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Coronavirus

La capitale rwandaise, Kigali, sort du confinement

Un homme reçoit un vaccin contre le coronavirus à l'hôpital Masaka de Kigali, au Rwanda, le 5 mars 2021.

Le Rwanda a annoncé la levée du confinement de la capitale Kigali et de huit autres districts jusqu'à mi-août, bien que les cas de Covid-19 continuent d'augmenter dans le pays.

Les nouvelles mesures s'appliqueront du 1er au 15 août, a indiqué le gouvernement dans un communiqué à l'issue d'une réunion présidée par le président Paul Kagame vendredi.

Les déplacements entre Kigali et les autres provinces et districts du pays peuvent reprendre, mais le couvre-feu nocturne reste en vigueur de 18H00 à 04H00 (16H00 à 02H00 GMT).

Les rassemblements sociaux sont toujours interdits et les écoles et les églises restent fermées, mais les mariages sont autorisés dans la limite de 10 invités.

Aucune explication immédiate n'a été donnée quant à la levée du confinement, qui avait été imposé à la mi-juillet.

Le Rwanda, pays de 13 millions d'habitants, a appliqué des mesures de confinement parmi les plus strictes du continent et mis en place des campagnes poussées de détection et de traçage de cas contact.

Mais ces dernières semaines, le pays a été confronté à un net rebond de la pandémie, avec environ 1.000 nouveaux cas quotidiens au cours des sept derniers jour.

Au total, le Rwanda a enregistré près de 70.000 cas de Covid-19, et 798 décès, selon les chiffres officiels publiés vendredi.

Comme dans de nombreux pays d'Afrique, la campagne de vaccination a été lente en raison d'un approvisionnement insuffisant et des réticences de la population.

Les autorités avaient prévu de vacciner 30% de la population cette année et 60% d'ici la fin 2022. Un peu plus de 452.000 personnes ont pour l'instant été vaccinées, selon les dernières statistiques gouvernementales.

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Baisse du nombre de cas de Covid-19 au Sénégal

À Dakar, actuellement, on constate plus de relâchement et moins de précautions, à Dakar, le 27 octobre 2021. (VOA/Seydina Aba Gueye)

Il y a une semaine, le Sénégal enregistrait zéro cas positif de covid-19 sur les 1302 tests journaliers réalisés par les services sanitaires. Une première depuis l’entrée de la pandémie dans le pays. 

La distanciation physique, le port du masque et les autres mesures barrières ne sont plus aussi respectées qu’avant. La faute à la tendance baissière des nouveaux cas de covid-19.

Mais les chiffres officiels ont du mal à convaincre.

"Il y a eu le Magal de Touba et le Gamou avec des millions de pèlerins regroupés à travers le pays et malgré cela on nous dit qu’il y a zéro cas, c’est improbable", affirme Samba, un agent commercial.

Demba va même plus loin. "Les autorités jouent avec nos émotions et si une nouvelle hausse des cas est annoncée c’est qu’il faudra vraiment nous expliquer comment cela est arrivé", dit-il.

Contrairement à Samba, Alioune Ndong estime lui, qu’il faut beaucoup de prudence car la maladie est une réalité. Pour ce logisticien, le plus important est de continuer à rester vigilant. "La maladie a peut-être baissé, les standards ont peut-être baissé mais cela ne prouve pas que la maladie n’est plus là. Du jour au lendemain on peut se réveiller avec des nouveaux cas qui pourront créer une explosion de cas au niveau démographique", estime-t-il.

Aux cimetières de Dakar, les ravages de la pandémie
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Dans la même veine, Alimatou Sadiya Gueye, agent de santé, estime que les Sénégalais ne doivent pas s’attarder sur les chiffres mais plutôt prendre conscience de l’existence et des ravages de la maladie covid-19.

"En tant que personnel de santé, je dirais que cette maladie est bel et bien parce que j’ai assisté des personnes qui l’ont attrapé. Concernant le gouvernement les chiffres les concernent mais moi j’ai vécu ça avec des personnes, je les ai traitées donc il faut juste se méfier, ce n’est pas la peine de se fier au nombre de cas, il faut juste se méfier parce que ça existe bel et bien", conseille-t-elle.

Malgré la forte baisse des cas et le relâchement qu’elle a entraîné, les autorités demandent aux populations de rester vigilantes, car le coronavirus impose la prudence et l’endurance.

