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L'opposition menace de boycotter les législatives


Le président des Comores, Azali Assoumani, arrive à un bureau de vote lors du référendum constitutionnel, à Mitsoudje, près de Moroni, Comores, le 30 juillet 2018.

L'opposition comorienne a conditionné sa participation aux élections législatives début 2020 à plusieurs exigences, notamment le vote de la diaspora et la garantie de scrutins "transparents, libres et démocratiques", alors que la présidentielle de mars avait été entachée de nombreuses fraudes.

Dans une résolution signée par les quatre principaux groupements politiques de l'opposition et obtenue jeudi par l'AFP, "les mouvements et partis signataires annoncent ne pas pouvoir prendre part aux prochains scrutins législatifs".

L'opposition a justifié sa décision par "le caractère illégitime" du pouvoir du président Azali Assoumani réélu le 24 mars à l'issu d'un scrutin émaillé de nombreuses fraudes, selon la plupart des observateurs, et par "l'inconstitutionnalité d'une loi" votée début septembre autorisant le chef de l'Etat à légiférer par ordonnances pour organiser les prochains scrutins législatifs.

Elle a aussi expliqué "tirer les enseignements des scrutins passés (...) viciés par la fraude massive et le non respect du code électoral".

Toutefois, l'opposition pourrait "revoir sa position et envisager une participation" si le gouvernement rétablit, selon elle, l'Etat de droit, concrétise le vote de la diaspora et engage "un dialogue national sous les auspices de la communauté internationale" pour garantir "un scrutin transparent, libre et démocratique supervisé par des forces de sécurité extérieures".

Le poids électoral des Comoriens vivant à l'étranger est potentiellement important. La diaspora est estimée à quelque 300.000 personnes rien qu'en France, l'ancienne puissance coloniale, alors que l'Union des Comores, archipel de l'océan Indien, abrite près de 800.000 habitants.

Depuis l'élection présidentielle de mars, elle est fortement mobilisée contre "le régime dictatorial du président Azali".

Le chef de la Mouvance présidentielle, Ali Mliva Youssouf, a jugé "regrettable" la décision de l'opposition de boycotter les législatives.

"Le vote de la diaspora est pratiquement impossible, les mesures pour permettre sa participation ne sont pas encore en place... Quant à la présence d'une force de sécurisation étrangère, elle n'est envisageable que dans un pays en crise, or les institutions fonctionnent normalement", a-t-il estimé auprès de l'AFP.

La résolution a été signée par l'Union de l'opposition, le Front uni pour la défense de l'île comorienne d'Anjouan (FUDA), le Mouvement du 17 février (M17) qui regroupe l'opposition sur l'île comorienne de Mohéli, ainsi que le Conseil national de transition (CNT), un collectif des onze des treize candidats malheureux à la dernière élection présidentielle.

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