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La forte démographie, un défi politique brûlant en RDC

Des badauds regardent des manifestants lors d'une marche contre Kabila, à Kinshasa, le 21 janvier 2018.

La croissance démographique en République démocratique du Congo, l'une des plus fortes au monde et qui échappe à tout recensement depuis 35 ans, perturbe le processus électoral en cours en plus de ses multiples enjeux d'avenir, selon une étude récente.

Plus grand pays d'Afrique sub-saharienne (2,345 millions de km2), la RDC est le troisième pays du continent le plus peuplé avec 76 à 85 millions d'habitants, selon les estimations des Nations unies ou de Kinshasa.

D'entre eux, 40 millions ont été retenus sur les listes pour les élections prévues le 23 décembre 2018. "À l'échelle nationale, l'augmentation du nombre d'inscrits paraît cohérente avec la croissance démographique: 32.024.640 inscrits en 2011, 40.287.385 en 2018", estime l'IFRI (Institut français des relations internationales) qui publie une note intitulée: "la République démocratique du Congo face au défi démographique".

"En revanche, les distorsions entre provinces s'expliquent difficilement", ajoute l'IFRI à moins de trois mois des élections présidentielle, législatives et provinciales.

"Les principaux bastions de l'opposition ont perdu des sièges: quatre pour chacune des anciennes provinces de l'Équateur et du Kasaï occidental, deux pour le Bandundu. L'ex-Katanga en revanche en gagne deux", détaille l'auteur de la note, le géographe spécialiste de l'Afrique Roland Pourtier.

"Faute de données démographiques établies indépendamment des enjeux électoraux, la suspicion continuera de polluer le processus électoral", estime le centre de recherches parisien.

L'opposition dénonce des millions "d'électeurs fictifs" inscrits sans empreintes digitales sur le fichier électoral.

L'enjeu de ces élections est à la mesure d'un immense pays instable aux neuf frontières: tenter d'organiser le départ du président Joseph Kabila après 18 ans de pouvoir, avec une première transition pacifique.

D'après un diplomate, des élections acceptables permettraient de prendre date pour l'avenir dans ce pays "parmi les plus jeunes du monde (45 % de moins de 15 ans)" et où la croissance démographique va se poursuivre d'après l'IFRI.

Selon les projections citées dans la note, la population congolaise va passer le cap des 100 millions d'habitants dans les 15 ans et va s'établir en 2050 entre 139 et 180 millions d'habitants.

La croissance de la population dépendra de la diffusion de la contraception pour l'instant marginale, relève la note.

"Six enfants par femme"

La RDC "fait partie des cinq pays au monde, tous africains" où le taux de fécondité "dépasse, en 2017, six enfants par femme (Angola, Niger, RDC, Somalie, Tchad)", précise l'IFRI.

"La RDC aspire à devenir un pays émergent. Or tous les pays émergents ont accompagné leur croissance économique d'une transition démographique radicale grâce à la +révolution contraceptive+", selon l'IFRI.

"À cet égard, la RDC accuse un grand retard. Une prise de conscience des autorités politiques se fait jour cependant, reconnaissant que le 'dividende démographique' n'est envisageable qu'avec une baisse significative de la fécondité".

La baisse de la fécondité pourrait s'accélérer avec "le mouvement irrésistible d'urbanisation", avance l'IFRI, selon qui ce taux "tombe" à 4,4 enfants par femmes dans la capitale Kinshasa (10 millions d'habitants).

"Face aux défis de l'explosion démographique, la RDC ne manque pas d' atouts. Elle ne se trouve pas dans la situation sans issue du Sahel car elle dispose de réserves foncières considérables, évaluées à 80 millions d' hectares cultivables par (l'agronome) Eric Tollens", poursuit l'IFRI.

La RDC n'a pas recensé sa population depuis 1984. Ce désert statistique a nourri une autre polémique, au sujet du nombre total de morts pendant les deux guerres civiles entre 1998 et 2003.

