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La fondation des prix Nobel se désengage du pétrole


De la fumée s'échappe d'une raffinerie de pétrole devant le Capitole de l'État de l'Utah à Salt Lake City, le 10 décembre 2018.

La fondation finançant et organisant les prix Nobel a annoncé mardi avoir vendu ses participations liées au secteur du pétrole, après s'être également retirée de l'industrie du charbon.

"Nous avons vendu cette année nos actions dans le pétrole", a déclaré Vidar Helgesen, nouveau patron de la fondation basée à Stockholm, à la radio suédoise SR.

Selon l'ancien ministre norvégien de l'Environnement, cet investissement de près de 350 millions de couronnes suédoises (environ 35 millions d'euros) était placé dans un fonds qui ne disposait pas de "restrictions assez fortes sur le pétrole".

Pour M. Helgesen, il est important que les lauréats des Nobel sachent d'où provient l'argent de leur prix.

"Le public s'attend à ce que toute personne avec des capitaux et des investissements" agisse sur les marchés "avec sagesse", a-t-il fait valoir.

Institution privée fondée sur la base du testament de l'inventeur suédois Alfred Nobel (1833-1896), créateur des célèbres prix il y a plus d'un siècle, la Fondation Nobel gère un portefeuille avoisinant le demi-milliard d'euros, avec 4,8 milliards de couronnes suédoises d'investissements, selon son dernier bilan.

A l'instar des contradictions de l'inventeur de la dynamite, la Fondation Nobel a été critiquée ces dernières années pour avoir détenu, indirectement via des fonds d'investissements, des participations dans des secteurs controversés comme les armes ou le tabac.

Les prix Nobel, qui récompensent ceux qui ont agi "au bénéfice de l'humanité", sont dotés chaque année de 10 millions de couronnes suédoises (environ 1 million d'euros) par discipline, financés par ces investissements.

La fondation des prix Nobel s'était déjà récemment débarrassée de ses participations liées au charbon, a souligné M. Helgesen.

Selon une mise en garde de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) mardi, les émissions mondiales de CO2, source première du réchauffement climatique, devraient atteindre un niveau jamais vu d'ici 2023 et continuer à croître par la suite, malgré les engagements internationaux à réduire rapidement les émissions.

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