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Droits humains

L'UE prête à un "nouveau départ" avec Israël mais attend des gages

Josep Borrell, ministre des affaires étrangères et de la politique de sécurité de l'Union européenne au siège de l'UE à Bruxelles, le 7 janvier 2020.

L'UE est prête à un "nouveau départ" avec Israël, mais attend du nouveau gouvernement des gages de sa volonté de trouver une solution avec les Palestiniens, a annoncé lundi le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, après une réunion avec le ministre des Affaires étrangères Yaïr Lapid.

"Nous attendons qu'Israël offre une perspective politique pour trouver une solution avec les Palestiniens. L'UE est prête à les aider à relancer le processus de paix, mais nous savons que ce n'est pas pour demain", a déclaré Josep Borrell, au cours d'une conférence de presse, après une réunion avec les ministres des Affaires étrangères de l'UE et un déjeuner de travail avec leur homologue israélien.

"Nous sommes prêts à reprendre les relations bilatérales, mais il existe encore de sérieuses divergences entre les membres de l'UE pour relancer le conseil d'association avec Israël qui ne s'est pas réuni depuis 2008", a-t-il souligné.

"Beaucoup sont pour, mais d'autres pas. Or pour relancer le conseil d'association, il faut que les 27 trouvent un consensus. Et il faut que le nouveau gouvernement israélien démontre que les choses ont changé depuis 2008, notamment sur la politique de colonisation", a-t-il précisé.

"Israël doit apporter sa pierre à l'édifice", a-t-il conclu. "M. Lapid s'est prononcé publiquement pour la solution de deux Etats, mais nous attendons un engagement crédible", a-t-il expliqué.

"La Belgique, comme l'UE, demande la fin de l'occupation et de la politique de colonisation, y compris à Jérusalem-Est", a déclaré la ministre belge des Affaires étrangères, Sophie Wilmès, dans un communiqué.

"La démolition et la confiscation de propriétés dans la communauté palestinienne de Humsa - Al Bqai'a la semaine dernière sont extrêmement préoccupantes", a-t-elle souligné.

Chef de l'opposition à Benjamin Netanyahu, Yaïr Lapid a réussi in extremis début juin à réunir une majorité en formant une coalition réunissant deux partis de gauche, deux de centre, trois de droite et - fait rarissime- la formation arabe Raam de Mansour Abbas.

Pour s'assurer du soutien de Naftali Bennett, ancien allié de Benjamin Netanyahu, Yaïr Lapid lui a proposé d'être d'abord le Premier ministre pour deux ans, avant d'enfiler lui-même en août 2023 le costume de chef de gouvernement.

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L'Ouganda ne renouvellera pas le mandat du Haut-Commissariat des droits de l'Homme de l'ONU

Le président de l'Ouganda, Yoweri Museveni.

Un expert membre du comité des Nations Unies contre la torture avait affirmé en novembre 2022 que "la torture et les mauvais traitements" restaient "largement et fréquemment pratiqués en Ouganda".

L'Ouganda ne renouvellera pas le mandat du Haut-Commissariat des droits de l'Homme des Nations Unies qui doit prendre fin cette année, estimant avoir "développé des institutions internes dynamiques sur les droits humains", a annoncé mercredi à l'AFP le gouvernement, aussitôt critiqué par l'opposition.

Enquête en Ouganda après l'explosion d'une bombe dans un bar
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"L'ensemble de l'Ouganda est pacifique et nous avons développé des institutions internes dynamiques comme la Commission ougandaise des droits de l'Homme", a déclaré Henry Oryem Okello, ministre adjoint des Affaires étrangères, pour justifier ce non renouvellement du mandat du Haut-Commissariat des droits de l'Homme onusien, établi depuis 2005 dans ce pays d'Afrique de l'Est.

Les autorités ougandaises ont informé le Haut-Commissariat des droits de l'Homme (HCDH) de l'ONU dans une lettre transmise le 3 février, consultée par l'AFP, affirmant que "le gouvernement poursuivra sa coopération avec le siège du HCDH directement ou par l'intermédiaire de sa mission permanente à Genève".

