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La CPI ouvre une enquête sur des crimes présumés dans les Territoires palestiniens

La procureure de la Cour pénale internationale (CPI), Fatou Bensouda, à La Haye, Pays-Bas, le lundi 10 février 2014.

La Procureure générale de la Cour pénale internationale (CPI) Fatou Bensouda a annoncé mercredi avoir ouvert une enquête sur des crimes présumés dans les territoires palestiniens occupés, une initiative qualifiée par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu d'"essence même de l'antisémitisme".

L'Autorité palestinienne a, elle, salué cette décision, jugeant cette "enquête nécessaire et urgente".

Fatou Bensouda avait précédemment déclaré qu'il y avait un "fondement raisonnable" à croire que des crimes avaient été commis par des membres des forces israéliennes, des autorités israéliennes, du Hamas et des groupes armés palestiniens au cours de la guerre de Gaza de 2014.

"Aujourd'hui, je confirme l'ouverture par le Bureau du Procureur de la Cour pénale internationale d'une enquête sur la situation en Palestine", a-t-elle déclaré dans un communiqué.

"L'enquête portera sur les crimes relevant de la compétence de la Cour qui auraient été commis dans la situation depuis le 13 juin 2014".

A l'été 2014, Israël a lancé une opération pour stopper les tirs de roquettes du Hamas palestinien depuis la bande de Gaza, en direction de son territoire. Quelque 2.250 Palestiniens ont été tués, en majorité des civils, et 74 Israéliens, essentiellement des soldats, ont péri dans ces affrontements.

Contrairement à la Palestine, Israël n'est pas membre de la CPI, basée à La Haye, et s'est opposé avec véhémence à toute enquête.

La CPI "a pris une décision qui est l'essence même de l’antisémitisme et de l'hypocrisie", a réagi M. Netanyahu dans une allocution télévisée.

"Nous défendrons chaque soldat, chaque officier, chaque civil et je vous promets que nous allons nous battre pour la vérité jusqu'à ce que cette décision scandaleuse soit annulée", a-t-il ajouté.

L'Autorité palestinienne a quant à elle salué cette décision.

"Les crimes commis par les dirigeants de l'occupation israélienne contre le peuple palestinien - qui sont en cours, systématiques et généralisés - rendent cette enquête nécessaire et urgente", a déclaré mercredi le ministre palestinien des Affaires étrangères Riyad Al-Maliki dans un communiqué.

"Impartialité et objectivité"

La Procureure Fatou Bensouda a assuré que l'enquête serait menée "en toute indépendance, impartialité et objectivité, sans crainte ni parti pris".

"En définitive, ce sont les victimes tant palestiniennes qu'israéliennes du long cycle de violence et d'insécurité, qui a causé de profondes souffrances et un terrible sentiment", a-t-elle ajouté.

En décembre 2019, la Procureure Fatou Bensouda avait souhaité une enquête complète après une enquête préliminaire de cinq ans, tout en demandant à la CPI de déterminer si sa portée s'étendait aux territoires palestiniens.

Les juges de la CPI avaient ouvert la voie à une enquête sur des crimes de guerre en statuant le mois dernier que la Cour était compétente pour les faits survenus dans les territoires palestiniens occupés.

Le département d'Etat américain avait alors déclaré avoir de "sérieuses inquiétudes" au sujet de la décision de la CPI, ajoutant qu'Israël ne devrait pas être soumis par la Cour car le pays n'en est pas membre.

Israël a occupé la Cisjordanie et la bande de Gaza lors de la guerre des Six jours de 1967, puis a annexé principalement Jérusalem-Est.

Aujourd'hui, ces territoires abritent au moins cinq millions de Palestiniens, définis par les Nations Unies comme vivant sous occupation israélienne.

La bande de Gaza, dirigée par le mouvement islamiste Hamas, est soumise à un blocus imposé par Israël.

L'enquête israélo-palestinienne constituera le premier test majeur pour le nouveau Procureur de la CPI Karim Khan, l'avocat britannique nommé en février pour remplacer Fatouma Bensouda après la fin de son mandat en juin.

Fatouma Bensouda fait l'objet de sanctions américaines pour avoir décider d'enquêter sur les allégations de crimes de guerre américains en Afghanistan, mais Washington a également vivement critiqué l'enquête palestinienne.

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Affaire Ahmaud Arbery: les trois accusés condamnés pour meurtre

Réactions à l'extérieur du palais de justice du comté de Glynn à Brunswick, Géorgie, le 24 novembre 2021.

Trois hommes blancs poursuivis pour avoir tué Ahmaud Arbery, un homme noir l’année dernière dans l’État américain de Georgie ont été reconnus coupables de meurtre mercredi.

Le verdict, qui intervient au terme d’ environ deux semaines de procès devant un jury composé de 12 personnes majoritairement de race blanche, met en exergue une fois de plus les questions raciales et l’usage des armes à feu qui divisent l'Amérique.

Gregory McMichael, 65 ans, son fils Travis McMichael, 35 ans, et leur voisin William "Roddie" Bryan, 52 ans, ont été reconnus coupables de meurtre, de voies de fait graves, de séquestration et d'intention criminelle de commettre un crime. Ils encourent une peine minimale de prison à vie avec possibilité de libération conditionnelle.

Procès Ahmaud Arbery: la composition raciale du jury fait polémique
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Les jurés ont rendu leur verdict au deuxième jour des délibérations.

Durant le procès, il a été démontré que Travis McMichael a tiré trois fois à bout portant sur Ahmaud Arbery avec son fusil à pompe le 23 février 2020. L'incident avait été filmé par M. Bryan sur son téléphone portable.

Le public avait été scandalisé d’apprendre qu’aucun des hommes n’avait été arrêté, trois mois après les faits. Face au tollé, les autorités de l’État se sont saisies du dossier, mettant de côté le comté.

Durant le procès, la défense a invoqué – en vain – une loi de Géorgie qui permet à quiconque de procéder à l'arrestation des individus soupçonnés de fuir un crime grave qu'ils ont commis, mais le jury a finalement rejeté cette défense. La loi avait même été abrogée à cause de ce cas.

Les procureurs ont soutenu tout au long du procès que les accusés avaient "supposé le pire" à propos d'un homme noir qui faisait son jogging un dimanche après-midi.

À l'extérieur du palais de justice, une foule de plus de 100 personnes s'est rassemblée et a applaudi en criant "justice" et "oui" à la lecture des verdicts, certains brandissant des drapeaux dont un du mouvement Black Lives Matter.

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