Des travailleurs de première ligne tués pour avoir voulu appliquer les mesures anti-covid

Un caissier sert un client dans un centre commercial de Burbank, en Californie, le samedi 10 avril 2021. (Photo AP/Richard Vogel)

Plusieurs travailleurs essentiels ont déjà payé de leur vie pour avoir voulu faire respecter les mesures anti Covid-19. Ces hommes et ces femmes ne sont pas morts de la pandémie, mais eux aussi en ont été des victimes. Ils avaient quitté leur domicile un matin mais n'étaient plus rentrés chez eux.

A travers le monde, des travailleurs de première ligne ont été insultés, brutalisés, voire tués pour avoir tenté d'appliquer des règles destinées à protéger le public contre la propagation du coronavirus.

Une enquête de novembre 2020 de l'Université du Massachusetts menée auprès des travailleurs dans six États américains a révélé que ceux qui travaillaient dans le commerce de détail et l'hôtellerie étaient ceux qui devaient faire face à la plus grande résistance aux masques et à la distanciation sociale.

Les travailleurs à bas salaire ont été les plus exposées aux personnes refusant de se conformer aux mesures anti coronavirus.

Une employée d’épicerie tuée en Georgie

Laquitta Willis, 41 ans, caissière dans une épicerie du comté de Dekalb en Géorgie, a été tuée en juin 2021 après une dispute sur le port du masque avec un client, Victor Lee Tucker, 30 ans.

Le suspect serait entré chez Big Bear sans son cache-nez. Une vive discussion s’en serait suivie entre l’homme et Mme Willis, une employée qui travaillait dans l'épicerie depuis près d'une décennie et gardait méticuleusement son comptoir propre pendant la pandémie, selon plusieurs témoignages.

Après être parti sans rien acheter, le suspect serait revenu dans l’épicerie avec une arme et aurait fait feu sur la femme. Après avoir tiré sur Mme Willis, le suspect a fait feu sur un policier qui travaillait à la sécurité de l’épicerie.

Victor Lee Tucker fait face à des accusations de meurtre et voies de fait.

Un employé de Family Dollar tué dans le Michigan

Calvin Munerlyn habitait à Flint, dans le Michigan, où tout le monde le connaissait sous le nom de "Duper", un surnom hérité de sa mère.

L'homme, étant grand, était facilement intimidant à première vue. Mais il suffisait de quelques instants en sa présence pour être conquis par son charme.

Il travaillait de jour comme agent de sécurité chez Family Dollar, une chaîne de magasins bon prix. En hiver, il travaillait de nuit dans un centre de réchauffement géré par Catholic Charities, une organisation communautaire à but non lucratif.

Le 1er mai 2020, pendant son service chez Family Dollar, Calvin Munerlyn conseille à une jeune femme de porter un masque avant d'entrer dans le magasin. La mère de la femme devient furieuse et crache sur l'agent de de sécurité. Ce dernier ordonne à une caissière de ne pas servir la cliente récalcitrante.

Les deux femmes partent en voiture et reviennent environ une vingtaine de minutes plus tard. Elles sont accompagnées par deux hommes, le père et le frère de la jeune femme qui refusait de porter son masque facial.

L'un des hommes sort une arme à feu et tire une balle dans la tête du vigile. Il est transporté à l'hôpital, mais juste pour être déclaré mort.Cela ne faisait qu'un peu plus d'un mois depuis que Calvin Munerlyn travaillait chez Family Dollar.

Il avait arrêté de travailler dans des boîtes de nuit pour éviter justement de s'exposer aux risques de confrontations violentes. L'ironie du sort avait voulu qu'il meure dans des circonstances pareilles à Family Dollar, considéré comme un havre de paix comparé aux boîtes de nuit.

La mort de Munerlyn a pesé lourdement sur la communauté. Un drapeau a été hissé au Capitole de l'État du Michigan en sa mémoire et sa famille a accepté la clé de la ville de Flint en son nom. Il a également été nommé à titre posthume Parent de l'année à la Madison Academy High School, où sa fille Cavetta Munerlyn a obtenu une excellente note quelques jours après sa mort.