Cette décision a été critiquée par Muwada Nkunungi, membre de la Plate-forme d'unité nationale dirigée par Robert Kyagulanyi, alias Bobi Wine, l'un des principaux opposants au président Yoweri Museveni.

"Le gouvernement de Museveni est paranoïaque. Il n'est pas surprenant qu'ils ne renouvellent pas le mandat parce qu'ils craignent le strict respect des droits humains" a déclaré à l'AFP Muwada Nkunyingi, poursuivant: "Le gouvernement veut violer les droits humains sans entrave".

Le bureau des droits de l'Homme à Kampala n'a pour l'heure pas donné suite aux sollicitations de l'AFP. Lors de la dernière élection présidentielle, en 2021, des journalistes ont été attaqués, des avocats emprisonnés et plusieurs dirigeants de l'opposition muselés.

Un expert membre du comité des Nations Unies contre la torture avait affirmé en novembre 2022 que "la torture et les mauvais traitements" restaient "largement et fréquemment pratiqués en Ouganda". L'Ouganda occupe la 132e place (sur 180) du classement mondial 2022 de la liberté de la presse établi par l'ONG de défense des journalistes Reporters sans frontières.

L'activiste ivoirienne Pulchérie Gbalet a été libérée après 5 mois de prison

Pulchérie Edith Gbalet à Abidjan en Côte d'Ivoire le 12 août 2020.

Pulchérie Gbalet avait été arrêtée le 22 août 2022 après un voyage au Mali où étaient détenus 49 soldats ivoiriens accusés d'être des "mercenaires".

Une figure de la société civile ivoirienne, Pulchérie Gbalet, a annoncé sur sa page Facebook avoir été libérée vendredi soir, après plus de cinq mois de prison pour "entente avec les agents d'une puissance étrangère".

"Merci pour vos prières, votre icône vient d'être libérée", est-il écrit sur sa page Facebook, une libération confirmée par ses proches.

Mme Gbalet, présidente de l'organisation Alternative citoyenne ivoirienne (Aci), avait été arrêtée puis incarcérée le 22 août 2022 à la Maison d'arrêt et de correction d'Abidjan (Maca).

Une incarcération liée à un voyage au Mali où étaient alors détenus 49 soldats ivoiriens accusés d'être des "mercenaires" par les militaires au pouvoir à Bamako, le gouvernement ivoirien affirmant qu'ils se trouvaient en territoire malien pour le compte de l'ONU.

Trois femmes soldats ont été libérés en septembre, puis les 46 autres soldats début janvier après de longues négociations menées en particulier sous la médiation du Togo.

Mme Gbalet s'était prononcée en faveur d'une "solution diplomatique" pour résoudre la crise, laissant entendre que ce n'était pas celle qui était privilégiée par les autorités ivoiriennes.

Pour ces déclarations, elle avait été accusée "d'entente avec les agents d'une puissance étrangère de nature à nuire à la situation militaire et diplomatique de la Côte d'Ivoire, de manoeuvres de nature à jeter le discrédit sur les institutions et à occasionner des troubles graves à l'ordre public".

Lors de son séjour au Mali, Mme Gbalet avait rencontré des responsables d'ONG et des proches de la junte militaire au pouvoir depuis août 2020 dans ce pays, évoquant avec eux le sort des soldats ivoiriens détenus.

Pulchérie Gbalet, proche de l'opposition au président Alassane Ouattara, avait déjà été incarcérée pendant huit mois entre août 2020 et avril 2021 pour avoir manifesté et appelé à manifester contre la candidature du chef de l'Etat à un nouveau mandat à la présidentielle d'octobre 2020.

Après sa nouvelle incarcération en août dernier, des organisations de défense des droits de l'homme avaient dénoncé son "arrestation irrégulière", ainsi qu'une "atteinte grave à la liberté d’expression".

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