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La Côte d'Ivoire veut booster son commerce équitable

Une affiche des premières "Journées nationales du commerce équitable" à Abidjan, 18 septembre 2018. (Facebook/JNCE 2018)

Le commerce équitable dispose d'un "fort potentiel" en Côte d'Ivoire, mais beaucoup reste à faire pour le promouvoir auprès des agriculteurs et des consommateurs, selon des experts présents aux premières "Journées nationales du commerce équitable" cette semaine à Abidjan.

C'était le premier événement de ce genre à se tenir dans ce pays, champion mondial du cacao et de la noix de cajou.

"Le commerce équitable des produits agricoles dispose d'un fort potentiel en Côte d'Ivoire", estime Franck Koman, coordinateur du Réseau ivoirien du commerce équitable (RICE), organisateur de la manifestation qui s'est tenue jeudi et vendredi.

Les ventes de cacao équitable ont ainsi doublé en un an, passant de 80.000 à 150.000 tonnes de 2016 à 2017, selon le RICE. Mais cela ne représente encore que 7,5% de la production nationale de 2 millions de tonnes - soit 40% du marché mondial.

D'autres produits agricoles équitables "connaissent une bonne dynamique de croissance", comme l'anacarde (noix de cajou), la banane, la noix de coco, la mangue et le miel. Mais ces produits restent marginaux par rapport au cacao, qui représente 95% des ventes, selon M. Koman.

"La Côte d'Ivoire est partie en retard par rapport à d'autres pays de la région comme le Burkina Faso et le Ghana", explique Joël Bagbila, responsable Afrique de "Fair for Life" (Equitable pour la vie), un organisme de certification. "Elle est actuellement en plein essor au niveau des ventes, mais toujours en retard sur la structuration des filières et la certification des producteurs".

Près de 200 coopératives, rassemblant plus de 120.000 producteurs, sont aujourd'hui certifiées commerce équitable en Côte d'Ivoire, contre une seule en 2004, selon le RICE, qui a été créé en 2009.

- Séduire les consommateurs locaux -

Mais si les pays riches d'Europe et d'Amérique du Nord se sont entichés depuis longtemps des produits labellisés équitables, le marché local reste peu développé.

"La moitié de la production agricole équitable n'est pas vendue", faute de consommateurs locaux et à cause de problèmes logistiques, comme le mauvais état des routes, déplore M. Koman.

Pour lui, "il y a un gros effort à faire en communication pour sensibiliser les acheteurs locaux". D'où l'intérêt de ces premières Journées, destinées à faire connaître les bénéfices de l'équitable aussi bien aux agriculteurs qu'aux consommateurs et aux autorités, afin que celles-ci s'impliquent davantage dans sa promotion.

"La consommation locale est quasi nulle, confirme Joël Bagbila. "Ici les gens ne se préoccupent pas vraiment de la qualité, mais plutôt du prix".

"Il faut viser d'abord des marchés de niche locaux, en attendant de toucher le grand public. Car il y a des consommateurs qui ont des moyens et qui veulent de la qualité, mais ne savent pas où en trouver. Au Burkina Faso, la mangue bio est très demandée, mais on ne sait pas où en acheter", explique M. Bagbila.

Les coopératives agricoles ivoiriennes se lancent aussi dans la vente de produits transformés, qui offrent davantage de valeur ajoutée. Sur le stand de la coopérative Scinpa, on trouvait ainsi toute une gamme de produits cosmétiques à base de cacao: savons, shampoings, masques de beauté pour le visage et pour les cheveux.

La production de chocolat, un produit à forte valeur ajoutée, se développe aussi timidement depuis cinq ans, alors que la Côte d'Ivoire n'a exporté pendant des décennies que du cacao brut.

"Il y a engouement pour le chocolat en Côte d'Ivoire", croit savoir Paul Bassogo, artisan chocolatier, qui préside l'association des professionnels du secteur. "Mais le produit est mal connu et reste cher pour les gens, il faut le démocratiser".

