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La Banque mondiale ne financera plus l'exploration de pétrole et de gaz après 2019

Des participants au sommet climat à Boulogne-Billancourt près de Paris, France, le 12 décembre 2017.

La Banque mondiale (BM) arrêtera de financer après 2019 l'exploration et l'exploitation de pétrole et de gaz, a-t-elle annoncé mardi à l'occasion du sommet climat de Paris.

L'institution multilatérale souhaite ainsi "aligner sur les objectifs de l'accord de Paris" les financements qu'elle accorde aux Etats, a-t-elle expliqué dans un communiqué, une décision saluée par l'ONG Greenpeace.

Si de plus en plus d'acteurs financiers affichent leur volonté de se désengager du charbon, énergie la plus polluante, la Banque mondiale est la première banque multilatérale à prendre un tel engagement dans l'exploration et la production de pétrole et de gaz.

"Il était temps pour la Banque mondiale d'agir sur ce sujet. Il était temps d'ouvrir la voie", a déclaré à la presse Jim Yong Kim, président de la Banque mondiale.

"Nous devons essayer de regarder ce que sera la production énergétique dans le monde à l'avenir", a-t-il ajouté, évoquant notamment la montée en puissance du solaire, des technologies de stockage d'électricité ou encore la géothermie.

En 2016, les financements de la Banque mondiale dans l'industrie pétrolière et gazière ont représenté près d'1,6 milliard de dollars, soit moins de 5% de la totalité des financements accordés la même année.

Les financements dans l'exploration et la production comptaient eux pour environ 2% du portefeuille de la Banque, qui affirme être "en ligne" avec son objectif de dédier 28% de ses prêts à la lutte en faveur du climat d'ici 2020.

Toutefois, dans certaines "circonstances exceptionnelles", la Banque pourra continuer de financer des projets dans le gaz "dans les pays les plus pauvres où il y a un bénéfice clair en terme d'accès à l'énergie", et à condition qu'ils ne soient pas en contradiction avec les engagements de ces pays dans l'accord international de Paris sur le climat, signé en 2015.

Le mois dernier, la Banque centrale de Norvège avait également recommandé au fonds souverain du pays, le plus important du monde, de se retirer des entreprises du secteur des hydrocarbures.

"La fin approche clairement pour l'industrie du gaz et du pétrole", a réagi Greenpeace. Estimant que la Banque mondiale "a envoyé une motion de censure" à l'industrie des énergies fossiles, l'ONG appelle désormais les autres institutions financières à lui emboîter le pas.

Par ailleurs, à partir de l'an prochain, l'institution, qui est la plus importante banque multilatérale du monde, publiera tous les ans les émissions de gaz à effet de serre des projets qu'elle finance dans les secteurs les plus émetteurs, comme l'énergie, a-t-elle encore annoncé.

Elle va également généraliser la prise en compte d'un prix interne du carbone dans ses futurs investissements.

La Banque mondiale est la co-organisatrice, avec l'ONU et la France, du sommet climat qui se tient à Paris ce mardi.

L'objectif de ce rendez-vous, initié par le président français Emmanuel Macron, est de renforcer la mobilisation de la finance mondiale, privée et publique, pour lutter contre le réchauffement climatique.

De nombreux experts (associations, économistes) ont appelé ces derniers jours à supprimer les subventions aux énergies fossiles (charbon, pétrole, gaz) afin de pouvoir financer le développement des énergies renouvelables et ainsi limiter le réchauffement climatique sous les 2 degrés, objectif de l'accord de Paris.

Avec AFP

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Annexion du Golan: Trump rompt de nouveau avec le consensus international

Le président Donald Trump lors d'un point de presse au jardin Rose de la Maison Blanche, Washington, 25 janvier 2019.

En se disant favorable à la reconnaissance de la souveraineté d'Israël sur le plateau du Golan, Donald Trump rompt de nouveau avec le consensus international, au risque de justifier l'expansionnisme d'autres pays, selon les experts.

Israël a conquis une grande partie du Golan lors de la guerre des Six Jours en 1967 et l'a annexée en 1981, mais la communauté internationale n'a jamais reconnu cette annexion. Jeudi, le président américain a tweeté que "52 ans après", il était "temps" pour les Etats-Unis de la reconnaître.

