Liens d'accessibilité

Dernières nouvelles

Monde

La détresse des Cubains après le passage de l'ouragan Matthew

Une femme pleure au milieu des décombres de sa maison, détruite par l'ouragan Matthew à Baracoa, Cuba, 5 octobre 2016.

Le pêcheur Heneydis Suarez a décidé de protéger sa famille d'une mort certaine. Mais en retournant chez lui, ses craintes se réalisent : sa maison de bois a été soufflée par la furie de l'ouragan Matthew.

Agé de 41 ans, Heneydis Suarez vit à Carbonera, une petite communauté de pêcheurs de la province orientale de Guantanamo, la plus affectée par le passage de Matthew.

Dès les premières bourrasques mardi soir, les murs de sa modeste maison ont commencé à trembler, et la montée du niveau de la mer s'est rapidement faite de plus en plus menaçante.

Au moment où le péril devenait aussi imminent qu'inéluctable, le pêcheur au visage cuivré décida de placer sa femme Yuliani et ses deux fils à l'abri, chez un voisin disposant d'une maison en dur, "beaucoup plus résistante" et éloignée de la mer.

Cette décision fut salvatrice, explique-t-il à l'AFP, vantant l'élan de solidarité qui émerge chaque fois qu'un ouragan s'abat sur Cuba. Cette année, plus des deux tiers des personnes déplacées ont trouvé refuge chez des voisins ou des proches.

Une fois la fureur de Matthew estompée, Heneydis a ruminé une journée entière avant de retourner chez lui, l'estomac noué. Et le constat fut plus qu'amer: son unique possession a été littéralement rasée par l'ouragan, le plus puissant à souffler sur les Caraïbes depuis près de 10 ans.

Les planches de bois, le toit de tôle, tout a disparu. Sa maison est à nu, comme celles de nombre de ses voisins, dont certains ne parviennent même pas à retrouver l'emplacement exact de leurs bicoques.

"Quand on est arrivé, on est tombé sur ces débris. C'est effrayant", et maintenant "on va devoir gérer cette situation difficile", se lamente le pêcheur.

"On est pauvres, on a à peine de quoi vivre et maintenant on n'a ni eau ni nourriture", poursuit-il.

- L'essentiel est d'être 'vivant' -

Heneydis a déjà décidé qu'il passerait les prochains jours chez son frère, qui réside dans l'arrière-pays. Ils ne récupéreront comme seuls bagages que deux ventilateurs fatigués, une caisse de vêtements, et quelques jouets encore boueux.

Les autorités cubaines n'ont pour l'instant pas encore fait état de victimes après le passage de l'ouragan, de catégorie 4 sur une échelle de 5 à son passage au-dessus de l'île caribéenne, mais les dégâts sont sérieux.

Baracoa, municipalité au charme colonial fondée en 1511, a subi les dommages les plus spectaculaires, avec plusieurs maisons détruites. Sa rue principale a disparu sous l'amoncellement de gravats.

La ville demeure inaccessible par la route, à l'égal des localités d'Imias et Maisi, sur la pointe orientale de l'île. Plusieurs ponts se sont effondrés et des blocs de pierre jetés par la mer ont endommagé les chaussées et entravent la circulation.

A Carbonera, les plus chanceux ont déjà entrepris de réparer tant bien que mal toits et cloisons. Beaucoup d'habitants circulent à pied ou à bicyclette, certains disposant de remorques. Peu d'entre eux ont le coeur à témoigner.

Asisley Perez, femme au foyer de 31 ans, est montée à bord d'un chariot à boeufs avec des voisins. Elle n'est pas encore arrivée à sa maison et confie s'attendre au pire.

"Certains se doutent bien de ce qui les attend, d'autres attendent de voir, mais l'essentiel est que nous soyons tous vivants", philosophe-t-elle, l'air résigné.

Le conducteur du chariot Yudier Borges, 22 ans, a déjà transporté beaucoup de sinistrés, mais il se dit optimiste.

"Je ne crois pas qu'il y ait quoi que ce soit qui ne puisse être résolu par le travail. C'est ce qu'on fait ici dès la naissance", sourit-il.

Avec AFP

Toutes les actualités

OMC: l'UE va soutenir la Nigériane Okonjo-Iweala

La candidate pour la présidence de l'OMC Okonjo-Iweala, ancienne ministre des finances du Nigeria et ancienne No.2 à la Banque mondiale. REUTERS/Lucas Jackson/archives

L'Union européenne va soutenir la Nigériane Ngozi Okonjo-Iweala pour le poste de directrice générale de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), ses Etats membres étant finalement arrivés lundi à un consensus sur cette candidature.

Ce soutien, qui donne un élan appréciable à la candidate africaine face à sa rivale sud-coréenne Yoo Myung-hee, sera annoncé à l'OMC mardi matin par l'ambassadeur de l'UE à Genève, a précisé l'une de ces sources.

Ancienne ministre des Affaires étrangères et des Finances du Nigeria, mais aussi ex-numéro deux de la Banque mondiale, Mme Okonjo-Iweala, 66 ans, pourrait devenir la première femme et la première Africaine à diriger l'organisation chargée de libéraliser le commerce mondial.

Les Etats membres ont cependant mis du temps à s'entendre sur son nom, malgré un échange sur le sujet entre les dirigeants de l'UE lors du dernier sommet européen mi-octobre à Bruxelles.

Lundi matin, la Hongrie et la Lettonie refusaient encore de soutenir la Nigériane, avant de se rallier à la majorité dans la soirée, selon les sources européennes.

Tout en acceptant le consensus européen, "sept délégations" ont par ailleurs "demandé que soit enregistrée leur préférence pour l'autre candidate", a précisé une de ces sources.

