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La branche égyptienne de l'EI suspectée du massacre de la mosquée


Le président égyptien Abdel Fattah Al Sisi fait une déclaration télévisée sur l'attentat dans le nord du Sinaï, au Caire, 24 novembre 2017.

La branche égyptienne du groupe Etat islamique (EI), soupçonnée d'être responsable du massacre vendredi dans une mosquée du Sinaï, a mené plusieurs attaques sanglantes dans cette péninsule de l'est de l'Egypte, où elle mène une guerre d'usure contre le pouvoir.

L'attentat, qui a fait 305 morts dont 27 enfants, n'avait pas encore été revendiqué samedi soir.

- Base au Sinaï -

Les jihadistes sévissent dans le Sinaï depuis plusieurs années. Mais les attaques sporadiques se sont muées en une véritable insurrection après la destitution par l'armée du président islamiste Mohamed Morsi en juillet 2013.

Le principal groupe jihadiste opérant à l'époque au Sinaï, Ansar Beit al-Maqdess avait adopté une propagande reflétant sa loyauté envers le réseau Al-Qaïda.

Après la proclamation par l'EI en 2014 d'un "califat" en Syrie et en Irak, Ansar Beit al-Maqdess a alors prêté allégeance à l'EI.

Il n'existe pas de chiffres fiables sur le nombre de combattants ayant rejoint ses rangs. L'armée égyptienne affirme en avoir tué des centaines.

- Guerre d'usure -

Contrairement à la Syrie et à l'Irak, l'EI n'a pas été en mesure de s'emparer de centres urbains dans le Sinaï. En juillet 2015, les jihadistes avaient tenté de prendre la ville de Cheikh Zouweid mais avaient dû reculer, l'armée ayant déployé des F-16.

Le groupe lance régulièrement des attaques contre les forces de sécurité en ayant recours aux mêmes procédés: bombes en bord de route, tirs de snipers et attaques de checkpoints.

Ses combattants se cacheraient dans le désert montagneux au coeur du Sinaï et bénéficieraient d'une certaine liberté de mouvement entre les postes de sécurité de l'armée, loin des grandes routes.

Des cellules dormantes mènent également des attentats dans la capitale du nord du Sinaï, Al-Arich, et ailleurs en Egypte.

Selon les autorités, les jihadistes sont bien armés. Ils possèdent des missiles antichars, des mitrailleuses et des explosifs de contrebande venus notamment de Libye voisine.

Mais l'ampleur de l'attaque de vendredi, contre un lieu de culte musulman, a choqué jusqu'aux partisans de l'EI qui, sur les réseaux sociaux, affirmaient que les jihadistes ne pouvaient l'avoir commise.

Citant des témoins, le procureur général a indiqué que les assaillants --entre 25 et 30-- avaient brandi la bannière noire de l'organisation extrémiste durant l'attaque.

Ces dernières années, l'EI s'est aussi tourné vers des cibles civiles, attaquant non seulement des chrétiens et des soufis mais aussi des habitants bédouins du Sinaï accusés de collaborer avec l'armée.

- Zones d'ombre -

Peu d'informations filtrent sur les chefs du groupe et les services de sécurité évitent de divulguer leur identité, sauf pour annoncer leur décès.

Dirigeants et combattants seraient en majorité des bédouins et des Egyptiens. Plusieurs Palestiniens de la bande de Gaza auraient également été tués en combattant dans les rangs d'Ansar Beit al-Maqdess, selon le groupe.

En 2016, l'armée a annoncé avoir tué le commandant du groupe au Sinaï, Abou Douaa al-Ansari, dans des frappes aériennes. Il se serait d'abord appelé Mohamed Freij, le frère de Tawfiq Freij, fondateur défunt d'Ansar Beit al-Maqdess.

L'EI a ensuite confirmé sa mort, assurant l'avoir remplacé par un autre commandant, Abou Hajar al-Hashemi.

Un jihadiste capturé a indiqué aux enquêteurs que l'identité du chef du groupe dans le Sinaï était inconnue et que les instructions lui étaient transmises par l'intermédiaire d'un subordonné.

Sous le haut commandant, les responsabilités sont réparties entre ceux dirigeant les sections de la "sécurité", des "affaires militaires", de la fabrication des bombes et de la propagande.


Avec AFP

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