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L’opposition tchadienne accuse Déby d'instrumentaliser une réforme pour s’éterniser au pouvoir

Mahamat Ahmat Al-Habo, coordinateur de Front de l'opposition nouvelle pour l'alternance et le changement (Fonac) lors d’une conférence de presse à N’Djamena, 31 mars 2018. (VOA/ André Kodmadjingar)

Le Front de l'opposition nouvelle pour l'alternance et le changement (Fonac) a accusé samedi le président tchadien d’instrumentaliser une réforme constitutionnelle pour s’éterniser au pouvoir.

" En organisant le forum national inclusif sur les réformes institutionnelles, le président Deby prend les Tchadiens pour des demeurés et des canards sauvages ", a déclaré lors d’une conférence de presse à N’Djamena, Mahamat Ahmat Al-Habo, coordinateur de la plateforme d’opposition.

M. Deby "veut mourir au pouvoir et veut se faire l'image de Bokassa, un monarque absolu, un dictateur et donc un généralissime tout cour", a-t-il ajouté.

>> Lire aussi : L'opposition dénonce une réforme constitutionnelle renforçant les pouvoirs du président au Tchad

Le Fonac condamne et rejette les résolutions de ce forum qu'il qualifie de "grossière et fantaisiste qui n'apporterait aucun changement dans l'amélioration des conditions de vies des tchadiens".

Pour l’oppositon, le prochain passage à un "régime présidentiel intégral", pilier d'une nouvelle 4e république, va renforcer les pouvoirs du président du Tchad dirigé depuis 1990 par Idriss Déby Itno.

"On revient à la Constitution de 1962 où le président est chef de l'Etat, chef du gouvernement et où il doit présenter son gouvernement devant l'Assemblée nationale", souligne un constitutionnaliste tchadien sous couvert d'anonymat.

Il n'y aura donc plus de Premier ministre, et la création d'un poste de vice-président un temps envisagée n'a pas été approuvée par les 700 participants à un forum sur les réformes institutionnelles qui vient de s'achever mardi à N'Djamena, boycotté par l'opposition.

Les résolutions adoptées à l'issue de ce forum de huit jours seront prises en compte pour la révision de la Constitution de 1996, promesse électorale de 2016 du candidat Déby, et le passage à la 4e république.

Elles devront d'abord passer - à une date indéterminée - devant un comité de juristes avant d'être adoptées par voie référendaire ou par voie parlementaire, selon Mbaississem Koulayo, directeur des affaires juridiques à l'Assemblée nationale.

Le mandat du président passera de 5 à 6 ans, renouvelable une fois, alors que son mandat est actuellement de 5 ans, renouvelable indéfiniment. Idiriss Déby en est à son cinquième mandat, qui s'achèvera le 21 août 2021.

"La future Constitution entrera certainement en vigueur avant la fin du mandat du président" en août 2021, estime M. Koulayo.

Elle permettrait donc au président Déby, âgé de 65 ans, de se représenter s'il le décidait: il pourrait alors théoriquement effectuer deux autres mandats de six ans, jusqu'en 2033.

>> Lire aussi : Vers un "régime présidentiel" au Tchad

La réforme des institutions prévoit en outre que la Cour des comptes, le Conseil constitutionnel et la Haute cour de justice deviennent des chambres de la Cour suprême.

"Pouvoir sans partage"

"Quelques apparences restaient, maintenant c'est un pouvoir sans partage", fulmine l'opposant Saleh Kebzabo, arrivé deuxième à la présidentielle de 2016. Le président "n'a plus le contre-pouvoir du Conseil constitutionnel, il n'a plus de compte à rendre à l'Assemblée nationale, donc il gère le Tchad comme il l'entend", ajoute-t-il.

Des observateurs notent cependant que certains contre-pouvoirs seront renforcés: ainsi, "les juges ne peuvent plus être désignés mais seront élus", souligne Mbaississem Koulayo.

Dans ses conclusions, le forum a également préconisé un renforcement de la place des femmes dans la vie politique tchadienne, pour "passer progressivement du principe actuel de quota à une parité intégrale", selon le président Déby. La journée de la femme du 8 mars sera chômée et payée.

Ces réformes paraissent très éloignées des préoccupations de la majorité très pauvre des 14 millions de Tchadiens qui n'a pas bénéficié de la manne pétrolière du début des années 2000. Le pays est toujours classé parmi les plus miséreux au monde, selon l'Indice de développement humain (IDH) de l'Onu.

>> Lire aussi : Forum national inclusif sur les réformes institutionnelles au Tchad

Cet immense pays d'environ 1,3 millions de km2 en partie désertique, est frappé par une crise économique consécutive à la chute des cours du baril en 2014. De nouvelles mesures d'austérité imposées par le gouvernement début 2018, ont encore renforcé la grogne sociale.

Le Tchad sort de deux mois de grève de la fonction publique et les tentatives de manifestations sont dispersées sans ménagement par les forces de l'ordre.

André Kodmadjingar, correspondant à N’Djamena

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Référendum en Egypte: la révision constitutionnelle controversée renforçant Sissi approuvée

Un poster géant du président égyptien Abdel Fattah al-Sissi au Caire, en Égypte, le 25 mars 2018.

