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L'opposition et la société civile guinéennes espèrent que l'exemple kényan fera tache d'huile


Le chef de l'opposition guinéenne Cellou Dalein Diallo à la convention Démocrate à Phildalphie, Etats-Unis, 26 juillet 2016.

Le chef de l'opposition et un représentant de la société civile en Guinée ont salué samedi la décision de la Cour suprême du Kenya sur la tenue d'une nouvelle élection présidentielle en raison de l'annulation du vote du mois dernier, en souhaitant qu'elle serve de précédent sur le continent africain.

"C'est une décision qu'il faut saluer", a estimé le chef de l'opposition guinéenne, Cellou Dalein Diallo, au lendemain de l'annonce surprise de la plus haute juridiction du Kenya.

"Comme vous le savez, en Afrique, la séparation des pouvoirs est de façade. En matière électorale, les cours suprêmes n'ont jamais annulé une élection au motif qu'elle n'a pas été transparente ou crédible", a ajouté l'ancien Premier ministre (2004-2006) et président de l'Union des forces démocratiques de Guinée.

"Donc, c'est une première et je souhaite que cette décision inspire les autres juridictions chargés du traitement des contentieux électoraux en Afrique, les cours suprêmes et les cours constitutionnelles qui sont généralement inféodés aux pouvoirs", a ajouté M. Diallo, qui dirige l'opposition dans ce pays où des dizaines de milliers de partisans de l'opposition avaient manifesté début août pour exiger du président Alpha Condé le respect d'accords politiques prévoyant notamment la tenue d'élections locales sans cesse repoussées.

"Il faut que notre continent avance dans l'instauration de l'Etat de droit et dans l'indépendance des institutions', a dit M. Diallo, candidat malheureux face à M. Condé en 2010 et 2015.

"Si une cour suprême fait l'effort d'annuler les élections truquées, je crois que les commission électorales chargées d'organiser ces élections feront désormais attention au risque de se voir sanctionnées par l'institution supérieure", a-t-il dit, en réclamant en outre que soient "sanctionnés ces hommes et ces femmes fautifs qui ont mal organisé ces élections".

"La décision de la Cour suprême kényane est un acte historique qui honore la justice de ce pays", a également estimé Abdourahmane Sanoh, président de la Plateforme nationale des citoyens unis pour le développement.

"Elle est aussi un signe fort de l'ancrage de la culture démocratique en Afrique. En analysant avec les récents événements en Mauritanie (un référendum constitutionnel boycotté par une partie de l'opposition début août, NDLR) et au Mali (où le président Ibrahim Boubacar Keïta a suspendu la convocation d'un référendum sous la pression de l'opposition), on peut dire que quelque chose de fondamental est en train de se passer sur notre continent, car cet exemple fera tache d'huile", a ajouté le militant, l'une des figures de proue de la société civile dans ce pays.

Avec AFP

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