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L'Ordre de Malte avalise la démission de son Grand maître


Le numéro trois de l'Ordre de Malte, l'Allemand Albrecht Freiherr von Boeselager, durant une réunion de l’université Sacro Cuore à Rome, Italie 14 2016.

Le gouvernement de l'Ordre de Malte a accepté samedi la démission de son Grand maître, exigée par le pape François, et rétabli son numéro 3, dont l'éviction sous l'influence des conservateurs avait été à l'origine de la crise, a annoncé l'Ordre samedi dans un communiqué.

Les chevaliers de Malte ont aussi accepté le "délégué papal" que le pontife argentin entend placer à leur tête, tout en précisant qu'il serait chargé du "renouveau sprirituel" de l'Ordre.

L'actuel numéro 2, le "Grand commandeur" Ludwig Hoffmann von Rumerstein, puis le prochain Grand Maître quand il aura été élu, s'occuperont pour leur part du "gouvernement" de l'Ordre souverain, en particulier des relations avec les Etats.

L'affaire a été déclenchée par la découverte de distributions de préservatifs, bannis par l'Eglise catholique comme tous les contraceptifs, dans des dispensaires de l'Ordre de Malte au Soudan du Sud, au Kenya et en Birmanie.

Selon des sources proches du dossier, cela avait servi de prétexte pour limoger début décembre le numéro trois de l'Ordre de Malte, l'Allemand Albrecht Freiherr von Boeselager, même si ce dernier avait mis fin aux distributions dès qu'il en avait eu connaissance.

L'Ordre, né durant les croisades, semble tiraillé entre des tenants d'une vision traditionnelle et des voix plus progressistes souhaitant concentrer les efforts sur les activités humanitaires. Actif dans 120 pays, il gère de nombreux hôpitaux et dispensaires, avec 13.500 membres et 100.000 employés ou bénévoles.

L'autre clef du conflit s'explique par la présence au sein de l'Ordre du cardinal américain ultra-conservateur Raymond Burke, le plus virulent opposant du pape, nommé au poste honorifique de représentant du Saint-Siège auprès des chevaliers de Malte quand François a voulu l'écarter du gouvernement du Vatican.

Mgr Burke était présent lors du limogeage du numéro 3 et aurait conseillé le Grand maître.

Le 21 décembre, le pape avait nommé une commission d'enquête sur ce limogeage, première étape d'une âpre bataille de communiqués avec l'Ordre, dont le Grand Maître dénonçait une ingérence dans ses affaires internes.

Fra' Matthew Festing, Prince et 79ème Grand maître de l'Ordre, normalement élu à vie, a finalement donné sa démission mardi lors d'une rencontre avec le pape.

Réuni samedi, le "Souverain Conseil" de l'Ordre a non seulement avalisé ce départ mais aussi rétabli Albrecht Freiherr von Boeselager, et "remercié" le pape pour sa "sollicitude" et son "soutien".

Avec AFP

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