Un agent de sécurité tué lors d'un match de basket-ball

Martinus "Mitch" Mitchum, un officier de police de l'Université de Tulane, agent de réserve du 2e tribunal municipal, et responsable des inscriptions à l'Athlos Academy of Jefferson Parish, travaillait comme agent de sécurité lors d'un match de basket-ball au lycée George Washington Carver, dans la Nouvelle-Orléans dans la Louisianne lorsqu'il a été abattu.

Mitchum, qui était en uniforme au moment des faits, est intervenu dans une altercation entre John Shallerhorn et un administrateur de l'école parce que Shallerhorn s'était vu refuser l'entrée dans le jeu pour ne pas avoir refusé de porter son masque facial. Mitchum est intervenu pour escorter l'homme hors du bâtiment.

Le suspect, John Shallerhorn, 35 ans, avait alors tiré deux coups de feu. L'un avait touché Mitchum à la poitrine. Emmené au centre médical universitaire par les ambulanciers paramédicaux, Mitchun avait été déclaré mort peu de temps après.

"Cela fait mal parce qu'il était l'un des meilleurs", a déclaré Lyn Clark, un ancien joueur de football à l'école secondaire O. Perry Walker où Mitchum a travaillé de 2006 à 2016. "Ils ont tué quelqu'un qui a aidé tant d'étudiants afro-américains à sortir de là et à devenir quelque chose. Il a toujours tout soutenu. n'importe qui. Tout le monde était pour lui "mon fils" ou "ma fille", a ajouté Clark.

"Nous le taquinions toujours et disions à Mitch que vous avez plus d'enfants que quiconque pour être si jeune. Il m'agaçait parfois comme un petit frère, mais il était si authentique et il n'y avait rien qu'il ne ferait pas pour ces enfants", a déclaré Sheryl Eaglin, l'ancienne collègue de Mitchum.

Originaire de Detroit, dans le Michigan, Mitchum travaillait à la sécurité de l'école lorsqu'il a commencé. Mais il a été transféré à d'autres postes en raison de la façon dont il s'occupait des enfants et de ses autres compétences, selon Tarance Davis, l'ancien directeur sportif de l'école. Mitchum a été chargé des données et des inscriptions des étudiants et est également devenu le directeur des opérations de basket-ball et de football.

"(Mitchum) était un professionnel de la police dévoué qui avait à cœur de servir la communauté de Tulane", ont déclaré des responsables de Tulane dans un communiqué.

Un chauffeur de bus tué dans le Maryland

Frankye Duckett, 49 ans, a été tué en janvier 2021. Il travaillait pour le programme Mobility Link de l'Administration des transports en commun du Maryland (Maryland Transit Administration). Il transportait des personnes à mobilité réduite et des handicapés autour de Baltimore.

Un vendredi soir de janvier 2021, M. Duckett se rend au travail depuis la Pennsylvanie, où il vivait et espérait prendre sa retraite dans quelques années, a rapporté le Baltimore Sun.

Ce jour là, M. Duckett se dispute avec le petit-fils d'une femme âgée qu'il devait transporter. La dispute aurait commencé après que Duckett ait dit au petit-fils de cette dernière qu'il n'était pas autorisé à monter dans le bus sans masque facial. Puis le chauffeur est parti.

Selon des images de sécurité, alors que le bus s'approche d'un arrêt, un homme, qui, selon la police, était le petit-fils, et qui sera connu comme Marquis Poteat, sort d'une voiture et tire sur M. Duckett par la fenêtre avant de s'enfuir dans la voiture. Il sera arrêté en avril et inculpé de meurtre.

Un employé abattu en Allemagne

Le 18 septembre 2021, un employé de 20 ans d'une station service a été tué en Allemagne par un client dont il avait refusé d'encaisser les achats pour non-port de masque.

C'était un étudiant qui travaillait dans une station service. Il avait refusé d'encaisser un client qui souhaitait acheter un pack de bières parce que ce dernier ne portait pas de masque.

Énervé, l'homme de 49 ans est parti en laissant ses bières sur le comptoir. Il est revenu une heure et demie plus tard en portant cette fois un masque mais l'a retiré en passant devant le comptoir pour susciter une réaction du caissier. Après avoir de nouveau reçu l'ordre de porter son masque correctement, le client a sorti un revolver de sa poche et a tiré sur l'étudiant, qui est mort sur le coup.

Le suspect s'est présenté le lendemain au poste de police local. Il a confié qu'il se sentait "acculé" par les mesures relatives à la pandémie de Covid-19 qu'il percevait comme une "atteinte croissante à ses droits" et qu'il n'avait vu "aucune autre issue", a déclaré le procureur Kai Fuhrmann.

