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La fièvre de Lassa menace l'Afrique de l'Ouest


Un médecin de la Sierra Leone soigne une patiente dans la quarantaine installée pour contenir l'épidémie, à Kenema, le 7 février 2011.

Depuis début 2018, la fièvre de Lassa sévit mortellement au Nigeria, avec au moins 31 victimes déclarées. Face à la menace, les pays voisins sont sur le pont, donnant des conseils pour éviter une épidémie à grande échelle.

Lundi, le ministre de la Santé du Nigeria, Isaac Adewole, a déclaré que "le virus est actuellement actif dans 15 Etats du Nigeria, et 105 personnes ont été infectées (...) et 31 ont perdu la vie", dont 10 membres du personnel soignant".

Maladie endémique au Nigeria, la fièvre de Lassa a également fait une victime guinéenne au Liberia. Sans attendre, d'autres pays moins touchés par le virus ont déjà commencé leur campagne de sensibilisation, comme en Côte d'Ivoire.

Prévention

"Au regard de la situation qui prévaut dans les pays affectés et le flux de mouvements des populations entre les pays de la sous-région, la Côte d'Ivoire n'est pas à l'abri d'un risque de propagation de la maladie", a affirmé la ministre ivoirienne de la santé et de l'Hygiène Publique, Raymonde Goudou Coffie, dans un communiqué.

L'an dernier, au Togo, des agents de santé communautaire (ASC) étaient présents dans les villages pour prévenir les populations et les renseigner sur le mode de contamination.

Sensibilisation sur la fièvre Lassa au Togo (vidéo)
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En 2016, le Bénin avait été touché par la maladie, faisant deux morts, enregistrés dans le département du Borgou, dans le centre-est du pays, limitrophe avec le Nigeria, pays qui peine, lui, à éradiquer le virus de Lassa.

Après la mort d'une Guinéenne au Liberia, le ministère de la Santé en Guinée a enquêté sur l'origine de l'infection. Dans un communiqué, le ministère a expliqué que "le 19 janvier, une mission d’investigation s’est rendue à Guécké, préfecture de Yomou localité d’origine du cas. Cette équipe a enregistré 28 contacts, tous libérés après les 21 jours de suivi réglementaire sans déclaration de maladie selon les directives de l’OMS. Aucun des contacts de la patiente en Guinée et des malades fébriles n’a été malade ni testé positif à la fièvre de Lassa".

Une impossible éradication

Alors que le Nigeria, la Guinée, le Liberia subissent le virus de manière endémique, d'autres pays sont touchés sporadiquement.

Pour le chercheur de l'Institut Pasteur Sylvain Baize, spécialisé dans les infections virales émergentes, "l'épidémie tient à la présence du réservoir près de l'homme dans les villages, du pourcentage d'infections de ce réservoir", ce qui rend difficile son éradication.

Sylvain Baize joint par Nastasia Peteuil
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"C'est une maladie saisonnière, notamment au mois de janvier, où il y a de nombreux cas, et donc un grand réservoir infectieux", rappelle-t-il.

Aucune explication n'a été trouvée pour comprendre pourquoi certains pays développent la maladie de façon endémique, confie-t-il à VOA Afrique.

"On ne pourra pas éradiquer cette maladie, car elle se transmet de l'animal à l'homme", explique le chercheur. "Le seul moyen serait de vacciner les populations qui vivent près des rongeurs, un réservoir naturel du virus".

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) décrit la fièvre de Lassa comme une infection virale appartenant à la même famille de virus que celui de Marburg. Elle tire son nom d'une localité du nord du Nigeria où elle a été identifiée pour la première fois en 1969.

Sévissant de manière endémique au Nigeria, en Guinée, au Liberia et en Sierra Leone, la fièvre de Lassa est asymptomatique dans 80% des cas, mais pour les autres elle peut provoquer des atteintes graves, hémorragiques ou neurologiques.

La transmission se fait par les excrétions de rongeurs ou par contact direct avec du sang, des urines, des selles ou d'autres liquides biologiques d'une personne malade.

Le Centre américain de contrôle et de prévention des maladies (CDC) estime de 100.000 à 300.000 les cas de fièvre de Lassa par an en Afrique de l'Ouest, dont 5.000 mortels, mais souligne que la surveillance des cas d'infection n'est pas toujours correctement menée.

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