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La découverte des maisons de torture au Nigeria

Ustaz Hussain Zakariyya, imam d'une mosquée d'Abuja, Nigeria, le 18 octobre 2019. (VOA/Gilbert Tamba)

Au Nigeria, les récentes découvertes de maisons de torture ont provoqué une indignation du président et promet des sanctions contre les écoles islamiques qui se sont transformées en centre de torture et d’abus des droits humains.

Pour une deuxième fois en un mois, la police a effectué des descentes dans des bâtiments où des centaines de garçons étaient détenus dans des conditions déplorables dans les Etats de Kaduna et Katsina dans le nord-est.

Les fondateurs de ces centres prétendaient tous enseigner le Coran et l'islam. Les activistes et les responsables religieux au Nigeria ont découvert avec effroi des images de torture dans les vidéos publiées sur les réseaux sociaux et dans les medias.

C’est le cas d’Hussein Zakaria premier Imam d’une mosquée qui ne cache pas sa déception.

"Je suis terriblement touché et attristé par ce que j’ai vu, les vidéos que j’ai regardé et des informations publiées sur ce qui s’est passé au Nigeria et particulièrement dans le nord et dans les Etats islamiques. L’islam est réellement contre la torture", explique-t-il.



Les victimes étaient de nationalités différentes, amenées par leurs parents pour apprendre le coran.

Mais pour l’activiste Auwal Ibrahim Musa Rafsanjani, le problème n’est pas la nationalité des victimes, il exige que le Nigeria dispose des lois et des pénalités pour les auteurs de tels crimes, il faut donc appliquer ces provisions de la loi du pays.

"Nous avons beaucoup de lois et des dispositions qui interdisent les traitements inhumains et particulièrement la torture. Donc tout ce que nous avons à faire est d’appliquer ces lois qui punissent les auteurs de crimes pareils. Et tout ceux qui seront coupables doivent faire face à la loi, dans le cas contraire beaucoup Nigérians seront victimes de crimes similaires", explique Auwal Ibrahim Musa Rafsanjani.

Près de 300 personnes avaient été retenues captives dans une école à Daura dans l’Etat de Katsina, ville natale du président Nigérian Muhammadu Buhari.

Le gouvernement affirme qu’il ne permettra pas l’existence des centres où des hommes et des femmes sont maltraités au nom de la religion.

À en croire le porte parole du président Garba Shehu une proposition de loi serait déjà au parlement fédéral sur la question.

"Je pense que quelque chose est déjà en cours à l'Assemblée nationale au moment même où je vous parle. Le président s’est exprimé sur ces problèmes, il y a juste quelques jours. Le président soutient entièrement la révision de nos lois. Toutes les lois du pays qui été adoptées pour lutter contre les violations des droits des enfants, des femmes et des Nigérians. Le président va apporter son soutien et ratifiera de telles législations pour qu’elles deviennent des lois du pays".

Le président Buhari a ordonné à la police d’identifier et de démanteler tous les centres où les droits humains sont bafoués dans tous Etats du pays.

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Nigeria: 10 pirates condamnés à 12 ans de prison

Les forces spéciales nigérianes naviguent pour intercepter des pirates lors d'un exercice conjoint entre le personnel naval nigérian et marocain dans le cadre d'Obangame Express, un exercice maritime multinational impliquant 33 pays au large de Lagos, le 20 mars 2019.

La justice du Nigeria a condamné vendredi dix pirates qui avaient détourné en 2020 un navire dans le golfe de Guinée à 12 ans d'emprisonnement, le deuxième procès mené en vertu d'une nouvelle loi contre la piraterie adoptée en 2019.

Les 10 pirates étaient accusés d'avoir détourné le navire chinois FV HAILUFENG II le 15 mai 2020. La marine nigériane avait réussi à secourir les 18 membres d'équipage à bord, et arrêté les dix ravisseurs.

La Haute cour fédérale de Lagos a également condamné chacun des pirates, tous nigérians, à payer la somme de 250.000 nairas (soit 520 euros), selon un communiqué de la marine, qui s'était constituée partie civile.

"Ce verdict envoie un avertissement fort: le Nigeria a une tolérance zéro envers les criminels maritimes, et ses institutions, comme la marine et les agences de sécurité, sont prêtes à contrer leurs activités criminelles", affirme le porte-parole de la marine, Suleman Dahun, dans ce communiqué.

