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Tchad

La BEAC veut lutter contre le blanchiment d'argent

Siège de la BEAC au Tchad, N'Djamena, 25 juillet 2019. (VOA/André Kodmadjingar)

Au Tchad, les responsables de la BEAC, la Banque Centrale des Etats d’Afrique Centrale appellent à l’application stricte des lois sur les transactions bancaires dans la région. L’objectif est de mieux lutter contre le blanchiment d’argent.

La nouvelle réglementation d’échange que la commission bancaire de l’Afrique centrale entend vulgariser auprès des Etats membres de la Zone CEMAC est une loi portant sur l’encadrement de toute transaction courante ou en capital pour les paiements.

Une rencontre de cinq jours des membres de la BEAC a eu lieu à N’Djamena et s'est achevé jeudi 18 juillet.

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"On était dans un cas de figure où il y a une loi qui était pertinente, rigide mais qui n’était pas appliquée", explique Abbas Mahamat Toli, gouverneur de la BEAC et président de la commission bancaire de l’Afrique centrale.

"Si nous voulons avoir un franc CFA fort qui préserve l’épargne publique et les pouvoirs d’achat, nous avons justement besoin de ce texte".

Pour lui, l’ancien dispositif sur la réglementation d’échange instauré en 2000, a des limites liées à la conjoncture économique, mais aussi et surtout à l’évolution de la technologie et du cadre normatif au niveau de la CEMAC et de la banque centrale.

Il juge ce nouveau dispositif approprié. "Les pratiques ont changé, il y a plusieurs supports de paiement : vous avez les cartes privatives, les cartes de crédit, les paiements électroniques qui se font sur Internet", souligne-t-il. "Ce texte vient réglementer ce qu’elles doivent faire et ce qu’elles ne doivent pas faire".

Pour l’administrateur directeur général de la société de télécommunication du Cameroun, le docteur Pédhom Victor, "il sera question de former le personnel à cette nouvelle réglementation et d’aller vers les partenaires pour leur montrer quel est l’intérêt de cette nouvelle réglementation tant pour eux que pour nous et pour la communauté entière. Le terrorisme est une réalité et c’est de la prévention".

Selon les autorités monétaires, l’espace dans lequel évolue l’industrie bancaire de la CEMAC nécessite une cyber sécurité adéquate et donc les instances des gouvernances devraient prendre en compte les préoccupations liées à l’environnement numérique pour la lutte contre ce fléau.

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Les Tchadiens lancent une nouvelle offensive militaire contre Boko Haram

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La déclaration de l'état d'urgence dans une province tchadienne suscite des craintes

Le président du Tchad, Idriss Deby, lors de la 33e session ordinaire du sommet de l'Union africaine, à Addis-Abeba, le 10 février 2020. (Photo: MICHAEL TEWELDE / AFP)

Au Tchad, le gouvernement a institué l’état d’urgence dans les départements de Fouli et de Kaya dans la province du Lac et les a déclarés "zones de guerre".

Les populations sont sommées de quitter immédiatement les villages situés sur les îles du Lac Tchad. Déclarés "zones de guerre", les départements de Fouli et Kaya, dans la province du Lac, viennent d’être placés sous l’état d’urgence pour une période allant jusqu'au 16 avril.

La décision fait suite à l’attaque récente par Boko Haram d'une position de l’armée tchadienne à Bohoma, une localité de la province. Près de 100 soldats tchadiens ont été tués.

Pendant ce régime d’exception, il sera interdit de circuler. Les autorités pourront organiser des perquisitions dans les domiciles et instaurer un couvre-feu de 22h à 6h du matin. Les autorités pourront également contrôler la presse et les publications.

Une situation qui inquiète les organisations de la société civile.

Crainte de débordements

Max Loalngar, président de la Ligue tchadienne des droits de l’homme (LTDH), craint un excès de zèle des agents de sécurité. Il dit avoir en mémoire les exactions qui ont été commises à l’est du pays dans un contexte similaire.

Max Loalnagr président de la LTDH à droite et Mahamat Ibedou de la CTDDH à droite, au Tchad, le 30 mars 2020. (VOA/André Kodmadjingar)
Max Loalnagr président de la LTDH à droite et Mahamat Ibedou de la CTDDH à droite, au Tchad, le 30 mars 2020. (VOA/André Kodmadjingar)

"Les mesures qui ont été prises restreignent les libertés publiques", dénonce le président de la LTDH.
"Nous attirons l’attention du gouvernement sur des éventuelles dérives qui seraient contre-productives", avertit-il.

Préoccupé du sort des civils, il s'interroge si les mesures prises dans ce contexte ne vont pas aggraver une situation déjà difficile.

"Quand on se rend compte que les populations ont été appelées à partir de leurs maisons sans délai, c’est un peu exagéré. Il n’y a aucune mesure de sécurité, mais ils iront où?", déplore Max Loalngar.

Pour Abdéramane Djasnavaye, le président de l’Alliance tchadienne pour la démocratie et le développement (ATD), membre de la majorité présidentielle, le gouvernement a raison de prendre ces mesures pour accorder une marge de manoeuvre à l’armée nationale.

Abdéramane Djasnabaye, président de l'ATD, au Tchad, le 30 mars 2020. (VOA/André Kodmadjingar)
Abdéramane Djasnabaye, président de l'ATD, au Tchad, le 30 mars 2020. (VOA/André Kodmadjingar)

"Les droits de l’homme doivent reculer face à la sécurité", tranche le président de l’ATD, avant de préciser que "quand il n’y a pas la sécurité, il n’y a pas aussi les droits de l’homme, donc la priorité est donnée d’abord à la sécurité pour régler le problème".

Le coronavirus, une autre inquiétude

Max Loalngar exprime d’autres inquiétudes liées au risque de contamination de covid-19.