- L'environnement, l'autre enjeu -

Outre l'intérêt commercial et éthique de l'équitable - qui permet de mieux rémunérer les petits producteurs, de faire cesser le travail des enfants et de les scolariser -, l'autre enjeu est la préservation de l'environnement. Une question sensible en Côte d'Ivoire, qui a perdu près de 90% de ses forêts en 50 ans, à cause de l'impact combiné de la hausse de la population, de 3 à 25 millions de personnes, et du développement de l'agriculture.

La perte des forêts a entraîné un changement climatique, avec "une saison des pluies courte, irrégulière, et une saison sèche plus longue", s'alarme le RICE. Une évolution négative renforcée par le changement climatique à l'échelle mondiale qui impacte particulièrement les pays tropicaux comme la Côte d'Ivoire, selon un rapport récent de la Banque mondiale.

Pour le RICE, "l'agriculture se trouve aujourd'hui à un tournant décisif: elle doit continuer à produire plus, pour nourrir un nombre croissant de personnes, mais aussi à produire mieux, pour préserver la biodiversité, les ressources naturelles et la santé des agriculteurs et des consommateurs".

Avec AFP

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La BCEAO retire ses réserves de change de la tutelle de la Banque de France

Deux personnes échangent de l'argent à Abidjan, le 31 décembre 2004.

Cinq milliards d'euros de réserves de change des Etats ouest-africains utilisant le franc CFA sont en cours de transfert de la France vers la Banque centrale ouest-africaine, conformément à la réforme de cette monnaie, a indiqué mardi à l'AFP une source proche du dossier.

La Banque de France "est en train de transférer des fonds qui appartenaient aux Etats africains", a indiqué à l'AFP cette source requérant l'anonymat, précisant le montant des fonds: "cinq milliards d'euros".

Sollicitée par l'AFP, la Banque centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO) dont le siège est à Dakar, a décliné tout commentaire sur ce transfert.

Le franc CFA est la monnaie commune à huit pays membres de l'Union monétaire ouest-africaine (UMOA) - Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Guinée-Bissau, Mali, Niger, Sénégal et Togo - et à six Etats de la Communauté économique ét monétaire de l'Afrique centrale (Cémac) -Cameroun, Centrafrique, Congo, Gabon, Guinée Equatoriale et Tchad.

Seuls les pays de l'UMOA sont concernés par ce transfert.

La réforme du franc CFA - qui ne concerne pour l'heure que la zone UMOA - a été annoncée en décembre 2019 à Abidjan par les présidents français et ivoirien, respectivement Emmanuel Macron et Alassane Ouattara, pour répondre au feu de critiques contre cette monnaie qui est perçue comme une relique du temps de la colonisation.

La réforme prévoit notamment que la BCEAO n'est plus désormais tenue de déposer la moitié de ses réserves de change auprès de la Banque de France.

Les pays de la Cémac, eux, vont continuer de le faire.

Pour l'économiste togolais Kako Nubukpo, connu pour ses positions critiques vis-à-vis du franc CFA, "cette décision pourrait inciter les Etats de la zone franc à renouveler les modalités de placement de leurs réserves de change et de gestion de la trésorerie des banques centrales".

Cela pourrait aussi les inciter à "imaginer un régime de change moins rigide que celui qui existe actuellement, à savoir la parité fixe entre le franc CFA et l'euro", maintenue par la réforme.

L'économiste plaide également pour une réflexion sur "le rôle des réserves de change dans la transformation structurelle des économies de la zone Franc", estimant que "cette période Covid-19 pousse à une utilisation active des réserves de change pour relancer l'économie mondiale".

La réforme prévoyait aussi un changement de nom, toujours pas effectif, le franc CFA devant devenir l'eco, et le retrait de la France des instances de gouvernance de l'UMOA.

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