Ce jugement "est une victoire majeure pour la nouvelle loi antipiraterie du Nigeria", a-t-il ajouté.

La défense a affirmé qu'elle allait faire appel.

En 2020, le Nigeria avait mené son premier procès en vertu de cette nouvelle loi spéciale antipiraterie.

Perpétrées essentiellement par des pirates originaires du sud-est du Nigeria, les attaques de navires pour enlever leurs équipages et les échanger contre rançon sont devenues très fréquentes ces dernières années dans le golfe de Guinée qui s'étend le long de 5.700 km de côtes en Afrique de l'Ouest.

Le porte-parole de la présidence appelle à la coopération pour lutter contre la piraterie
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En 2020, 130 des 135 enlèvements de marins recensés dans le monde, soit plus de 95 %, ont eu lieu dans cette zone, selon un récent rapport du Bureau maritime international (BMI).

Une centaine de transporteurs et compagnies du secteur maritime international ont signé en mai à Lagos (Nigeria), une déclaration appelant à créer une coalition contre la piraterie dans le golfe de Guinée.

L'inflation fait sombrer 7 millions de Nigérians dans la pauvreté

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La police fait libérer une centaine de personnes kidnappées au Nigeria

Un officier de police garde des filles qui ont été enlevées d'un pensionnat dans l'État de Zamfara, au nord-ouest du Nigeria, après leur libération, le 2 mars 2021.

Les autorités nigérianes ont obtenu la libération de 100 personnes, dont des femmes, des enfants et des mères allaitantes, qui avaient été enlevées dans leur village du nord-ouest du Nigeria il y a plus d'un mois, a déclaré un porte-parole de la police locale.

Le Nigeria est confronté à une augmentation des vols à main armée et des enlèvements contre rançon, principalement dans les États du nord-ouest du pays, où les forces de sécurité, peu déployées, ont du mal à contenir l'augmentation des bandes armées, communément appelées "bandits".

Enlèvements contre rançon, une pratique courante au Nigeria
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Les captifs libérés avaient été enlevés le 8 juin dans le village de Manawa, dans l'État de Zamfara, a déclaré Mohammed Shehu, porte-parole de la police de cet État, dans un communiqué transmis à Reuters mercredi.

Il a ajouté que leur libération avait été obtenue "sans aucun gain financier ou matériel".

"Ils seront soumis à un contrôle médical et à un débriefing avant d'être réunis avec leurs familles respectives", a ajouté le communiqué.

Un business qui tourne

Alors que le nord-est du Nigeria est confronté depuis une décennie à l'insécurité, notamment aux attaques de militants islamistes dont Boko Haram, allié de l'État islamique, la vague actuelle d'enlèvements est principalement motivée par des raisons financières.

Le cabinet de conseil SBM Intelligence, basé à Lagos, estime que les ravisseurs ont enlevé 2 371 personnes au Nigeria au cours du premier semestre de cette année, exigeant des rançons pour un montant total de 10 milliards de nairas, soit environ 24 millions de dollars.

La plupart de ces personnes ont été enlevées dans les États septentrionaux de Zamfara, Kaduna et Niger. La SBM a déclaré qu'elle ne pouvait pas évaluer avec précision le montant des rançons versées.

Plus de 200 lycéens ainsi que des dizaines d'autres personnes enlevées lors de raids sont toujours retenus en captivité.

Une application mobile pour lutter contre la corruption au Nigeria

The Eagle Eye : la plate-forme mobile que vient de lancer l’EFCC pour permettre aux populations de dénoncer les cas suspects de corruption au Nigeria à Abuja le 18 Juillet 2021, (VOA/Gilbert Tamba).

La guerre anti-corruption est une promesse de campagne électorale du président Muhammadu Buhari qui remonte à 2015.

Au Nigeria, le nouveau président de l'EFCC, la police fédérale contre les crimes économiques et financiers, dit vouloir faire de la lutte contre la corruption sa priorité. Son agence vient de lancer une plateforme d'applications mobiles permettant aux Nigérians de dénoncer anonymement des cas de corruption.

Dénommée "The Eagle Eye" ("l'oeil de l’aigle" en français), l'application mobile est conçue pour faciliter le processus de dénonciation des cas suspects de crimes économiques dans le pays le plus peuplé d'Afrique, classé au 149e rang mondial sur 180 pays dans l'indice de corruption de l'ONG Transparency International.

