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L'opposition tanzanienne dénonce le "déni" du président face au coronavirus


Le député Freeman Mbowe, président du Chadema principal parti d'opposition en Tanzanie, 21 juin 2018. (Facebook/ Freeman Mbowe)

Le principal dirigeant de l'opposition tanzanienne, Freeman Mbowe, a dénoncé mercredi le manque de transparence du pouvoir face à la propagation du nouveau coronavirus, accusant le président John Magufuli de persister dans le "déni" de la maladie.

Contrairement à la plupart des pays africains qui, malgré un nombre de cas nettement inférieur à la plupart des autres régions du monde, ont décrété des mesures de confinement et des couvre-feu, la Tanzanie n'a fermé que ses établissements scolaires, les commerces et les transports continuant à fonctionner normalement.

"Notre nombre de cas explose à une vitesse alarmante, au moment où beaucoup de pays sont en train d'aplatir la courbe" des nouvelles contaminations, a affirmé M. Mbowe dans un discours diffusé sur Internet.

Ce pays d'Afrique de l'Est, qui a annoncé son premier cas le 16 mars, en compte désormais officiellement 480, dont 16 morts.

"Il n'y pas de transparence et quand les gens n'ont pas d'information, cela laisse le champ libre aux rumeurs", a déploré le chef de l'opposition.

"Le gouvernement nous dit qu'il n'y a que 16 morts du coronavirus mais c'est une plaisanterie", a-t-il affirmé, taxant M. Magufuli, retranché depuis un mois dans sa ville natale de Chato (nord-ouest), de "déni" de la réalité.

L'opposition a également reproché au gouvernement d'avoir attendu une

semaine pour fournir de nouveaux bilans après que le chef de l'Etat a accusé le 22 avril le ministère de la Santé de "provoquer la panique" en insistant davantage sur les nouveaux cas que sur les guérisons.

Sous pression, le Premier ministre Kassim Majaliwa a donc rendu publics mercredi de nouveaux chiffres, sans lever les doutes de l'opposition sur leur véracité.

Si le président tanzanien a appelé ses concitoyens à éviter les "rassemblements non nécessaires", il les a aussi encouragés à s'en remettre à Dieu et à continuer de faire marcher l'économie.

Surnommé "tingatinga" (bulldozer en swahili), le président Magufuli a marqué les esprits depuis sa prise de fonction en 2015, en se montrant inflexible dans la lutte contre la corruption, mais il est aussi critiqué pour son autoritarisme.

Il devrait être candidat à la prochaine élection présidentielle, prévue en octobre.

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