Liens d'accessibilité

Dernières nouvelles

Bénin

La Cour africaine des Droits de l'Homme pour la suspension de la condamnation de l'opposant Ajavon

L'homme d'affaire Sébastien Ajavon, soutient le candidat Talon, à Cotonou, le 18 mars 2016.

La Cour Africaine des Droits de l'homme vient de demander au Bénin de suspendre la condamnation à 20 ans de prison pour trafic de cocaïne de l'opposant politique et homme d'affaires Sébastien Ajavon.

"La Cour Africaine des Droits de l'Homme vient de totalement désavouer l’Etat du Benin en lui ordonnant de suspendre immédiatement toute exécution de la décision" de la justice qui a condamné Sébastien Ajavon, a affirmé Julien Bensimhon, l'avocat de M. Ajavon.

"Il s'agit d'une reconnaissance du caractère illégal et antidémocratique de la procédure de création et de fonctionnement de la CRIET comme nous l'avions dénoncé", a-t-il poursuivi. La CRIET (Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme) est un tribunal spécial créé fin août.

L'avocat espère aussi que "le pouvoir en place au Benin malgré sa totale dérive antidémocratique se conformera à cette décision".

Candidat à la présidentielle de 2016, Sébastien Ajavon, qui a fait fortune dans l'agroalimentaire, était arrivé troisième, et s'était rallié à l'actuel président Patrice Talon.

Mais les relations entre les deux hommes, deux milliardaires qui sont opposants en politique et dans les affaires, se sont vite dégradées, Sébastien Ajavon ayant été visé par la justice dans plusieurs affaires.

Fin mars 2018, il a relancé sa carrière politique, en fondant son propre parti en vue de la présidentielle de 2020, l’Union sociale libérale (USL).

Toutes les actualités

Violents affrontements dans le centre du Bénin entre armée et manifestants

Violents affrontements dans le centre du Bénin entre armée et manifestants
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:02 0:00

"Violences extrêmes" entre l’armée et manifestants dans le centre du Bénin

Des pneus brûlent alors que les manifestants barricadent les rues de Cadjehoun, fief de l'ancien président du Bénin, Thomas Yayi Boni, le 2 mai 2019 à Cotonou.

La situation était toujours très tendue vendredi matin au Bénin, après plus de quatre jours d'affrontements entre l’armée et les populations à Savè et à Tchaourou, ville d'origine de l'ancien président Boni Yayi, dans le centre du pays.

"Les forces armées sont présentes partout dans la commune et sur la route principale entre Tchaourou et Parakou pour essayer de dégager les barricades" mises en place par des manifestant pro-Yayi, a confié vendredi à l’AFP un élu de la commune sous couvert d'anonymat.

"L’armée tire à balles réelles. Les violences sont extrêmes", a-t-il affirmé.

Plusieurs éléments de l’armée ont été blessés et admis dans un hôpital à Parakou, selon un médecin sur place joint au téléphone, mais qui n'a pas souhaité donner de bilan exact.

Aucune information officielle n’était disponible sur le bilan des affrontements.

Selon le maire de la commune voisine de Savè, Timothée Biaou, contacté par l'AFP, "les jeunes ont rétabli les barrages ce matin (vendredi) sur la route entre Cotonou et Parakou".

"Hier soir (jeudi), la police républicaine a tiré à balles réelles et il y a eu deux blessés graves", a-t-il affirmé, revenant sur les propos diffusés dans la presse locale selon lesquels il y aurait eu un mort.

Des photos et des vidéos de manifestants blessés ainsi que des soldats circulaient sur les réseaux sociaux, faisant état de très fortes altercations sur la route principale, bloquée par les manifestants.

Ils "réclament la levée des barrages autour du domicile de Boni Yayi et la libération de leurs frères avant de libérer la route (...) bloquée à hauteur de Tchaourou", a expliqué à l'AFP un proche de l'ancien président, dont le domicile à Cotonou, la capitale économique, est toujours cerné par les forces de l'ordre.

Le pays est en proie à une crise politique depuis les élections législatives du 28 avril, auxquelles l'opposition n'avait pas été autorisée à présenter de candidats pour des raisons administratives.

L'ancien président avait appelé la population à se soulever en signe de protestation et appelé le chef de l'Etat, Patrice Talon a annulé le processus électoral. Les 1er et 2 mai, des centaines de personnes s'étaient rassemblées autour du domicile de Boni Yayi à Cotonou, craignant qu'il ne soit arrêté.

La répression des manifestations par l’armée a déjà fait au moins quatre morts par balles selon Amnesty International et de nombreux blessés à travers le pays.

Des ONG de défense des droits humains ont dénoncé le tournant autoritaire du président Patrice Talon, élu en avril 2016, dans un pays qui a longtemps été considéré comme un modèle de démocratie en Afrique de l'Ouest.

Le Bénin et la lutte contre le trafic des enfants

SOS Vidomègon, une baraque construite au cœur du marché Dantokpa pour apprendre à lire et à écrire aux enfants placés à Cotonou, Bénin, le 13 juin 2019. (VOA/Ginette Fleure Adandé)

Les signaux sont toujours au rouge malgré les nombreuses campagnes de sensibilisation menées depuis que la charte sur la protection des droits de l'enfant a été signée. Le gouvernement se fait aider par de nombreuses organisations et centres de secours.

En avril dernier, la condamnation d'une Béninoise à dix ans de prison ferme pour trafic d'enfants au Gabon a provoqué l'émoi au Bénin.

Le centre de référence béninois qui recueille les enfants abusés et exploités, est tenu par des religieuses, les salésiennes de Don Bosco. Sœur Marie Antonietta est au Bénin depuis 1992.