Pour le président de l’EFCC, Abdulrasheed Bawa, ceux qui craignaient jusqu'ici de signaler des cas de corruption, soit par peur d'être identifiés par les coupables, soit par crainte de voir leur identité dévoilée, peuvent désormais le faire avec l'assurance d'un anonymat complet.

"Nous avons compris que souvent beaucoup essaient de cacher leurs actes de corruption. Mais il y a des Nigérians qui connaissent ces cas, des biens volés et leurs propriétaires. Donc avec cette application vous pouvez facilement prendre des photos de ces propriétés ou encore vous identifiez les cas de cybercriminalité. Et vous les dénoncez à la commission", explique-t-il.

L’organe exhorte le public et les médias à profiter de la plateforme car la corruption est un sérieux problème au Nigeria selon l'agence, affectant notamment les finances publiques.

Si la société civile nigériane salue la conception de l’application mobile, elle reconnaît que la politique de dénonciation n’est pas la solution à la lutte contre la corruption.

Deji Adeyanju dirige le groupe Nigérians Concernés, une organisation de la société civile.

"Je crois que la politique de dénonciation n’est jamais effective. Nous ne savons pas combien d’argent a été recouvré jusqu’ici par la commission depuis la mise en place de cette politique. Donc nous ne pouvons pas affirmer si elle a apporté des solutions ou non. Mais je vais croire aussi que le lancement de cette application par l'EFCC sera naturellement une bonne chose", souligne-t-il.

Blocage dans les ports, les transporteurs s'indignement
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La guerre anti-corruption est une promesse de campagne électorale du président Muhammadu Buhari qui remonte à 2015.

"En réalité qui sont les gens qui ont conçu cette application? Qui sont ceux qui reçoivent le contenu de cette application ? Et quelle est l’efficacité de l’application et enfin qui protège la personne qui dénonce un cas de corruption?", s'interroge Mukhtar Modibo, un jeune activiste qui met en doute l’efficacité de l’application.

En 2016 le gouvernement fédéral avait initié une politique similaire de dénonciation via un site web sécurisé pour encourager les Nigérians détenant des informations sur les violations ou la corruption. L'initiative n’a pas donné les résultats attendus.

L'OPEP va relever le plafond de production pétrolière de 5 pays

Un pompiste remplit une voiture d'essence dans le quartier central des affaires d'Abuja, au Nigeria, le 1er avril 2020.

L'OPEP et les pays alliés, réunis au sein de l’OPEP+, ont convenu dimanche de relever les limites de production imposées à cinq pays, mettant fin à un différend qui avait fait chavirer les prix mondiaux de l'énergie.

Le désaccord, déclenché par la demande des Émirats arabes unis d'augmenter leur propre production, avait temporairement bouleversé une précédente réunion du cartel. Dans un communiqué publié dimanche, le cartel a annoncé que l'Irak, le Koweït, la Russie, l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis verraient leurs limites augmenter.

Bonus pour l'Algérie et le Nigeria

Selon les nouvelles limites de production, les Émirats arabes unis pourraient produire jusqu'à 3,5 millions de barils de pétrole brut par jour à partir de mai 2022. Ce chiffre est inférieur aux 3,8 millions de barils par jour qu'ils cherchaient à obtenir au départ. La limite de l'Arabie saoudite, qui est de 11 millions de barils par jour, passerait à 11,5 millions, tout comme celle de la Russie. L'Irak et le Koweït ont connu des augmentations moins importantes.

En Afrique, le Nigeria et l'Algérie pourraient également voir leurs plafonds revus à la hausse.

En perte de vitesse depuis quelques années, l'OPEP a du mal à s’imposer comme dans les années 1970. Lorsque les États-Unis, qui ne font pas partie du Cartel, ont commencé à augmenter leur propre production pétrolière, l’OPEP a dû faire appel à des pays tiers comme la Russie pour diminuer ensemble l’offre pétrolière sur le marché et stabiliser le prix du baril.

C’est ainsi que naît en 2016 ce que l'on appelle l'OPEP+.

Les pays membres de l'OPEP sont l'Algérie, l'Angola, le Congo, le Gabon, la Guinée équatoriale, l'Iran, l'Irak, le Koweït, la Libye, le Nigeria, l'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et le Venezuela. Les membres de l'OPEP+ sont l'Azerbaïdjan, Bahreïn, Brunei, le Kazakhstan, la Malaisie, le Mexique, Oman, la Russie, le Soudan et le Sud-Soudan.

Avec Reuters et Associated Press.

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