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La Corée du Nord dément que les sanctions soient la cause de la détente


Le leader nord-coreen Kim Jong Un le 6 mars 2018.
Le leader nord-coreen Kim Jong Un le 6 mars 2018.

La Corée du Nord est sortie de son silence sur la détente diplomatique en cours avec Séoul et Washington, rejetant l'idée que les sanctions l'ait contrainte au dialogue et affirmant être la locomotive d'une "offensive de paix".

Ces commentaires sont publiés par l'agence officielle KCNA au moment où les deux Corées sont engagées dans un processus remarquable de rapprochement après deux années d'escalade due aux essais nucléaires et balistiques de Pyongyang.

Afin de préparer un sommet intercoréen prévu fin avril, Séoul a proposé mercredi des entretiens à haut niveau jeudi prochain avec le Nord, selon la Maison Bleue, la présidence sud-coréenne.

Ce sommet intercoréen serait suivi par un face-à-face entre le président américain Donald Trump et le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un.

Mais le silence observé par le Nord sur ce processus a soulevé des inquiétudes quant à ses intentions.

KCNA n'évoque pas directement les sommets mais relève "l'atmosphère dramatique de réconciliation" régnant avec le Sud et "un signe de changement" avec Washington.

Cependant, a martelé l'agence mardi soir, Pyongyang a fait des gestes d'ouverture en position de force et non de faiblesse alors même qu'il est confronté à des pressions internationales intenses ainsi qu'à des sanctions économiques douloureuses.

"L'offensive pour un dialogue de paix menée par la Corée du Nord témoigne de sa confiance en soi car elle a obtenu tout ce qu'elle désire", assure KCNA.

- 'Foutaises' -

L'agence dénonce aussi les faucons à Washington, Séoul et Tokyo qui mettent en doute la sincérité de Pyongyang.

"Ces foutaises" consistant à parler du "+résultat des sanctions et des pressions+ répandues par les forces hostiles ont aussi peu de sens que les aboiements d'un chien à la lune", ajoute l'agence, appelant toutes les parties à faire preuve de "prudence".

"Gâcher l'ambiance en disant ceci ou cela avant même que les parties concernées n'aient l'occasion d'étudier les pensées intimes de l'autre partie et soient assises à la table de négociations témoigne vraiment de l'étroitesse d'esprit de la racaille", poursuit l'agence, usant de son langage imagé habituel.

Les jeux Olympiques d'hiver qui se sont tenus en Corée du Sud ont été le catalyseur d'une détente extrêmement rapide entre le Nord et le Sud.

Donald Trump a créé la surprise en acceptant un sommet avec M. Kim, qui se tiendrait avant la fin mai.

Pyongyang n'a pas confirmé avoir proposé une telle rencontre historique -- la proposition avait été relayée par Séoul après l'envoi d'une délégation au Nord.

Depuis l'annonce de ce processus cependant, "le Nord surveille la situation de près, y compris les exercices militaires conjoints entre Séoul et Washington, avant de le rendre public auprès de son peuple", a expliqué à l'AFP le professeur Kim Yong-hyun de l'Université Dongguk.

- Volte-face ? -

Séoul et Washington ont annoncé mardi la reprise le 1er avril de ces exercices annuels, qui avaient été reportés pour cause de JO. Mais ils seront raccourcis d'un mois alors que ces manoeuvres ne manquent jamais de susciter l'ire de Pyongyang.

Pour le professeur Yang Moo-jin, de l'Université des études nord-coréennes, Pyongyang a également besoin de temps pour préparer sa population à une volte-face avec les Etats-Unis.

"Le Nord ne confirmera pas les deux sommets tant que les dates et les lieux n'auront pas été fixés. Il a besoin d'éduquer lentement le peuple dans les cellules du parti à un virage politique à 180 degrés".

Mais depuis le oui de M. Trump au sommet, les consultations diplomatiques se multiplient.

Le chef de la diplomatie nord-coréenne, Ri Yong-Ho, s'est rendu au cours du weekend en Suède, qui représente les intérêts américains à Pyongyang. D'après la presse, la libération de trois Américains détenus en Corée du Nord a été évoquée.

Choe Kang Il, directeur général adjoint du département Amérique du Nord au ministère nord-coréen des Affaires étrangères, est en Finlande pour des discussions avec l'ancienne ambassadrice américaine à Séoul, Kathleen Stephens.

Le président sud-coréen Moon Jae-in a estimé mercredi qu'un sommet à trois - deux Corées et Etats-Unis - serait une possibilité, en fonction du résultat des éventuelles réunions à deux.

"Nous devons résoudre entièrement les problèmes de la dénucléarisation de la péninsule coréenne et de l'établissement de la paix", a-t-il dit.

Avec AFP

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