La ministre de l'Agriculture Julia Klöckner, originaire de la région, a fait état d'un meurtre "choquant".

Un chauffeur de bus tué en France

En France, Philippe Monguillot, un chauffeur de bus de 59 ans, a été battu à mort le 5 juillet 2020 à Bayonne, dans le sud-ouest, après avoir demandé à quatre passagers de porter des masques faciaux rendus obligatoires à bord des transports publics français en raison du coronavirus. Le chauffeur a été insulté, poussé hors du bus et violemment battu et frappé à la tête.

Quatre personnes avaient été arrêtées mais certaines avaient été relâchées.

En mémoire de son mari, la veuve de Philippe Monguillot, a créé une association portant le nom de son mari, afin de soutenir et d’aider les chauffeurs de bus victimes d’agressions et de violences.

Une sentinelle poignardée

Toujours en France, un agent de sécurité a été agressé à Brest une nuit d'août 2020 par un homme qui voulait entrer dans un bar sans masque.

Après qu'on lui a refusé l'entrée, l'homme est parti avant de revenir une trentaine de minutes plus tard devant le bar, assénant des coups de couteau au visage de la victime. La victime n'a eu la vie sauve que grâce à l'intervention des clients.

La sentinelle a été opérée en urgence pour une grave blessure à l'œil. L'assaillant a été arrêté et présenté à un juge d'instruction. Il était connu des services de police avait admis être l'auteur de l'agression, rapporte Paris Match.

Une infirmière rouée de coups

Le 12 août 2020, une infirmière de 30 ans de l'hôpital de Ville-Evrard, à Neuilly-sur-Marne, a été violemment agressée dans un bus par trois jeunes hommes, dont deux adolescents de 16 ans, à qui elle demandait de porter un masque.

Les agresseurs avaient été présentés à un juge des enfants qui avait aussitôt requis leur placement en détention provisoire pour "violences aggravées".

D'autres agressions

Plusieurs autres employés ont été agressés pour avoir voulu appliquer les mesures contre le coronavirus.

La presse américaine mentionne aussi le cas de deux hommes qui se sont vu refuser l'entrée dans un magasin californien pour avoir refusé de porter des masques. L'un d'eux aurait frappé un employé, lui cassant le bras.

BuzzFeed News rapporte qu'un homme a été inculpé en Pennsylvanie pour avoir frappé un commis de magasin à plusieurs reprises au visage après que ce dernier lui a dit de porter un masque.

"Le meilleur et le pire"

"Le problème avec les pandémies, en particulier le COVID-19, c'est qu'elles font ressortir les extrêmes. Nous avions le meilleur chez les gens et le pire", a déclaré Steven Taylor, auteur du livre 2019 The Psychology of Pandemics et professeur de psychiatrie à l'Université canadienne de la Colombie-Britannique, cité par BuzzFeed News.

Vaccination obligatoire des fonctionnaires: levée des boucliers au Cameroun

Le Ministre de la fonction publique Joseph Le lors de la mise au point sur la campagne de vaccination des agents de l’Etat, à Yaoundé, le 21 octobre 2021. (PHOTO cellule communication ministère de la fonction publique)

Dans la région de l’Est les agents publics non vaccinés ont été expulsés des bureaux.

Alors que le front du refus de la vaccination obligatoire contre le coronavirus s’élargit, le gouvernement camerounais a fait une nouvelle sortie médiatique pour préciser le fil conducteur de la campagne de vaccination prévue au cours du mois de novembre.

"Il n’a a jamais été question d’obliger les personnels de l’Etat à se faire vacciner", a déclaré le ministre de la Fonction publique et de la Réforme administrative, Joseph Le​, a​u cours d’un point de presse tenu jeudi à Yaoundé.

Une nuance qui ne figurait pourtant pas dans la note d’information conjointe rendue publique le 14 octobre 2021, annonçant cette campagne de vaccination prévue du 5 au 30 novembre "dans les services centraux des ministères et dans les services déconcentrés".

La note en question, co-signée du ministre Le et de son collègue de la santé, Malachie Manadaoua, informait simplement, "tous les agents publics actifs et ceux qui ont été admis à faire valoir leurs droits à la retraite qu’une campagne gratuite de vaccination contre le Covid-19 devait être organisée à leur intention".

