de mort selon la charia. La loi islamique a été instaurée en 2000 dans 12 Etats du nord nigérian.

Ces tribunaux islamiques, qui fonctionnent parallèlement au système judiciaire étatique, ont déjà prononcé des condamnations à mort pour adultère, blasphème ou homosexualité, sans qu'aucune exécution n'ait eu lieu jusqu'à présent.

Après sa condamnation, Yahaya Aminu Sharif avait déposé un recours devant la cour d'appel de la ville de Kano. Lui et son conseil demandaient à la justice de l'Etat de Kano de rejeter la légalité de la charia au nom de la Constitution laïque du Nigeria et un nouveau procès devant un tribunal de droit commun.

"La tentative des appelants de prouver l'illégalité de la charia est sans fondement (...) et l'affaire est rejetée", a déclaré sur Zoom le juge d'appel fédéral Abubakar Mu'azu Lamido, a constaté un journaliste de l'AFP.

M. Sharif va faire appel de ce jugement devant la Cour suprême du Nigeria, a déclaré à l'AFP son avocat Kola Alapini.

Avec la condamnation du chanteur en août 2020, c'était la deuxième fois qu'une peine de mort était prononcée pour blasphème depuis que plusieurs Etats du nord du Nigeria ont adopté au début des années 2000 une version stricte de la charia.

Abdul Nyass, un religieux appartenant à la même confrérie soufie qu'Ibrahim Said Sharif, avait déjà été condamné à mort pour blasphème par une cour islamique de Kano en 2015.

En avril 2022, un célèbre militant athée nigérian Muhammad Mubarak Bala avait lui été condamné à 24 ans de prison par un tribunal de droit commun du nord du Nigeria, deux ans après son arrestation pour avoir écrit des messages sur Facebook critiquant l'islam et son prophète.

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