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La délicate question de la prise en charge des urgences médicales

Ndeye passe ses journées à l’hôpital depuis l’hospitalisation de sa mère le 31 décembre 2019, 13 janvier 2020. (VOA/Seydina Aba Gueye)

Au Sénégal, des cas d'urgence non pris en charge convenablement sont souvent décriés par les patients et leurs accompagnants. Et pour y remédier le ministre de la Santé a pris des mesures.

À l'hôpital de Fann, le service des urgences tourne à plein régime tout au long de la journée mais cela n'empêche pas les blouses blanches de prendre en charge les patients de la meilleure des manières.

De nouvelles mesures pour mieux traiter les urgences à l'hôpital
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Au chevet de sa mère malade, Ndeye explique comment celle-ci a été prise en charge dès son arrivée. "Je peux dire que la décision du ministre a été appliquée à la lettre", affirme d'emblée celle dont la maman est hospitalisée au service neurologie. Arrivée le 31 décembre, sa mère a été pris en charge directement sans contrepartie financière immédiate.

"C’est une dizaine de jours après son hospitalisation qu’on m’a appelé dans le bureau du major pour me demander une caution", confie Ndeye qui ajoute que c’est juste l’IRM qui a nécessité un déplacement en ambulance dans une clinique parce qu’ici "la machine pour l’IRM est en panne".

Pour d'autres, l'expérience a failli tourner au drame. Kara Mbaye raconte comment il a attendu des heures avec son ami malade avant d'être convenablement pris en charge.

"Nous étions venu vers 5 heures du matin mais on a attendu jusqu’à 9 heures pour que le service commence le travail. On a attendu encore jusqu’à 13 heures pour être accueilli, faire un scanner et il n’y avait pas beaucoup de suivi par la suite", peste le jeune homme.

Il ajoute que la dégradation de l'État de son ami l'a poussé a appelé un médecin qui a constaté que le malade avait une forte fièvre et c'est ainsi qu'il l’a mis sous perfusions après "on nous a dit qu'il devait être hospitalisé au service des maladies infectieuses vu que son paludisme s’était un peu aggravé ce que l’on appelle en médecine neuro-paludisme".

Kara Mbaye pense que cela est un manque de suivi parce que s'il n'avait pas constaté le tremblement et la température du malade qui était en train d’augmenter, "c’est lui qui allez payer les pots cassés".

Les structures sanitaires font ce qu'il faut mais certains accompagnateurs sont souvent en état de choc et ne parviennent pas à s'organiser comme il faut. C'est du moins l'avis d’Amadou Lamine Fall, chef du service de la communication et de l'information du Centre Hospitalier Universitaire de Fann.

Ce dernier estime que du côté de la population pour la plupart du temps "quand tu as un malade tu es effaré, égaré et c’est normal d'aller à la structure sanitaire la plus proche".

Mais d'après lui, une fois arrivé à l'urgence si le cas ne peut pas directement être pris en charge par l'hôpital, le médecin le consulte, le conditionne et le met dans l'ambulance pour l'orienter vers la structure la plus habilitée à le prendre.

"Les populations, on ne peut pas les critiquer parce qu’elles ne savent pas pour l'essentiel", affirme le chef du service de la communication et de l'information du Centre Hospitalier Universitaire de Fann.

Pour lui, une sensibilisation doit se faire de manière à expliquer davantage que l’urgence est prise par tel ou tel hôpital cependant il reconnaît que dans tous les cas quelle que soit l’urgence, il peut normalement être pris en charge par n’importe quel hôpital.

Dorénavant, le ministère de la santé oblige les hôpitaux à prendre en charge prioritairement les malades qui arrivent en situation d'urgence. Faute de places ou de conditions de prise en charge optimale, le patient devra être référencé et évacué en ambulance vers une structure sanitaire qui pourra s'assurer de sa prise en charge à l'arrivée.

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Pour de nombreux jeunes sénégalais, c'est "Barcelone ou la mort"

Des bateaux de pêche se tiennent dans les eaux de Ndiebene-Gandiol près de la ville de Saint-Louis au nord du Sénégal, le 8 août 2018.

Au Sénégal, la marine nationale a interpellé une pirogue avec une centaine de personnes en partance pour l’Espagne pendant que les gardes côtes espagnoles venaient au secours d’une deuxième pirogue qui a pris feu en pleine mer, faisant officiellement plus d’une dizaine de morts.

Difficile d’en finir avec l’émigration clandestine avec des jeunes plus que jamais déterminés à braver la mer malgré les multiples opérations des forces de sécurité.

Le phénomène "Barça wala Barsakh" (Barcelone ou la mort) est à nouveau très prisé par des jeunes en manque d’opportunités d’emploi et qui subissent de plein fouet la pression sociale.

"L'État du Sénégal a une très grande responsabilité mais les familles aussi", selon Youssou Mbengue, président des Sénégalais de retour de la Libye.

Ancien émigré lui-même rentré de la Libye, Youssou Mbengue explique que bon nombre des candidats sont poussés par leurs familles. Malgré tout, estime-t-il, il revient aux jeunes eux-mêmes de prendre conscience des périls de cette aventure en mer.

Pour le sociologue Mory Fall, les jeunes sont victimes du manque d’emplois en plus de cette pression sociale qui est à la base de l’émigration clandestine. Les jeunes préfèrent braver la mort pour éviter d’être la risée de la société.

"Ça c’est une forme de cri du désespoir de la jeunesse africaine", analyse le sociologue.

De son point de vue, c’est une forme de pression qui ne dit pas son nom car même si "toute la famille est polie de sorte qu’on te dit absolument rien, il y a une forme de pression morale qui fait que tu as envie de sortir, d’aller chercher quelque chose pour revenir avec à la maison".

Cheikh Ahmadou Bamba Fall consulte les dernières données sur les migrations irrégulières, au Sénégal, le 28 octobre 2020.
Cheikh Ahmadou Bamba Fall consulte les dernières données sur les migrations irrégulières, au Sénégal, le 28 octobre 2020.

Pour offrir des alternatives aux jeunes, plusieurs associations sont sur le terrain pour essayer de contrecarrer ce phénomène. Le Village du migrant est une de ces entités. Son travail ne se limite pas à la sensibilisation, comme l’indique son président, Cheikh Ahmadou Bamba Fall.

"Notre spécialité est de former d’abord les jeunes parce qu’on peut pas dire travail ou emploi sans formation. Former les jeunes gratuitement, leur donner des diplômes et de trouver des partenariats avec des entreprises ou d’autres structures pour insérer les jeunes", détaille le volontaire.

Il précise que l’association forme actuellement une cinquantaine de jeunes à Keur Massar, dans la grande banlieue de Dakar. Au départ, explique-t-il, ils suivent une formation gratuite en informatique, en bureautique et en maintenance. "Après ce lot qu’on forme actuellement on va démarrer une autre formation sur l’aspect mécanique, soudure et tôlerie", souligne-t-il.

Sur le terrain, le phénomène de l’émigration clandestine a repris de plus belle avec des départs fréquents de centaines de migrants depuis les côtes sénégalaises.

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