Ce soutien est "un signal clair à l'égard de l'Afrique et un signe de confiance mutuelle" avec l'UE, a souligné une autre source.

Le troisième cycle de discussions, qui devra départager les deux prétendantes, a débuté le 19 octobre et s'achèvera mardi. Un consensus devra être trouvé pour la date butoir du 7 novembre.

La candidate qui l'emportera succédera au Brésilien Roberto Azevedo, qui a quitté l'OMC fin août, un an plus que tôt que prévu. Ce départ, expliqué par des raisons familiales, est survenu en plein marasme économique mondial, laissant l'institution en crise.

Le prochain chef de l'institution devra affronter la crise économique mais aussi la crise de confiance dans le multilatéralisme et dans le bien-fondé de la libéralisation du commerce mondial, le tout sur fond de guerre commerciale entre les deux premières puissances économiques mondiales, la Chine et les Etats-Unis.

Minute Eco: Reprise des pourparlers sur le GERD

Minute Eco: Reprise des pourparlers sur le GERD
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:32 0:00

Washington fait appel de la décision de l'OMC face à la Chine

Le vice-Premier ministre chinois Liu He et le président américain Donald Trump se serrent la main après avoir signé la "phase 1" de l'accord commercial américano-chinois à Washington, États-Unis, le 15 janvier 2020. REUTERS / Kevin Lamarque

Washington a fait appel auprès de l'Organisation mondiale du commerce de sa condamnation sur les taxes douanières punitives imposées à la Chine au début de la guerre commerciale entre les deux grandes puissances.

Les Etats-Unis en ont fait l'annonce lors d'une réunion de l'Organe de règlement des différends (ORD) de l'organisation basée à Genève, a indiqué un porte-parole de l'OMC.

Washington avait été condamné le 15 septembre par l'ORD. Ce cas, porté par Pékin devant l'OMC en 2018, concerne une première tranche de droits de douane imposés par l'administration Trump sur quelque 250 milliards de dollars de biens chinois.

Ces tarifs punitifs ont marqué le début d'une guerre commerciale entre les deux géants économiques et constitué l'une des marques de fabrique de la présidence Trump.

Washington et Pékin ont ensuite conclu un accord commercial, en grande partie au point mort.

Dans son jugement rendu à la mi-septembre, l'ORD stipulait que "les mesures en cause sont incompatibles" avec divers articles du GATT (ancêtre de l'OMC), et recommandé "que les Etats-Unis rendent leurs mesures conformes à leurs obligations".

Réagissant au verdict de l'Organe de règlement des différends de l'OMC, l'administration Trump avait jugé l'organisation "totalement inadéquate" pour mettre fin aux pratiques commerciales de la Chine, jugées déloyales.

Ce jugement était très attendu dans la mesure où il s'agit d'un des premiers verdicts de l'OMC portant sur la guerre commerciale.

En règle générale, l'organe d'appel de l'OMC dispose de trois mois pour rendre son rapport. Toutefois, l'organe d'appel, dont la nomination des juges est bloquée par Washington, n'est plus opérationnel depuis décembre 2019 faute de magistrats en nombre suffisant.

Aides à Boeing: feu vert des membres de l'OMC aux sanctions européennes contre les Etats-Unis

Avion Boeing

Les membres de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) ont donné lundi, à leur tour, leur autorisation à l'Union européenne d'imposer des sanctions douanières contre Washington, en représailles aux aides accordées à Boeing.

Dans ce dossier, l'arbitre de l'OMC avait autorisé, le 13 octobre, Bruxelles à imposer des sanctions sur un montant maximum de près de 4 milliards de dollars de biens américains importés chaque année, mais cette décision devait être approuvée par les membres de l'organisation à l'occasion d'une réunion de l'Organe de règlement des différends (ORD).

La sanction a été officiellement validée lundi lors d'une réunion à Genève, selon un responsable de l'OMC.

"Les membres de l'OMC ont approuvé la demande d'autorisation de l'Union européenne d'imposer des mesures de rétorsion contre les Etats-Unis" dans le cadre du dossier des aides à Boeing, a-t-il indiqué.

"Notre préférence va à un règlement négocié avec les États-Unis. À cette fin, nous continuons à collaborer étroitement avec nos homologues américains et je suis en contact régulier avec le représentant américain au commerce, Robert E. Lighthizer", a commenté le vice-président de la Commission européenne, Valdis Dombrovskis.

"En l'absence d'un résultat négocié, l'UE sera prête à prendre des mesures conformément à la décision de l'OMC", a-t-il ajouté dans un communiqué.

Dans la perspective des sanctions, l'Europe a déjà dressé une longue liste de produits qui pourraient être taxés.

Pourraient ainsi être visés les avions de ligne produits aux Etats-Unis, les tracteurs, mais aussi la patate douce, les arachides, le jus d'orange congelé, le tabac, le ketchup ou encore le saumon du Pacifique, selon une liste actualisée obtenue par l'AFP.

L'avionneur européen Airbus et son concurrent américain, et à travers eux Bruxelles et Washington, s'affrontent depuis octobre 2004 devant l'OMC, juge de paix du commerce mondial. En cause: les aides publiques versées aux deux groupes, jugées illégales de part et d'autre.

La décision au profit de l'UE vient en miroir de l'autorisation accordée l'an passée aux Etats-Unis d'imposer des taxes sur près de 7,5 milliards de dollars de biens et services européens importés chaque année, la sanction la plus lourde jamais imposée par l'OMC.

Macron veut "couper le cordon ombilical" entre l'Islam de France et les imams étrangers

Macron veut "couper le cordon ombilical" entre l'Islam de France et les imams étrangers
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:02:11 0:00

Voir plus

XS
SM
MD
LG