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Droits humains

L'opposant ougandais Bobi Wine en appelle à la CPI

Bobi Wine (centre), lors de son arrestation en novembre 2020.

L'opposant ougandais Bobi Wine, principal adversaire déclaré du sortant Yoweri Museveni à la présidentielle du 14 janvier, a affirmé jeudi qu'il allait demander à la Cour pénale internationale d'enquêter sur des meurtres, actes de torture et autres abus commis dans le pays.

Bobi Wine, un chanteur populaire et député âgé de 38 ans, est le principal adversaire déclaré de Yoweri Museveni, 76 ans, au pouvoir depuis 1986.

L'opposant, Robert Kyagulanyi, de son vrai nom, est devenu le porte-parole d'une jeunesse ougandaise urbaine et souvent très pauvre qui ne se reconnaît pas dans le régime vieillissant du président Museveni. Il a été arrêté ou assigné à résidence à de nombreuses reprises depuis 2018.

Une énième arrestation mi-novembre a déclenché de violents affrontements entre ses partisans et la police, faisant au moins 54 morts, selon M. Museveni.

Bobi Wine a expliqué qu'il demanderait une enquête sur Yoweri Museveni et neuf hauts responsables de la sécurité, accusés de le viser, lui et ses partisans.

"J'espère que la Cour pénale internationale le rappellera à l'ordre", a-t-il expliqué lors d'une conférence de presse à distance depuis sa voiture, brutalement interrompue lorsqu'un policier l'a arrosé de gaz lacrymogène et extrait par la fenêtre de son véhicule, l'accusant d'être garé sur un emplacement interdit.

Fatou Bensouda, procureur en chef de la Cour pénale internationale, est vue dans une salle d'audience de la CPI à La Haye, Pays-Bas, le 8 juillet 2019.
Fatou Bensouda, procureur en chef de la Cour pénale internationale, est vue dans une salle d'audience de la CPI à La Haye, Pays-Bas, le 8 juillet 2019.

Selon un avocat de Bobi Wine, l'opposant compte s'appuyer sur une série de témoignages démontrant selon lui des violations "systématiques" des droits de l'homme et un "lourd historique de torture" par l'Etat.

Un témoin doit notamment raconter comment il a été contraint d'assister à l'énucléation d'un autre détenu.

"La communauté internationale n'a pas fait assez pour aider le peuple ougandais", a regretté Bobi Wine.

La CPI, créée en 2002 pour juger les crimes les plus atroces, n'a pas l'obligation de prendre en compte les demandes adressées aux procureurs, qui décident d'ouvrir, ou pas, une enquête.

Le mois dernier, elle a ainsi a rejeté une demande d'ouverture d'enquête sur la mort de quelque 150 personnes, tuées par la police ougandaise en novembre 2016 dans la région de Kasese, estimant qu'elle ne répondait pas aux critères définissant un crime contre l'humanité.

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Couvre-feu près de Minneapolis après une fusillade mortelle impliquant la police

Une manifestante affronte la police lors d'une manifestation à Brooklyn Center, près de Minneapolis dans le Minnesota, le 11 avril 2021.

Des centaines de manifestants en colère ont affronté la police dans une banlieue de Minneapolis dans la nuit de dimanche après qu'un jeune homme noir de 20 ans a été abattu lors d'un contrôle routier.

Les manifestations à Brooklyn Center ont eu lieu quelques heures avant que le procès de Derek Chauvin, l'ancien policier de Minneapolis accusé du meurtre de George Floyd, ne reprenne lundi dans un tribunal situé à moins de 16 km de là.

Dimanche soir, à l'extérieur du commissariat de Brooklyn Center, de la fumée s'est dégagée alors qu'une file de policiers tirait des balles en caoutchouc et des agents chimiques sur les manifestants, dont certains lançaient des pierres, des sacs poubelles et des bouteilles d'eau.

