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La Cour suprême des Etats-Unis invalide une loi de Louisiane sur l'avortement

Cour suprême des Etats-Unis au Capitol à Washington, 3 mai 2020. (Photo AP)

La Cour suprême a estimé que cette loi violait le droit des Américaines à avorter. Le juge en chef, John Roberts, conservateur modéré, a joint sa voix à ses quatre collègues progressistes au nom du respect de "la chose jugée".

"On pousse un soupir de soulagement", a immédiatement commenté Alexis McGill Johnson, la présidente de l'association de planning familial Planned Parenthood. "La Cour a envoyé un message clair à la classe politique: arrêtez d'essayer d'empêcher l'accès à l'avortement légal et sécurisé", a-t-elle ajouté.

La Maison Blanche a au contraire déploré une "décision malheureuse" qui "dévalue la vie des mères et des enfants à naître". Des "juges non élus" ont "imposé leurs préférences politiques en faveur de l'avortement pour renverser des régulations légitimes", a tancé sa porte-parole Kayleigh McEnany dans un communiqué.

En 2016, Le président Trump avait promis de nommer à la Cour suprême des juges opposés à l'avortement. Depuis son élection, il y a fait entrer deux nouveaux magistrats, Neil Gorsuch et Brett Kavanaugh qui, lundi, ont défendu la loi de Louisiane, sans que cela suffise à emporter la majorité.

Ce texte, adopté en 2014, visait à obliger les médecins pratiquant des avortements à obtenir une autorisation d'exercer dans un hôpital situé à moins de 50 kilomètres du lieu de l'intervention. Il s'agissait de protéger les femmes en cas de complication et à assurer "la continuité des soins", avaient plaidé ses promoteurs.

Pour les défenseurs de droit aux interruptions volontaires de grossesse (IVG), la loi visait surtout à mettre des bâtons dans les roues des cliniques et sa mise en oeuvre aurait entraîné la fermeture de deux des trois établissements pratiquant des avortements en Louisiane.

-"Chose jugée"-

Au-delà de l'enjeu local, le dossier était perçu comme un baromètre de la détermination de la Cour suprême à maintenir son arrêt historique de 1973, Roe V. Wade, qui a reconnu le droit des Américaines à avorter. La loi de Louisiane était en effet quasi similaire à un texte du Texas, que le temple du droit avait invalidé en 2016, le jugeant trop restrictif.

"Nous avons examiné les dossiers de près" et ils "sont comparables à tous les égards et imposent le même résultat. En conséquence, nous jugeons que la loi de Louisiane est inconstitutionnelle", a de fait tranché la haute Cour à une courte majorité (cinq juges sur neuf).

Le chef de la Cour suprême, John Roberts, un conservateur modéré, a joint sa voix à ses quatre collègues progressistes au nom du respect de "la chose jugée".

Le juge Roberts avait soutenu la loi du Texas en 2016. "Je continue à penser que c'était une mauvaise décision", a-t-il écrit dans un texte joint à la décision. La question n'est toutefois pas de savoir si la haute Cour a eu "tort ou raison" en 2016 mais "de savoir si son arrêt nous lie dans le cas présent", a-t-il poursuivi, en jugeant que "la doctrine juridique" l'imposait.

"Nous sommes soulagées que la loi de Louisiane ait été bloquée", a commenté la présidente du Centre pour les droits reproductifs, Nancy Northup, qui représentait les cliniques de l'Etat. Mais pour elle, la lutte n'est pas terminée puisque de nombreux Etats, galvanisés par l'arrivée de nouveaux juges à la Cour, continuent d'adopter des lois restrictives.

Cet "arrêt ne va malheureusement pas arrêter ceux qui veulent à tout prix interdire l'avortement. Nous serons à nouveau demain devant la justice et nous continuerons à nous battre", a-t-elle déploré.

De fait, le groupe conservateur Alliance Defending Freedom a souligné que la décision était "étroite". "Notre travail pour faire primer la santé des femmes sur les intérêts économiques du business de l'avortement continuera au niveau fédéral, des Etats et des localités", a promis le chef de ses équipes de juristes Kristen Waggoner.

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L'équipe de football américain des Redskins abandonne son nom, jugé raciste

Le logo des Redskins, accusé d'être raciste depuis de nombreuses années, à Landover, Maryland, le 3 juillet 2020.

Après avoir longtemps résisté, l'équipe de football américain de Washington a annoncé lundi l'abandon de son nom des Redskins, cédant à la pression d'une partie de l'opinion et de ses sponsors qui critiquaient sa connotation raciste envers les Amérindiens.

"Le 3 juillet, nous avons annoncé le début d'un examen approfondi du nom de l'équipe", dont la traduction française est "Peaux Rouges", peut-on lire dans un communiqué. "Aujourd'hui, nous annonçons que nous allons abandonner le nom et le logo des Redskins après cet examen."

Le propriétaire de l'équipe, Daniel Snyder, et l'entraîneur Ron Rivera "travaillent en étroite collaboration pour développer un nouveau nom et une nouvelle approche visuelle", poursuit le communiqué. "Nous souhaitons tenir informés nos sponsors, nos fans et la communauté pour les 100 prochaines années."

Des voix s'élevaient depuis longtemps pour demander à cette équipe de la National Football League (NFL) de changer son nom et son logo, un Amérindien de profil flanqué de deux plumes, considérés comme une "insulte raciste" par des activistes.

M. Snyder avait toujours refusé, affirmant que ce surnom utilisé depuis 1933 rendait hommage aux Amérindiens.

Mais la mort de l'Afro-Américain George Floyd fin mai a plongé les Etats-Unis dans un examen de conscience sur leur rapport dans le domaine des relations raciales.

Un vaste mouvement a conduit une partie de la société à reconsidérer certains symboles comme les statues de généraux confédérés, partisans de l'esclavage, ou de Christophe Colomb. Plusieurs de ces monuments ont été déboulonnés ou vandalisés à travers le pays.

Longtemps célébré comme "celui qui a découvert l'Amérique", Christophe Colomb est aujourd'hui vu par certains comme le symbole de la colonisation violente par les Européens de terres ne leur appartenant pas.

Pression financière

Ces dernières semaines, la pression avait encore augmenté autour des Redskins: la société FedEx, qui parraine et donne son nom au stade de l'équipe, a ainsi demandé officiellement à cette dernière de changer son nom.

Et l'équipementier Nike a arrêté de vendre les produits dérivés de l'équipe sur son site internet, suivi par les grandes enseignes Walmart et Target.

La mairesse de Washington, Muriel Bowser, avait indiqué qu'il "était grand temps" de changer ce nom et que ce dernier était l'un des "obstacles" au souhait de l'équipe de revenir jouer dans la capitale, qu'elle avait quittée en 1997 pour évoluer dans le Maryland voisin.

Face à cette pression grandissante, l'équipe avait ouvert la voie à un changement, "au vu des récents évènements à travers le pays". Plusieurs autres équipes de sport professionnel américain ayant des noms et des logos amérindiens font aussi l'objet de critiques.

L'équipe de baseball des Cleveland Indians a ainsi fait disparaître sa mascotte "Chief Wahoo" de ses tenues, et a également annoncé réfléchir à la question de son nom.

Il y a une semaine, Donald Trump avait critiqué cette démarche: "On dirait que les Washington Redskins et les Cleveland Indians, deux franchises sportives légendaires, vont changer leur nom pour être dans le politiquement correct", a-t-il tweeté.

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