La révision constitutionnelle controversée permettant la prolongation de la présidence d'Abdel Fattah al-Sissi, et renforçant les pouvoirs de l'ex-maréchal, a été approuvée par référendum à 88,83%, a annoncé mardi l'Autorité nationale des élections.

Le président de cet organisme, Lachine Ibrahim, a précisé lors d'une conférence de presse au Caire que 11,17% des électeurs "se sont prononcés contre" cette réforme et que "le taux de participation (...) a atteint 44,33%".

Les Egyptiens ont voté du samedi 20 au lundi 22 pour ou contre la modification de plusieurs articles de la Constitution de 2014, qui limitait notamment la présidence à deux mandats consécutifs de quatre ans.

Le scrutin de trois jours s'est déroulé "dans un climat démocratique stimulé par la liberté", a insisté M. Ibrahim. Mais le référendum a été organisé en un temps record, quatre jours après un vote au parlement, et sans véritable débat de fond dans les médias sur les enjeux de la réforme.

"Le référendum s'est déroulé dans un environnement tellement injuste et non libre que ses résultats ne peuvent prétendre à une quelconque légitimité", a dénoncé Michael Page, directeur adjoint de l'ONG Human Rights Watch pour l'Afrique du nord et le Moyen-Orient.

Le président Sissi a rendu hommage sur Twitter à ses concitoyens "qui ont ébloui le monde par leur conscience nationale des défis auxquels est confrontée notre chère Egypte".

L'ex-maréchal, aujourd'hui âgé de 64 ans, a été élu président en 2014 avec 96,9% des voix, un an après avoir renversé avec l'armée, à la faveur d'un mouvement populaire, le président islamiste Mohamed Morsi. Il a été réélu en 2018 à 97,08%.

La révision constitutionnelle permet de faire passer le deuxième mandat de M. Sissi de quatre à six ans, portant son terme à 2024. L'ex-maréchal pourra se représenter à un troisième mandat, de six ans, lors de l'élection de 2024.

Environ 27 millions d'électeurs se sont rendus aux urnes sur les plus 61 millions enregistrés dans le pays le plus peuplé du monde arabe, selon M. Ibrahim.

- "Dangereux précédent" -

Au-delà du mandat présidentiel, la révision constitutionnelle permet le contrôle du chef de l'Etat sur le système judiciaire, avec un pouvoir de nomination des chefs de juridictions. La réforme octroie également un pouvoir politique à l'armée, pilier du régime de M. Sissi.

"Ces amendements constitutionnels renforcent l'exécutif et l'armée au détriment d'un système judiciaire et législatif affaibli", a expliqué à l'AFP Mai El-Sadany, responsable des questions juridiques au groupe de réflexion The Tahrir Institute for Middle East Policy (Timep), basé à Washington.

Selon elle, la réforme "mine la séparation des pouvoirs, porte atteinte à l'Etat de droit et réduit au silence les espaces pour la dissidence indépendante".

Pour Moustafa Kamel al-Sayed, professeur de sciences politiques à l'Université américaine du Caire, les amendements créent un "dangereux précédent".

"Le pouvoir sera concentré entre les mains d'un seul homme (le président). Il sera très difficile de revenir en arrière car qui abandonnera autant de pouvoir?", a-t-il déclaré à l'AFP.

Les partisans de la révision constitutionnelle défendent de leurs côtés sa nécessité pour la stabilité du pays, dans un pays en crise économique et voisin de plusieurs pays troublés, en Afrique et Moyen-Orient, comme le Soudan et la Libye.

Avec AFP

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33 morts dans des inondations et glissements de terrain en Afrique du Sud

Le port de Durban, en Afrique du Sud, le 25 mars 2013.

Au moins 33 personnes ont été tuées mardi par des pluies torrentielles qui ont provoqué des inondations et des glissements de terrain à Durban et dans sa province, sur la côte est de l'Afrique du Sud, ont annoncé les autorités.

"Les fortes pluies ont fait 33 morts", a déclaré Mme Nomusa Dube-Ncube, ministre de la province du KwaZulu-Natal, dont Durban est la principale métropole.

Dix enfants sont portés disparus à Durban et 42 personnes ont été blessés, a-t-elle ajouté. Parmi les morts figure un bébé de six mois et un enfant d'une dizaine d'années.

Au moins 145 personnes ont été déplacées par les inondations, selon le gouvernement.

En plus de maisons écroulées et de routes inondées, des conduites d'évacuation d'eau sont bouchées et des pylones électriques sont tombés.

Des renforts militaires ont été envoyés en soutien aux services de secours dans certaines zones particulièrement touchées par les pluies.

Les précipitations ont touché durant le week-end et la nuit de lundi à mardi tout le sud et l'est de l'Afrique du Sud.

Les services météorologiques sud-africains ont averti de la poursuite jusqu'à mercredi de cette épisode de précipitations, pouvant notamment affecter les axes routiers et les ponts situés dans les zones les plus basses du pays.

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