Le maire de Brooklyn Center a ordonné un couvre-feu jusqu'à 6 heures du matin (1100 GMT), et le directeur de l'école locale a déclaré que le district passerait à l'enseignement à distance lundi "par excès de prudence".

Le jeune homme tué par la police a été identifié par des proches et par le gouverneur du Minnesota Tim Walz comme étant Daunte Wright.

Manifestations

Tard dimanche, un groupe d'environ 100 à 200 manifestants s'est rassemblé autour du quartier général de la police de Brooklyn Center et a lancé des projectiles, a déclaré le commissaire John Harrington du département de la sécurité publique du Minnesota lors d'un point de presse diffusé en direct. Le groupe a ensuite été dispersé.

Un autre groupe de manifestants a fait irruption dans une vingtaine de commerces d'un centre commercial régional, dont certains ont été pillés, selon la police et les médias locaux.

Des agents montent la garde devant le département de police de Brooklyn Center, à Brooklyn Center, Minnesota, États-Unis, le 11 avril 2021.
Des agents montent la garde devant le département de police de Brooklyn Center, à Brooklyn Center, Minnesota, États-Unis, le 11 avril 2021.

Les manifestants anti-police ont déjà passé ces derniers jours à se rassembler à Minneapolis alors que le procès de Derek Chauvin, un ancien policier de la ville, entre dans sa troisième semaine dans un tribunal entouré de barrières et de soldats de la Garde nationale.

M. Chauvin, de race blanche, est accusé de meurtre et d'homicide involontaire pour s'être agenouillé sur le cou de George Floyd, un Noir de 46 ans, qui était menotté en mai dernier. Une mort qui avait déclenché des manifestations à travers le monde.

Demande d'une enquête indépendante

La mère de Daunte Wright, Katie Wright, a déclaré aux journalistes présents sur les lieux qu'elle avait reçu un appel de son fils dimanche après-midi lui disant que la police l'avait stoppé parce qu'il avait des désodorisants accrochés à son rétroviseur, ce qui est illégal dans le Minnesota. Restée au téléphone, elle a pu entendre la police dire à son fils de sortir du véhicule, a-t-elle dit.

"J'ai entendu des échauffourées et j'ai entendu des officiers de police dire : 'Daunte, ne cours pas' ", a-t-elle dit en pleurant. L'appel a pris fin. Lorsqu'elle a recomposé son numéro, c'est la petite amie de son fils qui a répondu et elle lui a dit que ce dernier était mort sur le siège du conducteur.

Dans un communiqué, la police de Brooklyn Center a déclaré que les agents ont arrêté un homme pour une infraction au code de la route peu avant 14 heures, et ont découvert qu'il avait un mandat d'arrêt en suspens.

Alors que la police tentait de l'arrêter, il est remonté dans sa voiture. Un agent a tiré sur l'homme, qui n'a pas été identifié dans la déclaration. L'homme a roulé sur plusieurs pâtés de maisons avant de heurter un autre véhicule et de mourir sur place.

La police a déclaré que les caméras corporelles des deux officiers enregistraient pendant l'incident. Le Bureau d'appréhension criminelle de l'État a déclaré qu'il enquêtait sur la fusillade.

Un manifestant brandit la balle en caoutchouc qui l'a touché au côté lors d'une confrontation avec la police à Brooklyn Center, Minnesota, États-Unis, le 11 avril 2021.
Un manifestant brandit la balle en caoutchouc qui l'a touché au côté lors d'une confrontation avec la police à Brooklyn Center, Minnesota, États-Unis, le 11 avril 2021.

La branche du Minnesota de l'American Civil Liberties Union, un groupe de défense des droits, a déclaré qu'une autre agence indépendante devrait enquêter et a exigé la diffusion immédiate de toute vidéo de la fusillade.

Près du lieu de la fusillade, les manifestants ont crié leur colère contre une ligne de policiers en tenue anti-émeute tenant de longues matraques. Certains manifestants ont vandalisé deux véhicules de police, les bombardant de pierres et sautant dessus.