"Cette zone fait frontière avec pratiquement trois pays: le Cameroun, le Nigeria et le Niger où des cas de covid-19​ ont été signalés", rappelle-t-il. "Il est à craindre que ces populations aient été en contact avec les populations riveraines et donc si elles doivent migrer à l’intérieur du territoire, le risque de contamination est à grande", prévient l'activiste.

Selon des sources proches de la Cellule de veille et de sécurité sanitaire, des mesures sont prises pour éviter toute contamination si un cas arrive à être confirmé.

Etat d’urgence dans les départements de Fouli et de Kaya

Etat d’urgence dans les départements de Fouli et de Kaya
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Deux départements déclarés "zone de guerre" par N'Djamena après l'attaque au lac Tchad

Des soldats tchadiens sur des chars lors de leur retour du Niger voisin où ils combattaient le mouvement islamiste Boko Haram, à N’Djamena, 11 décembre 2015.

Deux des cinq départements de la province du Lac, au Tchad, ont été déclarés "zone de guerre" par les autorités qui promettent une "riposte foudroyante" après la mort de 98 soldats tchadiens dans une attaque du groupe jihadiste Boko Haram lundi.

"Les départements de Fouli et de Kaya, dans la province du Lac sont déclarés +Zone de guerre+", selon un décret signé jeudi par le président Idriss Déby Itno, consulté par l'AFP.

Le Conseil des ministres a adopté vendredi l'état d'urgence dans ces deux départements, situés à la frontière avec le Niger et le Nigeria. Cette disposition accorde notamment aux autorités militaires et administratives le droit d'interdire la circulation ou d'ordonner des perquisitions à domicile de jour comme de nuit.

L'armée tchadienne, considérée comme l'une des plus efficaces en Afrique, a subi un rude coup avec la perte en une journée de 98 soldats, lors d'une attaque de Boko Haram à Bohoma, dans le département de Fouli.

Le président Déby s'est immédiatement rendu sur les lieux, où il a promis à la télévision nationale une "riposte foudroyante".

L'insurrection de Boko Haram est née en 2009 au Nigeria, avant de se propager au Cameroun, au Niger et plus tard, en 2015, au Tchad.

Depuis cette date, ces pays luttent contre ces jihadistes au sein de la Force multinationale mixte (FMM), une coalition régionale engagée autour du lac Tchad avec l'aide de comités de vigilance composés d'habitants.

Après un affaiblissement du groupe jihadiste, aujourd'hui divisé en plusieurs factions, les attaques se sont intensifiées en 2019.

Cette détérioration a conduit le Tchad, en janvier 2020, à redéployer 1.200 de ses soldats au sein de la FMM, du Nigeria au côté tchadien du Lac, où plusieurs attaques meurtrières avaient été rapportées.

Pour expliquer la défaite de Bohoma, un officier supérieur a affirmé à l'AFP sous le couvert de l'anonymat que la garnison avait été affaiblie par l'envoi d'un bataillon sur un terrain extérieur.

Le Tchad a promis ces derniers mois d'envoyer 480 soldats dans la "zone des trois frontières", aux confins du Mali, du Burkina Faso et du Niger, pour y lutter contre les groupes jihadistes.

L'envoi par le Tchad de troupes hors de ses frontières, en échange de financements, commence à agacer une partie de la société civile qui s'inquiète de la multiplication des attaques dans le Lac.

Les autorités tchadiennes ferment les marchés pour éviter la propagation du coronavirus

Ecoles et universités hermétiquement fermés, au Tchad, le 26 mars 2020. (VOA/André Kodmadjingar)

Au Tchad, après la fermeture des établissements d’enseignements, des bars et alimentations, les lieux de culte, le regroupement de plus de 50 personnes, les marchés sont fermés. Certains commerçants profitent pour faire la spéculation des prix des produits de première nécessité.

Le président Idriss Deby a mis en garde les commerçants qui augmentent de façon vertigineuse les prix des denrées alimentaires. "Cette pratique est inadmissible", dit-il.

"J’instruis fermement les services compétents à l’effet de traquer et traduire en justice tous les commerçants qui s’adonnent à ce jeu. Les opération de surveillance de prix doivent s’intensifier sur toute l’étendue du territoire national pour mettre fin à cette pratique qui n’honore pas le secteur privé", avertit le président Déby.

Face à la gravité de la situation, certains consommateurs affirment à VOA Afrique que "ça va être trop compliqué mais on est obligé d’admettre ces mesures de précaution pour notre santé". Ils lancent un appel à toute la population de respecter ces mesures usuelles d’hygiène.

"C’est pour notre santé donc moi j’accepte, et quand ça va passer on va toujours ouvrir nos salons, les bars, les marchés et consorts", a indiqué une tenancière de salon de coiffure.

Dr Sitack Yombatina Béni, enseignant chercheur à l'ENA, au Tchad, le 26 mars 2020. (VOA/André Kodmadjingar)
Dr Sitack Yombatina Béni, enseignant chercheur à l'ENA, au Tchad, le 26 mars 2020. (VOA/André Kodmadjingar)

Pour l’universitaire Sitack Yombatinan Béni, le gouvernement doit penser aux mesures d’accompagnement avant de s’en prendre aux commerçants qui font de la spéculation.

"Le gouvernement devrait plutôt mettre en place un plan de sauvetage", déclare-t-il.

La lutte contre le covid-19 pénalise également les détenus préventifs qui attendent d’être jugés. Toutes les audiences publiques sont suspendues jusqu’à nouvel ordre, sauf les audiences des flagrants délits.

Selon les dernières données de l'Organisation mondiale de la santé, le Tchad comptabilise trois cas de coronavirus. Aucun décès n'a été enregistré dans le pays à ce jour.

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