Il n'en fallait pas plus pour soulever un vent de réprobation dans le corps des fonctionnaires.

"Vaccination obligatoire pourquoi ? Qu’on nous explique le bien-fondé de cette campagne et nous irons volontairement nous faire vacciner", a déclaré, à Yaoundé, un fonctionnaire visiblement remonté.

Avant la mise au point du ministre de la Fonction publique, quelques précédents sur le caractère obligatoire du vaccin contre la maladie Covid-19 ont ébranlé l’opinion.

Selon des notes de service, le vaccin contre le Covid-19 a été imposé au personnel de la présidence, du ministère de la santé publique, au quotidien national Cameroon Tribune et à l’hôpital général de Yaoundé.

Dans la région de l’Est, frontalière à la RCA, les agents publics non vaccinés ont été expulsés des bureaux par le gouverneur Grégoire Mvongo. "J’ai indiqué qu’à la date du 11 octobre, l’accès sera interdit dans les services publics régionaux, départementaux et d’arrondissements à tous les agents publics non vaccinés contre le Covid-19 ou disposant d’un test négatif de moins de 72h", s’est-il expliqué face aux médias.

Interpellé sur la question au cours d’une visite de travail à Douala, le ministre de la Santé publique a affirmé "la vaccination préventive est obligatoire au Cameroun".

"La loi prévoit des poursuites contre toute personne qui met en danger la vie de l’autre en refusant de se protéger contre une maladie", a-t-il justifié.

Dans une déclaration, la Commission des droits de l’Homme et des libertés du barreau du Cameroun, s’est inquiétée "de cette généralisation de l’exigence du vaccin anti- Covid-19 dans les administrations publiques en l’absence d’un cadre législatif et réglementaire".

Contactée par VOA Afrique, Pèlerine Tchatat, avocat au barreau, a dénoncé une atteinte grave aux libertés.

"Il n’y’a pas de loi concernant la vaccination sur le Covid-19 au Cameroun, il faut une loi de l’Assemblée nationale parce que même un simple décret présidentiel ne pourrait pas passer à l’état, il s’agit d’engager une politique de santé publique", a-t-elle précisé.

L’avocate prévient que "ces administrations qui empêchent l’accès dans les services aux employés violent le droit de ces employés qui sont à mesure de porter plainte pour se faire réparer ce préjudice".

Seulement 1% de la population camerounaise est totalement vaccinée, d’après les statistiques.

Le collectif des syndicats des enseignants du Cameroun a adressé une correspondance au président Paul Biya, affirmant qu'il "n’exclut pas de lancer une grève nationale pour contester une éventuelle campagne de vaccination obligatoire" qui viserait les enseignants.

Le Burundi débute la vaccination anti Covid sur la base du volontariat

Le Burundi lance une campagne de vaccination contre le virus Ebola pour les agents de santé et de première ligne (Photo : Organisation mondiale de la Santé)

"Si vous avez des conséquences néfastes demain, ne vous en prenez pas au gouvernement ", a réaffirmé le Premier ministre burundais, le général Alain-Guillaume Bunyoni dimanche, à la veille du début de la campagne de vaccination qui, vraisemblablement suscite très peu d'engouement.

Seule une poignée de Burundais a reçu une dose de vaccin contre le Covid-19 depuis le lancement cette semaine de la campagne de vaccination, l'une des plus tardives au monde.

"Nous avons débuté la vaccination lundi après-midi avec seulement quelque 25 volontaires a expliqué un médecin qui a requis l'anonymat. Après des mois de déni de l'épidémie, les autorités burundaises ont finalement accepté de recevoir mi-octobre 500.000 doses du vaccin Sinopharm, offertes par la Chine.

Visiblement sceptiques, elles ont plusieurs fois prévenu qu'elles ne feraient pas de campagne de sensibilisation ni ne porteraient la responsabilité d'éventuels effets secondaires. "Si vous avez des conséquences néfastes demain, ne vous en prenez pas au gouvernement ", a réaffirmé dimanche le Premier ministre, le général Alain-Guillaume Bunyoni.

Il ajoute que le vaccin contre le Covid a été découvert très vite, donc ceux qui l'ont inventé n'en connaissent pas encore les conséquences néfastes". Selon les données de l’OMS, le Burundi a enregistré 19.730 cas de Covid-19 pour 14 décès.

