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L'opposition camerounaise enquête sur des "meurtres" en région anglophone


Joseph Mbah Ndam, député de l’opposition en champagne contre la marginalisation de la partie anglophone du Cameroun, a Yaoundé, 4 avril 2017.

Le principal parti d'opposition au Cameroun, le Social democratic front (SDF), a indiqué lundi qu'il allait enquêter sur des "meurtres" perpétrées par les forces de l'ordre dans les régions anglophones du pays, dont les activistes défient depuis six mois le pouvoir central.

Le SDF "met sur pied une commission spéciale pour faire un rapport exhaustif sur les meurtres et les violations des droits de l'homme dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest", les deux régions anglophones sur les dix que compte le Cameroun, a annoncé le parti dans un communiqué transmis à l'AFP.

Le SDF accuse "le régime de M. (Paul) Biya" de mener "une guerre non déclarée (aux) citoyens" des régions anglophones. Il "condamne avec fermeté la militarisation" des deux régions, "les atteintes aux droits de l'homme, les enlèvements, les punitions collectives et l'état d'insécurité organisé par le régime de M. Biya" dans ces régions.

Le SDF dénonce aussi les procédures judiciaires en cours dans le cadre de cette crise. Au moins 74 personnes sont poursuivies devant le tribunal militaire dans le cadre de cette crise, notamment pour "terrorisme", dans 19 procédures distinctes, et l'instruction d'une dizaine d'autres dossiers se poursuit.

Depuis novembre, la minorité anglophone - environ 20% de la population camerounaise estimée à 22 millions - proteste contre ce qu'elle appelle sa marginalisation. Certains anglophones exigent l'instauration du fédéralisme alors que d'autres réclament la partition du pays.

Le gouvernement du président Paul Biya a fortement réprimé la contestation, mais aucun bilan des victimes n'est disponible.

Le 8 décembre, de violents heurts entre jeunes et forces de l'ordre avaient éclaté à Bamenda, chef-lieu du Nord-Ouest, faisant deux morts, selon les autorités, quatre d'après le SDF. D'autres victimes ont été enregistrées dans le Sud-Ouest.

Les Etats-Unis s'étaient dits "préoccupés par les pertes en vies humaines, les blessures et les dégâts" causés par les violentes manifestations de Buea (Sud-Ouest) et Bamenda. Amnesty International et l'Eglise catholique au Cameroun avaient dénoncé l'usage d'une "force excessive" par les forces de l'ordre.

Avec AFP

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