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La Cédéao demande à la junte malienne de nommer rapidement des dirigeants civils

Les militaires maliens en réunion à Bamako, le 31 août 2020.

Les voisins du Mali ont demandé mardi que la junte au pouvoir à Bamako nomme "incessamment" des dirigeants civils de transition, faisant miroiter une levée possible dans quelques jours des sanctions imposées au pays sahélien en crise.

Dans leur communiqué, les dirigeants de la Communauté économique des Etats ouest-africains (Cédéao) ont insisté sur le fait que les dirigeants de la transition soient des civils. Ils ont demandé que la junte soit dissoute dès qu'ils auront été désignés. Ils prennent acte que la transition serait de 18 mois et non 12 comme ils le réclamaient.

Ils affirment aussi que les sanctions seront levées immédiatement après la désignation des dirigeants de la transition, dans le communiqué publié mardi à l'issue d'un nouveau sommet sur la crise malienne à Peduase (est du Ghana). La réunion s'est tenue un mois après le coup d'Etat militaire qui a renversé le 18 août le président Ibrahim Boubacar Keïta, soutenu pendant des années par la communauté internationale dans le combat contre les jihadistes mais déstabilisé par des mois de contestation intérieure.

Réclamant depuis le début un retour rapide à l'ordre constitutionnel, la Cédéao avait donné aux nouveaux maîtres de Bamako jusqu'à mardi pour désigner un président et un Premier ministre de transition qui dirigeraient le pays jusqu'à un retour définitif des civils, alors que le Mali se divise profondément sur cette question et beaucoup d'autres.

Les militaires qui ont fait le déplacement de Peduase derrière le chef de la junte, le colonel Assimi Goïta, n'ont rendu public aucun nom de président ou de Premier ministre à l'approche de l'expiration de l'ultimatum.

Nana Akufo-Addo, le président ghanéen.
Nana Akufo-Addo, le président ghanéen.

Le président ghanéen Nana Akufo-Addo a cependant émis des signes de progrès, au moins aux yeux des dirigeants de l'organisation ouest-africaine dont il assure la présidence tournante.

"La situation au Mali doit être résolue rapidement", a-t-il dit aux journalistes à l'issue de discussions qui semblent avoir duré plusieurs heures de plus que prévu. "Pour nous, la transition doit être dirigée par des civils", a-t-il dit affirmé, "à la minute même où cette direction sera mise en place, les sanctions imposées au Mali seront levées par la Cédéao".

La Cédéao renverra un médiateur à Bamako la semaine prochaine et le président ghanéen a émis l'espoir que la junte aura accédé d'ici là aux exigences de la Cédéao, lui permettant de lever les sanctions.

"Nous espérons que nous parlons de jours et non de semaines", a-t-il ajouté.

La Cédéao s'inquiète d'un surcroît d'instabilité dans un Sahel gagné par la propagation jihadiste, et du mauvais exemple régional que donnerait une junte maintenue durablement au pouvoir.

Elle a infligé le 20 août au Mali un embargo sur les flux financiers et commerciaux. Ces mesures inquiètent dans un pays en proie à un profond marasme économique, en plus des agissements jihadistes et des violences intercommunutaires.

Crise malienne: le point de la situation
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Nouvelles consultations annoncées

La junte, soucieuse d'une "refondation" de l'Etat, a promis de restituer les commandes aux civils à l'issue d'une période de transition. Depuis des semaines, les Maliens se divisent sur la durée de cette période et sur qui la dirigera, civil ou militaire.

Les colonels se sont rendus au Ghana avec une charte de la transition détaillant l'organisation de cette période. Ce document crucial prévoit une transition de 18 mois. Le président qui la conduirait serait un civil ou un militaire, mais il serait nommé par un collège installé par la junte. Le Premier ministre serait nommé par le président de la transition.

Le président serait flanqué d'un vice-président chargé des questions de défense et de sécurité, un poste volontiers considéré comme taillé sur mesure pour le chef de la junte, le colonel Assimi Goïta.

Les militaires ont validé cette charte à l'issue de concertations avec un certain nombre d'acteurs politiques et de la société civile la semaine passée. Mais le document est contesté comme un fait accompli par le Mouvement du 5-Juin.

Cette coalition hétéroclite a fait descendre des milliers de Maliens dans la rue pendant plusieurs mois contre le pouvoir en place, canalisant l'exaspération des Maliens. Des militaires ont fini par déposer l'ancien président Keïta le 18 août. Le M5 réclame d'être placé sur un pied d'égalité avec la junte à l'heure de la transition.

Mais les divisions dépassent largement la junte et le M5.

Les partisans d'une transition longue confiée aux militaires arguent du temps et de l'autorité nécessaires pour créer les conditions d'un redressement dans un pays au bord du gouffre.

La Cédéao avait jusqu'alors réclamé que la transition n'excède pas 12 mois. Le président ghanéen n'a pas explicitement reformulé cette demande devant les journalistes, mais a pris acte que les Maliens s'étaient entendus sur des processus de transition.

Le colonel Goïta a dit à ses interlocuteurs qu'il devait à présent "rentrer et consulter tous ceux à qui la décision appartient et obtenir leur accord", a dit le chef de l'Etat ghanéen. La junte n'a fait aucun commentaire public sur les discussions de Peduase.

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La force Barkhane a débuté la phase finale du transfert de la base de Kidal

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Le transfert de la base française de Kidal a commencé

Des soldats de l'opération Barkhane porté par les troupes françaises dans la région du Sahel en Afrique, à Inaloglog, au Mali, le 17 octobre 2017.

La force antijihadiste Barkhane a débuté mardi matin la phase finale du transfert de la base de Kidal, dans le nord du Mali, vers la force des Nations unies (Minusma) et de l'armée malienne, a indiqué l'état-major français.

"Le dernier convoi logistique est parti pour Gao ce matin à 5 heures. Un détachement de Barkhane restera sur place pour les dernières formalités administratives et logistiques", a indiqué le porte-parole de l'état-major, le colonel Pascal Ianni.

Paris a entrepris en juin de réorganiser son dispositif militaire au Sahel, en quittant notamment les bases les plus au nord du Mali (Kidal, Tombouctou et Tessalit) et en prévoyant de réduire ses effectifs dans la région d'ici à 2023 à 2.500-3.000 hommes, contre plus de 5.000 aujourd'hui.

"Le transfert vers la Minusma et les forces armées maliennes sera définitif d'ici une dizaine de jours", a ajouté le porte-parole en insistant sur "l'étroite collaboration avec les autorités et l'armée" du Mali.

Les relations entre Paris et Bamako se sont envenimées le 25 septembre, lorsque le Premier ministre de transition malien, Choguel Kokalla Maïga, a accusé la France, engagée militairement au Mali depuis 2013, d'"abandon en plein vol". Des critiques censées justifier le possible recours au groupe de sécurité privée russe Wagner, décrit comme proche du président Vladimir Poutine, pour compenser la réduction de la voilure de Barkhane.

Le détachement de Barkhane qui demeure à Kidal, dont les effectifs n'ont pas été révélés "pour des raisons de sécurité", sera amené à faire de la "réassurance" auprès des partenaires de la France, a précisé le porte-parole en insistant sur un processus "contrôlé, maîtrisé, sécurisé".

"Il n'est pas question de laisser dire qu'on abandonne le Mali", a-t-il insisté.

La Minusma compte à Kidal 1.300 soldats, des Guinéens et des Tchadiens. Les forces maliennes en rassemblent pour leur part 400, a précisé cette même source.

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