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La Cour suprême américaine ouvre la voie à une rémunération des sportifs universitaires


Ja Morant de Memphis lors d'un match contre la Nouvelle Orleans, USA le 3 août 2020.

La Cour suprême des Etats-Unis a ouvert la voie lundi à une rétribution des athlètes universitaires, aujourd'hui privés de tout salaire malgré les énormes bénéfices qu'ils génèrent.

Les neuf sages étaient appelés à se prononcer sur une question très limitée: l'attribution à ces sportifs d'avantages de nature éducative (ordinateurs, équipements scientifiques, instruments de musique...).

Ils ont jugé à l'unanimité que les limites fixées en la matière par l'Association nationale des athlètes universitaires, la NCAA, qui supervise le sport universitaire, violaient les lois antitrust.

Si la portée immédiate de cette décision est étroite, elle pourrait être suivie d'autres recours, puisque la Cour suprême a reconnu que la NCAA n'échappait pas au droit de la concurrence "même si elle a des objectifs sociaux", comme la préservation du sportamateur.

Le juge Brett Kavanaugh, dans un texte distinct, a soutenu cet arrêt, "une correction importante et attendue de longue date", tout en insistant: "d'autres règles de la NCAA posent aussi d'importantes questions au regard du droit de la concurrence".

L'économie du sport universitaire américain dépasse la plupart des ligues professionnelles du monde par son poids financier, tirée par des contrats de diffusion télévisée gigantesques.

Dans leur décision, les juges rappellent qu'en 2016, les premières divisions de football américain et de basket universitaires ont généré 13,5 milliards de dollars de revenus.

Pour leurs exploits, les sportifs bénéficient seulement d'une prise en charge du coût de leurs études et parfois d'une prime de performance, plafonnée à 5.980 dollars par an.

"Ceux qui dirigent cette entreprise en tirent un profit bien différent", remarque la Cour. Le président de la NCAA gagne 4 millions de dollars par an, et les entraîneurs de football de première division près de 11 millions, note-t-elle.

Pour corriger ce qu'ils perçoivent comme une injustice, huit Etats ont adopté des lois afin de rémunérer les athlètes universitaires pour l'utilisation de leur nom et de leur image en dehors des terrains.

Avant leur entrée en vigueur, à partir du 1er juillet, la NCAA a prévu de se réunir mardi et mercredi et pourrait aussi annoncer des réformes.

Plusieurs propositions de loi ont également été introduites au Congrès. L'une prévoit que 50% des bénéfices générés par leur discipline soient reversés aux athlètes.

Le sport universitaire américain est très suivi aux Etats-Unis: des dizaines de millions d'anciens étudiants restent fidèles à leur ancienne faculté et soutiennent les équipes sportives de leur "alma mater", l'établissement dans lequel ils ont fait leurs études supérieures.

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