La vaccination se fera sur la base du volontariat.

Pour Agathon Rwasa, chef du principal parti d'opposition (le CNL), la vaccination doit s'accompagner d'un effort pour "intensifier la campagne de sensibilisation pour que chacun soit conscient que le danger (du Covid-19) est bel et bien là".

Dans la population, certains ne croient en effet pas aux vaccins, ni même au Covid-19.

"Dans notre pays, cette pandémie n'était pas grave. (...) Ici, on souffre de la grippe. Ce vaccin, c’est pour les blancs, on n'en a pas besoin chez nous", affirme ainsi Egide Nsabimana, cordonnier de 32 ans.

Mais pour Gracia Iteka, "c'est bien que le vaccin arrive". "C'était une maladie qui tuait beaucoup de personnes", affirme cette entrepreneure de 23 ans.

"Je suis prêt à prendre ce vaccin dès qu'il sera disponible au Burundi parce que dans d'autres pays, ils injectent déjà", rappelle Olivier Kivuto, mécanicien de 26 ans.

Dans le cadre d'un plan national de lutte contre la pandémie pour les six prochains mois, les autorités burundaises vont également introduire un pass sanitaire pour les personnes sortant de Bujumbura, principale ville du pays.

Maintenant, seuls deux pays au monde n'ont pas lancé de campagne de vaccination: l'Erythrée et la Corée du Nord, qui sont des Etats très fermés.

Bientôt, l'obligation vaccinale pour les fonctionnaires nigérians

Vaccination contre le COVD-19 à l'extérieur d'une mosquée dans la banlieue d'Abuja, au Nigeria, le 8 octobre 2021.

La mesure sera difficile à respecter: le Nigeria a reçu moins de 10 millions de doses de vaccins pour plus de 200 millions d’habitants.

Au Nigeria, le gouvernement veut introduire une obligation de vaccination pour les fonctionnaires de l’Etat fédéral. Les autorités ont annoncé que les agents fédéraux non-vaccinés ne seront pas autorisés à entrer dans leurs bureaux à partir du 1er décembre.

L’obligation vaccinale concerne tous les agents exerçant dans les établissements et services publics, qu’ils soient au Nigeria ou dans les missions diplomatiques à l’étranger.

"A compter du 1er décembre 2021, tous les employés du gouvernement fédéral sans exception seront tenus de présenter une preuve de vaccination contre le Covid-19 ou de présenter un résultat de test PCR COVID-19 négatif effectué dans les 72 heures pour accéder à leurs bureaux", confirme Boss Mustapha, président de la Commission nationale sur le covid-19 et secrétaire général du gouvernement de la fédération​.

Deux Etats du Sud du Nigeria avaient déjà rendu la vaccination obligatoire pour accéder aux lieux publics et aux rassemblements, suscitant de vives réactions.

Portée devant les tribunaux, la décision avait été révoquée par une Haute Cour fédérale siégeant à Port Harcourt, la capitale de l’Etat de Rivers.

A Abuja, la capitale, la menace du gouvernement fédéral ne semble pas obtenir le soutien de certains fonctionnaires. La vaccination contre le Covid-19 reste un sujet qui divise à cause de nombreuses réticences observées.

Deji Adeyanju, du groupe des Nigérians concernés, menace d’aller en justice pour tenter d’empêcher le gouvernement d’imposer la vaccination aux travailleurs.

"C’est une violation des droits fondamentaux des gens. Comment pouvez vous dire que les personnes non vaccinées ne peuvent pas avoir accès à leurs lieux de travail? Jusqu’aujourd’hui, il n’y a aucune loi qui empêche les gens d’avoir accès à leurs lieux de travail, de prière ou même dans les marchés", scande l'activiste.

De l'avis des experts, cette mesure sera difficile à faire respecter dans un pays qui a reçu moins de 10 millions de doses de vaccins pour une population de plus de 200 millions d’habitants.

A ce jour, environ 7 millions de personnes seulement ont reçu une première dose dans tout le pays et plus de 2 millions sont complètement vaccinées, selon l’Agence nationale de soins de santé primaires.

Le Nigeria a enregistré 219 mille infections et plus de 4000 décès depuis février 2020. Le gouvernement ambitionne de faire vacciner 70% de la population pour freiner efficacement la propagation du virus.

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