Citée dans l'étude, l'ONG International rescue committe (IRC) est accusée d'avoir ajouté de la "confusion statistique" en avançant au fil des années le nombre de six millions de victimes.

Ce nombre-choc a été relayé "par des médias qui se nourrissent de sensationnalisme", "la perte de 5 ou 6 millions de personnes en quelques années étant en effet incompatible avec une croissance de la population congolaise de l'ordre de 3 % par an", selon l'IFRI.

A l'inverse, d'autres études ont ramené ce nombre à 200.000: "Le grand écart! Les chiffres, plus que jamais, font partie des stratégies politiques", conclut l'IFRI.

Avec AFP

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33 morts dans des inondations et glissements de terrain en Afrique du Sud

Le port de Durban, en Afrique du Sud, le 25 mars 2013.

Au moins 33 personnes ont été tuées mardi par des pluies torrentielles qui ont provoqué des inondations et des glissements de terrain à Durban et dans sa province, sur la côte est de l'Afrique du Sud, ont annoncé les autorités.

"Les fortes pluies ont fait 33 morts", a déclaré Mme Nomusa Dube-Ncube, ministre de la province du KwaZulu-Natal, dont Durban est la principale métropole.

Dix enfants sont portés disparus à Durban et 42 personnes ont été blessés, a-t-elle ajouté. Parmi les morts figure un bébé de six mois et un enfant d'une dizaine d'années.

Au moins 145 personnes ont été déplacées par les inondations, selon le gouvernement.

En plus de maisons écroulées et de routes inondées, des conduites d'évacuation d'eau sont bouchées et des pylones électriques sont tombés.

Des renforts militaires ont été envoyés en soutien aux services de secours dans certaines zones particulièrement touchées par les pluies.

Les précipitations ont touché durant le week-end et la nuit de lundi à mardi tout le sud et l'est de l'Afrique du Sud.

Les services météorologiques sud-africains ont averti de la poursuite jusqu'à mercredi de cette épisode de précipitations, pouvant notamment affecter les axes routiers et les ponts situés dans les zones les plus basses du pays.

Pénurie de gaz au Tchad : appel à manifester en dépit d'une interdiction

Bonbonnes de gaz butane vide à N’Djamena, le 4 avril 2019. (VOA/André Kodmadjingar)

Le Collectif tchadien contre la vie chère a appelé mardi les Tchadiens à "manifester pacifiquement" jeudi pour protester contre la pénurie de gaz qui affecte le pays depuis plus de deux mois, en dépit d'une interdiction du gouvernement.

"Nous appelons les Tchadiens, jeunes, femmes, enfants touchés par cette situation à sortir massivement avec leurs bonbonnes de gaz et marmites vides" jeudi dans les rues, a déclaré le porte-parole du collectif, Dyngamnayal Nely Versinis, selon un communiqué.

Lundi, le gouvernement tchadien avait pris un arrêté pour interdire la marche lancée par ce collectif de la société civile. Mi-mars, une première marche avait déjà été interdite.

"Le gouvernement dans sa logique de restreindre la liberté d'expression, a pris un arrêté pour interdire ladite manifestation sans qu'aucune raison valable ne soit avancée", a indiqué le collectif qui a décidé "de maintenir la marche" jeudi "sur toute l'étendue du territoire".

Depuis fin janvier, la raffinerie de Djarmaya, seule source d'approvisionnement en gaz du pays, tourne au ralenti.

En cause, la révision des machines de la centrale, qui détient le monopole du gaz dans le pays, et qui n'aurait pas été anticipée.

Pour parer à la situation, le gouvernement avait autorisé l'importation de gaz du Nigeria ou du Cameroun, mais les besoins en énergie de la population ne sont toujours pas satisfaits.

"Aujourd'hui, il s'agit plus d'un bras de fer entre le gouvernement et la société chinoise actionnaire de la raffinerie pour la renégociation de contrats qui est en cause", a indiqué à l'AFP une source proche du ministère tchadien de l'Economie.

Au Tchad, les manifestations de la société civile sont souvent interdites par le gouvernement qui invoque des "raisons de sécurité".

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