Le droit international "interdit d'accroître son territoire par la guerre", a rappelé vendredi l'ancien diplomate Richard Haas, président du centre de réflexion Council on foreign relations (CFR).

"C'est un des principes les plus fondamentaux de l'ordre international et c'est ce qui a servi de base à l'opposition américaine à la conquête du Koweït par Saddam Hussein et de la Crimée par Poutine", a-t-il ajouté.

Il faisait référence à la guerre du Golfe qui a permis de bouter l'ex-dictateur irakien hors du Koweït en 1991 et le rattachement de la région ukrainienne de la Crimée par le président russe Vladimir Poutine en 2014.

Les Etats-Unis, qui ont imposé des sanctions à la Russie après son annexion de la Crimée, mènent-ils une politique internationale à deux vitesses? "Pas du tout", a répondu le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo dans un entretien à Sky News.

"Ce que le président Trump a fait avec le plateau du Golan est de reconnaître la réalité du terrain et la situation sécuritaire nécessaire à la protection de l'Etat israélien. C'est aussi que simple que cela", a-t-il expliqué.

- "Loi de la jungle" -

Ce n'est pas la première fois que M. Trump balaie de la main les conventions internationales pour apporter son soutien au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, aujourd'hui confronté à une réélection incertaine: en décembre 2017, il avait reconnu unilatéralement Jérusalem comme la capitale d'Israël.

Mais cette fois-ci, Washington va plus loin, a estimé l'ancien chef de la diplomatie suédoise Carl Bildt. "C'est de nouveau la loi de la jungle", a-t-il tweeté. "Le Kremlin va applaudir et appliquer le même principe à la Crimée, Pékin va applaudir et appliquer le même principe à la mer de Chine méridionale".

Les Européens et les pays arabes se sont de fait inquiétés de l'intention affichée par M. Trump, qui n'a pas encore été formalisée.

La France a immédiatement estimé que la reconnaissance de cette annexion serait "contraire au droit international", rappelant que "cette situation a été reconnue comme nulle et non avenue par plusieurs résolutions du Conseil de sécurité" des Nations unies.

La Syrie l'a rejetée vendredi comme "une violation flagrante du droit international", jurant que "le Golan est et restera arabe et syrien".

A New York, l'ambassadeur de Syrie à l'ONU, Bashar Ja'afari, a affirmé que le régime de Damas n'hésiterait pas à faire usage de la force pour récupérer le plateau du Golan. "C'est notre territoire, et nous le récupèrerons tôt ou tard", a-t-il dit.

Le président turc a jugé que la région était au bord d'une "nouvelle crise". "Nous n'autoriserons jamais la légitimation de l'occupation du plateau du Golan", a ajouté Recep Tayyip Erdogan qui, bien qu'hostile au président syrien Bachar al-Assad, ne cesse de dire son attachement à l'intégrité territoriale de la Syrie, craignant l'émergence d'une entité kurde dans les zones frontalières de la Turquie.

Pour Ilan Goldenberg, du Center for a new american security, la décision de M. Trump sur le Golan "aura un goût amer: elle affaiblit la sécurité d'Israël et affecte les intérêts des Etats-Unis au Moyen-Orient et au-delà, tout en donnant un coup de pied dans une fourmilière qui n'en avait vraiment pas besoin".

"Si Washington cesse de respecter les principes internationaux, il faut s'attendre à ce que d'autres Etats annexent des territoires de leurs voisins", a ajouté cet expert, évoquant la possibilité que l'Arabie saoudite envahisse le Qatar.

Pour Steven Cook, un expert du Proche-Orient au CFR, Donald Trump aurait mieux fait de s'abstenir: le statu quo satisfaisait tout le monde, y compris la Syrie, alors que reconnaître officiellement l'annexion du Golan "va créer de l'opposition, là où il y avait jusque là de l'acceptation".

"Israël est sur le Golan pour ses propres raisons, et rien de ce que l'administration Trump décidera n'y changera quoi que ce soit", conclut-il.

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