La police a tiré des balles en caoutchouc, touchant au moins deux personnes dans la foule et laissant au moins un homme saignant de la tête, selon un témoin de Reuters, avant que la foule ne se dirige vers le bâtiment du département de la police.

Tollé au Zimbabwe suite à la condamnation d'un jeune activiste

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Gaz lacrymogènes et interpellations lors d'une manifestation contre la Monusco

Gaz lacrymogènes et interpellations lors d'une manifestation contre la Monusco
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L'Arkansas devient le premier État à interdire les chirurgies transgenres des jeunes

Terry Miller (au centre), une élève transgenre du secondaire, participe à une course le 14 février 2020.

Sur les terrains de foot, dans les vestiaires, et jusque dans leurs traitements médicaux, les jeunes transgenres sont devenus la nouvelle cible des conservateurs américains, par le biais de dizaines de projets de loi. "On essaie de me dicter comment vivre ma vie", dénonce Dylan Brandt, 15 ans. 

Avant de changer de genre et de choisir un prénom masculin, cet adolescent de l’Arkansas, Etat rural et très religieux du sud des Etats-Unis, s’est forcé, durant des années et contre son gré, à paraître "aussi féminin que possible".

"J’étais malheureux", confie à l’AFP Dylan, qui a décidé à 13 ans de faire sa transition. Après un an et demi de rendez-vous chez des psychologues et médecins, il a commencé il y a huit mois à prendre un traitement à base de testostérone.

Résultat instantané: "Je suis beaucoup plus heureux, j’ai beaucoup plus confiance en moi. Je me suis fait plein de nouveaux amis", sourit Dylan, qui a relaté en vidéo sur TikTok sa mue notamment vocale.

Mais en raison d’une loi votée mardi, Dylan pourrait bientôt ne plus avoir accès à son traitement hormonal. L'Arkansas est devenu le premier Etat américain à interdire aux mineurs l'accès à des transitions médicales.

Les défenseurs de ce projet de loi assurent vouloir "protéger les enfants vulnérables" d'"expérimentations" médicales.

"Argument électoral"

"Dans un Etat conservateur comme celui-ci, il est difficile de penser que la politique n’y est pas pour quelque chose", juge la mère de Dylan, Joanna Brandt, qui voit plutôt là des motivations électorales.

"Je pense que pendant très longtemps, attaquer les gays et les lesbiennes était un argument électoral très efficace pour les responsables politiques", ajoute Jordan Ruud, à la tête d’une ONG locale de défense des personnes LGBT, le River Valley Equality Center.

Avec la légalisation du mariage pour tous, "c’est devenu moins acceptable socialement" et les efforts se sont tournés vers les personnes transgenres, affirme-t-il.

Le gouverneur républicain de l'Arkansas, Asa Hutchinson, qui s’était opposé en vain au projet de loi de son Etat, a estimé que le texte était le fruit de la "guerre culturelle" qui divise actuellement l'Amérique.

Gym contre basket

Dans cette bataille, les conservateurs ont fait du sujet des traitements médicaux, mais aussi du sport, leurs armes de choix: des projets de loi ont été déposés dans plus d’une vingtaine d’Etats, afin d’interdire aux enfants et adolescents transgenres de concourir dans des compétitions scolaires féminines.

Leur raisonnement: une personne née garçon sera généralement plus forte qu'une personne née fille, même après une opération. Par conséquent, il est injuste d'opposer des sportives à des personnes susceptibles d'être plus grandes, plus fortes et plus rapides. Il faut donc interdire aux transgenres nées garçons de participer aux compétitions féminines, selon eux.

"Quel entraîneur voudrait prendre une fille dans son équipe, si son record peut être battu par quelqu’un qui est né homme?", lançait Donald Trump lors de son premier discours d’ex-président, en février.

Pas si simple.

"Au niveau élite, les championnats du monde, les compétitions olympiques... les sportives transgenres ne remportent pas plus" de médailles, balaie Eric Vilain, expert auprès du Comité international olympique.