Journée mondiale contre le travail des enfants
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:02:57 0:00

Sœur Marie Antonietta au milieu de quelques enfants recueillis à Cotonou, Bénin, le 13 juin 2019. (VOA/Ginette Fleure Adandé)
Sœur Marie Antonietta au milieu de quelques enfants recueillis à Cotonou, Bénin, le 13 juin 2019. (VOA/Ginette Fleure Adandé)

"Dans notre projet on a pensé à humaniser le métier de Vidomègon, c'est-à-dire faire en sorte que ces enfants puissent découvrir qu'ils sont des êtres humains et qu'ils peuvent faire quelque chose de leur vie, et ensuite les aider à apprendre un métier", explique-t-elle à VOA Afrique.

Des dizaines d’enfants franchissent la porte de la Maison de l'espérance des sœurs salésiennes. Parmi eux, Natacha, qui avait moins de 10 ans quand elle est venue pour fuir les mauvais traitements d'une dame à qui elle a été confiée. Aujourd'hui âgée de 20 ans, elle attend les résultats du baccalauréat.

"De placement en placement, un jour j'ai dit non. J'avais huit ans. J'en avais marre d'être placée : les tutrices recevaient l'argent et je devrais subir. C'est ainsi que je me suis retrouvée chez les sœurs".

Des enfants placés apprenant à lire et à écrire à Cotonou, Bénin, le 13 juin 2019. (VOA/Ginette Fleure Adandé)
Des enfants placés apprenant à lire et à écrire à Cotonou, Bénin, le 13 juin 2019. (VOA/Ginette Fleure Adandé)

​Ils sont nombreux, à l'image de Natacha, à être confiés à des ménages contre rémunération. Certains enfants sont envoyés au Togo, au Nigeria ou au Gabon.

Des associations travaillent pour freiner le phénomène. C'est le cas de l'ONG Enfants de demain qui travaille dans les zones réculées du Bénin pour freiner le trafic transfrontalier. Pour Ernest Cachon, le chargé des programmes de cette ONG, la tâche est difficile, surtout dans les communes reculées.

"Au départ, la population était réticente, jurant qu'il n'y avait pas de trafic dans la commune', se rappelle-t-il. "Mais à force de donner la définition, les manifestations et les conséquences de la traite des enfants, nous avons pu récupérer 23 enfants victimes ou à risque et ainsi mener des actions à titre préventif."

Selon l'UNICEF, le taux des enfants exploités pour différentes tâches a franchi la barre des 52%. Des chiffres en hausse malgré la gratuité de l'école comme moyen pour repousser le phénomène.

Pour Sœur Marie Antonietta, il faut qu'en plus de la sensibilisation, la répression commence pour que les enfants cessent de souffrir:"Le Bénin a signé la convention des droits des enfants. Il y a la loi qui interdit le travail des mineurs de moins de 14 ans. Mais si les sanctions ne tombent pas, les efforts seront vains".

En attendant l’éradication du phénomène au Bénin, des enfants privés d’école passent des journées entières dans les marchés et autres lieux de commerce et sont livrés en permanence à tous les dangers et toutes sortes d’abus.

Journée mondiale contre le travail des enfants

Journée mondiale contre le travail des enfants
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:02:57 0:00

Affrontements entre policiers et populations dans le Nord

Thomas Boni Yayi dans le district de Cadjehoun à Cotonou le 19 avril 2019.

De violences ont éclaté lundi à Tchaourou, la ville d'origine de l'ancien président Thomas Boni Yayi, dans le nord du Bénin, après l'arrestation de deux personnes, selon des témoins et un responsable de la police.

"La police républicaine a procédé à l'interpellation de deux citoyens, et les jeunes de la localité ont réagi à ces arrestations arbitraires", a confié à l'AFP une source locale jointe au téléphone.

"Deux individus identifiés comme les meneurs des violences électorales à Tchaourou ont été effectivement interpellés", a confirmé un responsable de police, ajoutant que "l'opération a été menée en personne par le directeur départemental de la police républicaine du Borgou".


Des violences ont éclaté à la suite de ces interpellations et les populations sont sorties massivement, selon Akim Moussa Adoéti, un commerçant en route pour Parakou. Elles "ont barricadé la principale route menant au Nord, brûlé des pneus et séquestré des voyageurs", et "endommagé un véhicule de police".

Face à ces violences, la police et l'armée sont intervenues et des engins blindés ont été déployés dans toute la commune.

Le 28 avril, jour des élections législatives à laquelle l'opposition n'avait pas été autorisée à participer, des violences avaient déjà eu lieu dans cette vaste commune du nord du Bénin d'où est originaire l'ancien président Boni Yayi. Ce dernier est depuis le 1er mai retranché dans son domicile de Cotonou, dont les accès sont bloqués en permanence par des policiers en armes.

L'ancien président, visé par une procédure qui n'a pas été révélée à la presse, devait être entendu vendredi à son domicile par un juge du tribunal de Cotonou, mais n'a pu le recevoir "pour raisons médicales", avait expliqué à l'AFP Me Renaud Agbodjo, son avocat.

Le "stress quotidien, joint à l'absence de ses médecins ont entraîné l'aggravation de la lombo-sciatalgie hyperalgique dont il souffre", a de son côté déploré son parti politique (FCBE) la semaine dernière.

"L'ancien président est en danger", a alerté le parti.

Depuis les élections, plusieurs dizaines de personnes ont été arrêtées, accusées d'avoir fomenté les violences qui ont suivi le scrutin du 28 avril et qui ont fait au moins 4 morts par balles selon Amnesty International et 7 morts selon l'opposition.

Voir plus

XS
SM
MD
LG