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Guinée

L'opposition veut boycotter et empêcher les législatives de février

Le leader de l'opposition guinéenne Cellou Dalein Diallo le 7 novembre 2019 à Conakry

L'opposition guinéenne a annoncé lundi à Conakry qu'elle allait boycotter les législatives prévues le 16 février et empêcher leur tenue, dans un pays en proie à des violences meurtrières en raison de l'intention prêtée au chef de l'Etat de briguer un troisième mandat en 2020.

"Nous avons décidé que nous ne pouvons pas participer. Il ne s'agit pas de boycotter et de rester les bras croisés. Nous allons empêcher que ces élections aient lieu", a déclaré le chef de file de l'opposition, Cellou Dalein Diallo, à l'issue d'une réunion des dirigeants d'une vingtaine de partis d'opposition.

Dénonçant une "mascarade électorale", M. Diallo a justifié cette décision par des divergences avec le pouvoir, notamment sur la révision du fichier électoral. "Il y a eu un enrôlement massif des mineurs", tandis que "des gens qui en ont le droit n'ont pas été autorisés de s'enrôler", a-t-il affirmé. "Nous ne pouvons pas accepter qu'une élection basée sur ce fichier soit organisée", a-t-il ajouté.

"Nous avons pris une importante décision aujourd'hui qui va consister à ne plus (entrer en compétition) avec (le président) Alpha Condé tant que les conditions d'une élection libre et transparente ne sont pas réunies", a abondé un autre responsable de l'opposition, Etienne Soropogui.

L'annonce du boycott des législatives intervient alors que la contestation contre l'intention prêtée au président Condé de briguer un troisième mandat ne faiblit pas dans ce petit pays de 13 millions d'habitants d'Afrique de l'Ouest, pauvre malgré d'importantes ressources minières.

Le 19 décembre, le chef de l'Etat, élu en 2010 puis réélu en 2015, a rendu public un projet de nouvelle Constitution, à soumettre au peuple guinéen à une date non précisée.

L'opposition guinéenne a immédiatement crié au "coup d'Etat constitutionnel" et confirmé son appel à manifester massivement jeudi 26 décembre.

La manœuvre prêtée au président guinéen a provoqué depuis deux mois des manifestations ayant rassemblé à Conakry et en province des dizaines, voire des centaines de milliers de Guinéens opposés à cette perspective.

La contestation, durement réprimée à plusieurs reprises, a causé la mort d'au moins vingt civils et un gendarme. Des centaines de personnes ont été arrêtées. Les défenseurs des droits de l'homme dénoncent l'usage excessif de la force, des arrestations arbitraires et l'impunité des forces de sécurité.

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L'opposition suspend ses manifestations anti-Condé

Le chef de l'opposition Cellou Dalein Diallo à Conakry, Guinée, samedi 28 septembre 2013. (AP Photo / Idrissa Soumare)

L'opposition guinéenne a annoncé mercredi une suspension de ses manifestations contre un projet de troisième mandat attribué au président Alpha Condé, après trois jours de protestations ayant fait au moins trois morts.

Par ailleurs, la campagne pour les élections législatives prévues le 16 février va débuter "jeudi à minuit" jusqu'au 14 février, selon un décret présidentiel lu mercredi soir sur les médias d'Etat.

L'opposition, qui voit en ces législatives une manoeuvre du président Condé pour renforcer son pouvoir, a annoncé qu'elle boycotterait le scrutin et en empêcherait sa tenue, à cause de divergences avec le pouvoir sur son organisation.

Le Front national pour la défense de la Constitution (FNDC), le collectif de partis, de syndicats et de membres de la société civile qui mène la protestation depuis trois mois contre un éventuel troisième mandat de M. Condé, "suspend à partir de ce jour 15 janvier 2020 les manifestations", selon un communiqué publié mercredi soir.

Le Front vise à travers cette suspension à "procéder dans le calme à l'enterrement de nos victimes et permettre aux Guinéens de se réapprovisionner" en produits de consommation.

Il avait appelé à une mobilisation "massive" et "illimitée" à travers le pays à partir de lundi.

La mobilisation a fait depuis lundi au moins trois morts, dont un à Conakry et deux à Labé (nord), selon les familles des victimes, des sources médicales et de sécurité.

Depuis la mi-octobre, le FNDC a fait descendre dans la rue à plusieurs reprises des dizaines ou des centaines de milliers de Guinéens dans ce petit pays de 13 millions d'habitants. Plus de 20 civils ont été tués, ainsi qu'un gendarme, et des dizaines de personnes arrêtées.

L'opposition est convaincue que le chef de l'Etat, élu en 2010 et réélu en 2015, entend se représenter fin 2020 alors que la Constitution limite à deux le nombre de mandats présidentiels.

Elle a été confortée dans ses craintes en décembre quand M. Condé, 81 ans, a indiqué qu'il comptait soumettre aux Guinéens un projet de nouvelle Constitution, même s'il ne s'est pas exprimé sur ses intentions personnelles.

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