"Il y a énormément de facteurs qui entrent dans la fabrique d’un athlète", détaille le professeur de génétique humaine, à l’AFP. "Une athlète transgenre qui va faire du basket sera en moyenne plus grande donc ça peut être un avantage, mais en gymnastique elle sera peut-être trop grande."

Le président américain Joe Biden s'est positionné sur le sujet, promulguant au premier jour de son mandat un décret visant à "prévenir et combattre les discriminations sur la base de l'identité de genre ou l'orientation sexuelle".

Les militants transgenres assurent aussi qu'il est discriminatoire et extrêmement blessant de priver leurs athlètes d'épreuves sportives, et de s'ingérer dans leur parcours médical. Un argument qui a le soutien de nombreuses associations féministes mais aussi de stars du sport, comme la footballeuse Megan Rapinoe.

"Ce sont juste des enfants, gentils et courageux, qui veulent qu’on les laisse tranquilles", martèle Joanna Brandt.

"Répression implacable" contre l'opposition tchadienne, selon HRW

Le président tchadien Idriss Deby rencontre la figure de l'opposition Succes Masra à N'Djamena, le 16 mars 2021.

Human Rights Watch (HRW) a accusé jeudi les forces de sécurité tchadiennes d'avoir mené "une répression implacable" contre des opposants à l'approche de la présidentielle du 11 avril que le président sortant, Idriss Déby Itno, candidat à un sixième mandat, est assuré de remporter.

Depuis plusieurs mois, des partis et organisations de la société civile appellent chaque samedi à marcher "pacifiquement" pour une "alternance au pouvoir". Des marches interdites et violemment dispersées au moindre rassemblement, les policiers cernant sièges des partis et domiciles de leurs leaders.

Selon des témoins interrogés par HRW, "des forces de sécurité ont passé à tabac des manifestants avec des fouets, des bâtons et des matraques". "Un manifestant a également déclaré qu'il avait été soumis à des décharges électriques pendant sa détention", poursuit l'ONG de défense des droits humains dans son communiqué.

Lors de manifestations organisées par l'opposition, les forces de sécurité ont eu recours, selon HRW, à des gaz lacrymogènes et ont "procédé à l'arrestation arbitraire d' au moins 112 membres et sympathisants de partis d'opposition et d'activistes de la société civile, dont certains ont été roués de coups". HRW dénonce un "usage excessif de la force contre des manifestants" ainsi que des "traitements inhumains et dégradants et de pratiquer la torture".

Interrogé par HRW, le ministre tchadien de la Justice, Djimet Arabi, a de son côté estimé que les forces de l'ordre avaient agi avec "professionnalisme", et que les manifestations, interdites par les autorités, "engendraient parfois de la violence (...) avec des manifestants brûlant des pneus sur diverses routes".

Le 28 février, la police et l'armée ont mené un raid meurtrier au domicile d'un candidat à la présidentielle, Yaya Dillo, durant lequel les forces de l'ordre ont tué sa mère, âgée de 80 ans, et blessé cinq autres membres de sa famille.

Les autorités ont déclaré que M. Dillo avait "opposé une résistance armée". Des témoins, interrogés par Human Rights Watch, "rejettent toutefois cette version des faits, et maintiennent qu'il n'y a pas eu de réponse armée". M. Dillo est aujourd'hui en fuite. HRW appelle les autorités tchadiennes à "enquêter d'urgence" sur ces violences.

"Les violations des droits humains et le déni des libertés fondamentales ont miné la crédibilité de l'élection", a estimé HRW.

Pour l'élection présidentielle de dimanche, seuls six candidats sans envergure seront en lice face à M.Déby, au pouvoir depuis un coup d'Etat en 1990. Plusieurs prétendants ont annoncé leur retrait, comme l'opposant historique Saleh Kebozabo, dénonçant un "climat d'insécurité".

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a récemment "déploré le recours à la force" dans le processus électoral.

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