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L'opposition dénonce une répression généralisée au Zimbabwe

Les partisans du président Emmerson Mnangagwa, réélu récemment, célèbrent sa victoire à Mbare, Harare, le 3 août 2018.

L'opposition zimbabwéenne a accusé le pouvoir d'une répression tous azimuts pour empêcher la contestation de la présidentielle du 30 juillet, remportée par le sortant Emmerson Mnangagwa, tandis que 27 militants arrêtés la semaine dernière passeront une nouvelle nuit en prison.

M. Mnangagwa, qui avait pris le pouvoir en novembre à la faveur d'un coup de force contre Robert Mugabe dont il est l'ancien bras-droit, a été élu de justesse dès le premier tour avec 50,8% des voix.

L'annonce des résultats à ce premier scrutin depuis la chute de M. Mugabe, resté près de quatre décennies au pouvoir, a donné lieu mercredi à des manifestations violemment réprimées par les forces de l'ordre. Au moins six personne sont mortes.

Le lendemain, la police avait perquisitionné les locaux du Mouvement pour le changement démocratique (MDC, opposition), arrêtant une vingtaine de personnes.

>> Lire aussi : Vingt-sept opposants arrêtés au Zimbabwe après les violences post-électorales devant la justice

L'opposition, qui a déjà annoncé son intention de contester le résultat de l'élection devant la justice, a dénoncé une répression généralisée destinée à faire peur aux gens et donner une fausse impression de normalité, assurant que les arrestations se poursuivent.

"Ils essaient de paralyser l'opposition pour qu'il n'y ait pas de résistance ou d'action contre les faux résultats" de la présidentielle, a affirmé lundi à l'AFP Nkululeko Sibanda, porte-parole du chef de l'opposition Nelson Chamisa, arrivé en deuxième position avec 44,3% des suffrages.

"Ca devient plus dangereux chaque jour. Nous savons qu'ils recherchent 4.000 personnes. On ne sait pas pour quelle raison. Mais ce que nous savons c'est que c'est de l'intimidation", a-t-il précisé.

Funérailles d'une victime de violences postélectorales au Zimbabwe (vidéo)
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"Bon flic - Mauvais flic"

"C'est une situation inquiétante. Ils (policiers) vont dans les maisons (..), emmènent des gens vers des destinations inconnues. Ces gens ne sont pas conduits aux postes de police", a ajouté le porte-parole.

Il estime qu'une cinquantaine de militants sont portés disparus.

Lundi, la justice devait examiner la mise en liberté provisoire de 27 personnes arrêtées au siège du MDC au lendemain des violences post-électorales.

Le procureur Michel Reza a demandé à ce qu'elles restent en prison. "La mort de six personnes, les voitures brûlées... sont directement liées aux accusés. Les enquêtes ne sont qu'à leur début. Libérer les prévenus n'est pas dans l'intérêt de la justice", a-t-il lancé lors de l'audience.

>> Lire aussi : L'euphorie post-Mugabe fait place à la désillusion

La défense a évoqué des arrestations arbitraires devant la cour, qui a renvoyé sa décision à mardi.

Sur le plan judiciaire, le MDC devrait annoncer mardi également sa stratégie pour obtenir l'invalidation de l'élection.

"Contrairement à ce qui se dit, notre but, ce n'est n'est pas de renverser le résultat de l'élection, mais plus simplement de renverser la décision de la commission électorale qui a déclaré Mnangagwa vainqueur", a ironisé M. Sibanda devant la presse, répétant que M. Chamisa avait "remporté l'élection".

De son côté, le président Mnangagwa, ancien chef de la sécurité nationale sous Mugabe, qui a dirigé la brutale répression (20.000 morts) dans les provinces dissidentes du Matabeleland (ouest) et des Midlands (centre) en 1983, poursuit l'opération de séduction qu'il mène depuis son arrivée au pouvoir.

Il assure que son élection marque "un nouveau départ" pour "construire un nouveau Zimbabwe pour tous".

>> Lire aussi : Prière pour la paix à la cathédrale de Harare

Il a aussi promis une enquête indépendante sur les violences et même dénoncé l'intervention de policiers qui ont retardé vendredi une conférence de presse de l'opposition. Ce genre de comportement "n'a pas de place dans notre société", a-t-il commenté.

La police a, dans un communiqué, dénoncé la circulation de "fausses nouvelles" sur les réseaux sociaux, appelant les Zimbabwéens à "aller travailler sans entrave".

Pour Charles Laurie, du groupe de réflexion Verisk Maplecroft, "il y a une stratégie du 'bon flic-mauvais flic'. Pendant que Mnangagwa multiplie les platitudes sur la réconciliation et le respect de la loi, l'appareil sécuritaire qu'il contrôle réprime les opposants".

"On ne parle pas d'incidents isolés, ou de soldats qui auraient dépassé les bornes. Cela fait partie d'une stratégie", estime-t-il. "Mnangagwa a passé les huit derniers mois à essayer de construire des relations avec les gouvernements et hommes d'affaires occidentaux. Sa priorité est d'asseoir sa victoire et pour le moment le plus grand écueil, c'est la contestation du résultat. Il essaie donc de déstabiliser le MDC".

Avec AFP

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Un chef coutumier et 4 civils tués dans deux attaques à Beni

Soldats des FARDC à Paida, près de Beni, dans la province du Nord-Kivu en RDC, le 7 décembre 2018.

Un chef traditionnel et quatre civils ont été tués dans la nuit de samedi à dimanche dans deux attaques dans le territoire de Beni, théâtre de violences permanentes dans l'est de la République démocratique du Congo, a-t-on appris des sources militaire et administrative.

"Nous avons repoussé la nuit une attaque des ADF (Allied Democratic Forces, rebelles musulmans ougandais) à Magboko près d'Oicha. Les combats se sont poursuivis jusqu'à la fuite de l'ennemi que nous poursuivons. Malheureusement, deux civils ont été exécutés", a déclaré à l'AFP le major Mak Hazukay, porte-parole de l'armée dans le Nord-Kivu (est).

A Eringeti, situé à 30 km de cette première localité attaquée et à 60 km au nord de la ville de Beni, un chef coutumier a été tué avec deux autres civils dont une femme", a indiqué Donat Kibwana, administrateur du territoire de Beni.

"Si à Magboko, l'incursion des ADF ayant fait deux morts a débuté vers 23 heures, pour le cas d'Eringeti, les enquêtes sont en cours pour identifier les auteurs de cet acte", a précis M. Kibwana.

"Les victimes de Magboko ont été tuées à la machette alors que celles d'Eringeti ont été tuées par balles tirées par des éléments en uniformes non encore identifiés", a souligné Teddy Kataliko, l'un des responsables de la société civile du territoire de Beni.

"C'est inconcevable qu'un chef du village soit abattu dans un milieu où l'armée est déployée", a-t-il ajouté.

Miliciens musulmans ougandais présents dans l'est de la RDC depuis 1995, les ADF sont accusés par le gouvernement congolais et la mission de l'ONU, la Monusco, d'être responsables des massacres des civils dans la région de Beni, ayant fait plus de mille morts depuis octobre 2014.

Cette appréciation est remise en cause par un rapport du Groupe d'étude sur le Congo (GEC) de l'Université de New York, selon lequel les ADF portent effectivement une part très importante de responsabilité dans ces tueries, mais au côté d'autres éléments armés, parmi lesquels des soldats de l'armée régulière.

Le village de Mukoko déserté à Beni après les massacres (vidéo)
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Dans l'est congolais, plusieurs dizaines de groupes armés locaux et étrangers sont actifs depuis plus de deux décennies.

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