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L'opposition rejette les résultats du référendum à Brazzaville et appelle à désobéir

Denis Sassou Nguessou vote lors du référendum du 25 octobre 2015.

L'opposition au président congolais Denis Sassou Nguesso a rejeté mardi les résultats officiels du référendum de dimanche sur un projet de constitution permettant au chef de l'État de se représenter en 2016 et a appelé à "la désobéissance civile" pour faire obstacle à ce texte.

Le gouvernement de Brazzaville a annoncé mardi matin que près de trois congolais sur quatre avaient voté, que le oui avait obtenu 92,26% et que le projet de texte de nouvelle constitution entrerait "en vigueur dès sa promulgation par le président".

Les dirigeants d'opposition, qui avaient appelé à boycotter le scrutin, ont rejeté irrévocablement ces chiffres.

"Les conditions dans lesquelles ce référendum a été préparé et organisé ne permettent pas d'en apprécier le résultat, notamment en terme de participation", a jugé la présidence de la République française.

Avant le scrutin, Paris avait souhaité que le vote ait lieu "dans des conditions de transparence incontestables".

Les résultats annoncés sont "nuls et de nul effet", a affirmé le Front républicain pour le respect de l'ordre constitutionnel et l'alternance démocratique (Frocad), une des deux principales plateformes de l'opposition ayant qualifié le référendum de "coup d'État constitutionnel".

Pour le Frocad, "le scrutin n'a été ni libre, ni juste, ni équitable, ni transparent" et s'est déroulé "dans un état de siège".

Lundi, un des dirigeants du Frocad avait estimé que la participation n'avait pas dépassé "10%".

Le secrétaire général du Parti congolais du travail (PCT, au pouvoir), Pierre Ngolo, a estimé pour sa part que le peuple congolais avait "montré sa maturité politique".

"Les résultats ont été publiés tels qu'ils sont sortis des urnes", a-t-il assuré, jugeant le taux de participation "suffisamment éloquent".

Tant le Frocad que de l'Initiative pour la démocratie au Congo (IDC), autre coalition d'opposants à M. Sassou Nguesso, ont appelé à la "désobéissance civile" afin d'empêcher la promulgation du projet de nouvelle constitution.

Le Frocad a demandé "la tenue rapide d'un dialogue inclusif" consacré "exclusivement" aux questions de "gouvernance électorale", c'est-à-dire l'organisation de la présidentielle de mi-2016.

Le Frocad et l'IDC avaient appelé à la désobéissance civile et à manifester le 20 octobre contre le référendum. A la suite de l'interdiction des rassemblements publics, des violences avaient fait ce jour-là entre quatre et une vingtaine de morts selon les sources.

Les deux coalitions n'ont pas précisé concrètement la forme que pourrait prendre leur contestation. Jusqu'à présent, elle n'ont pas fait la preuve de leur capacité à lever massivement la population contre le pouvoir.

Les violences du 20 octobre ont ravivé dans l'opinion le spectre des épisodes de guerre civile ayant déchiré le pays entre 1993 à 2003 alors que les autorités présentent M. Sassou comme le garant de la paix et de la démocratie dans le pays, et l'opposition comme un facteur de désordre.

Le projet de constitution soumis au référendum fait sauter les deux verrous interdisant à M. Sassou Nguesso de briguer un troisième mandat présidentiel en 2016: la limite d'âge et celle du nombre des mandats.

Né en 1943, M. Sassou Nguesso cumule plus de 31 ans à la tête du Congo, pays de 4,4 millions d'habitant où le groupe français Total est solidement implanté et où, en dépit de la manne pétrolière, la pauvreté reste "endémique", selon le Fonds monétaire international.

M. Sassou Nguesso a dirigé le Congo à l'époque du parti unique, de 1979 jusqu'aux élections pluralistes de 1992, qu'il a perdues. Revenu au pouvoir par les armes en 1997, il a été élu président en 2002 et réélu en 2009 lors de scrutins boycottés ou contestés par l'opposition.

Mardi, l'internet mobile, les SMS et le signal FM de la radio française RFI, l'une des stations les plus écoutées du pays, étaient coupés pour le huitième jour d'affilée.

A Brazzaville, des groupes de quelques dizaines à quelques centaines de partisans du oui ont manifesté dans certains quartiers en criant victoire.

Selon un diplomate au Quai d'Orsay, le référendum passé, "on rentre dans une phase difficile pour essayer de préserver au maximum la paix

Avec AFP

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Les intempéries les plus meurtrières en Afrique australe depuis 20 ans

Zimbabwe Cyclone

L'Afrique australe a plusieurs fois été meurtrie par des tempêtes et inondations, comme lors du cyclone Idai qui vient de dévaster le Mozambique et le Zimbabwe. Rappel des intempéries les plus meurtrières des vingt dernières années :

- La plus meurtrière au Mozambique en 2000 -

En février et mars 2000, des inondations sans précédent depuis un demi-siècle au Mozambique font quelque 800 morts, au moins 50.000 sans-abri et affectent environ deux millions de personnes sur une population de 17 millions.

Les provinces les plus touchées sont Maputo, Gaza et Inhambane (sud). Cette catastrophe, à laquelle s'ajoutent les effets du passage du cyclone Eline, porte un coup sévère à l'économie du pays. Eline tue également 130 personnes à Madagascar.

En janvier et février 2013, de nouvelles inondations dans la province de Gaza font plus d'une centaine de morts et environ 250.000 sinistrés, emportant routes, hôpitaux et maisons.

En janvier 2015, le Mozambique connaît une autre catastrophe majeure: après de fortes précipitations, le fleuve Licungo, qui sépare le pays en deux, monte subitement de 12 mètres, dévastant la province de Zambézie (centre), plongeant la moitié nord du pays dans le noir et coupant l'axe autoroutier Nord-Sud, ce qui complique l'acheminement de l'aide humanitaire. Ces inondations font près de 160 morts (hors cas de choléra) et 177.000 sinistrés. Au Malawi voisin, des crues tuent 176 personnes.

- 2004 : Madagascar -

En mars 2004 à Madagascar, le cyclone Gafilo dévaste le nord et l'ouest faisant au moins 241 morts, ainsi que plus de 300.000 sans-abri.

L'île est fréquemment frappée par de nombreux cyclones et tempêtes tropicales, comme Géralda en février 1994 (au moins 200 morts, 500.000 sinistrés) et Gretelle en janvier 1997 (152 morts, 60.000 sans-abri).

- 2016-2017 : Zimbabwe -

Entre décembre 2016 et février 2017, le Zimbabwe, déjà touché par la sécheresse, subit des inondations qui font au moins 246 morts. Plus de 2.000 personnes sont déplacées.

S'ensuit une recrudescence du paludisme, qui provoque 150 morts en deux mois.

Les intempéries les plus meurtrières des dernières décennies sur l'ensemble du continent africain ont frappé entre octobre 1997 et janvier 1998 une vaste zone englobant la Somalie, l'Ethiopie, le Kenya, la Tanzanie et l'Ouganda. De gigantesques inondations, suite à des pluies torrentielles causées par El Niño, une anomalie océanique et atmosphérique qui s'empare du Pacifique tropical, qui perturbe tous les trois à sept ans températures, courants et précipitations, avaient alors affecté ces cinq pays pendant trois mois, faisant plus de 6.000 morts.

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