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RDC

L'opposant Katumbi de retour après trois ans, possible nomination d'un Premier ministre

Democratic Republic of Congo opposition leader, former governor of Katanga Moise Katumbi waves as he arrives in Lubumbashi on May 20, 2019 after three years in self-imposed exile. - Thousands of people welcomed Moise Katumbi, a prominent foe of DR Congo's

Le tempo de la vie politique s'est accéléré lundi en République démocratique du Congo, avec le retour après trois ans d'exil de l'opposant Moïse Katumbi et la probable nomination d'un Premier ministre attendue depuis janvier, le tout en présence du ministre français des Affaires étrangères.

Moïse Katumbi est rentré lundi dans son fief de Lubumbashi (sud-est) trois ans jour pour jour après son départ en pleine tourmente judiciaire sous la pression de l'ancien régime du président Joseph Kabila.

"La vérité finit toujours par triompher. Je reviens pour la paix et pour la reconstruction nationale dans notre pays", a déclaré M. Katumbi, 54 ans, salué à son arrivée par des milliers de partisans.

M. Katumbi, exilé en Belgique, avait tenté en vain de revenir en août dernier pour déposer sa candidature à l'élection présidentielle.

L'élection a été officiellement remportée par un autre opposant, Félix Tshisekedi, investi le 24 janvier.

Le retour de M. Katumbi intervient après l'annulation de sa condamnation à trois ans de prison dans une affaire de spoliation immobilière qu'il a toujours contestée.

Allié puis adversaire de l'ex-président Kabila, qui l'a qualifié de "Judas", M. Katumbi a déclaré qu'il se situait toujours dans l'opposition au nouveau président Tshisekedi.

Le président du célèbre club de football TP Mazembe devra préciser la place qu'il entend occuper au sein de cette opposition où le candidat qu'il a soutenu, Martin Fayulu, revendique la victoire à la présidentielle du 30 décembre 2018 et la "vérité des urnes" de meeting en meeting.

"Quelle que soit la longueur de la nuit, le jour finit toujours par se lever. Bon retour au pays à @MoïseKatumbi", a twitté Martin Fayulu, qui ne figurait pas parmi les nombreux élus locaux présents à Lubumbashi pour le retour de "Moïse".

A Kinshasa, le président de la République Félix Tshisekedi se préparait également à une journée bien remplie.

En fin de matinée, il a reçu le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, a constaté une journaliste de l'AFP.

Il s'agit de la première visite d'un responsable de l'Union européenne (UE) de ce niveau depuis la présidentielle.

"L'élection s'est achevée finalement par une espèce de compromis à l'africaine", avait déclaré M. Le Drian après l'investiture de M. Tshisekedi, dont il avait mis en doute la victoire proclamée par la Commission électorale.

- Chassé-croisé-

Dans un curieux chassé-croisé de diplomatie et de politique intérieure, la présidence de la République pourrait annoncer dans la foulée le nom du Premier ministre que la RDC attend depuis près de quatre mois.

L'actuel Premier ministre Bruno Tshibala "a déposé sa démission", selon la radio Top Congo, qui parle de l'"annonce imminente du nom de son successeur".

Le prochain chef du gouvernement doit pouvoir travailler avec le chef de l'Etat mais aussi son prédécesseur, Joseph Kabila, proclamé "président de la République honoraire" par ses proches.

M. Thsisekedi est en effet lié par une alliance de coalition avec l'ex-président dont la famille politique a gardé la haute main sur toutes les autres institutions (Parlement, assemblées provinciales, postes de gouverneur, sans parler de l'appareil sécuritaire).

MM. Tshisekedi et Kabila se sont rencontrés à plusieurs reprises depuis l'investiture du 24 janvier, qui a marqué la première transmission du pouvoir sans effusion de sang dans l'histoire du Congo.

Au terme de leur accord, 80% des postes au gouvernement pourrait revenir au Front commun pour le Congo (FCC) de Joseph Kabila et 20% à Cap pour le changement (Cach) de Félix Tshisekedi, avançait jeudi dernier le journal Le Potentiel. "70%/30%", a glissé un conseiller du président Tshisekedi à l'AFP.

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3 morts dans la répression d'une manifestation contre des exploitants miniers

A Shabunda, les enfants travaillent dans les mines le long de la riviere Ulindi, en RDC, le 23 mars 2017. (VOA/Ernest Muhero)

Trois personnes ont été tuées jeudi dans la répression d'une manifestation de riverains contre une coopérative exploitant une mine de cuivre et de cobalt dans le sud-est de la République démocratique du Congo, a-t-on appris d'une autorité administrative.

"Trois manifestants sont morts et d'autres (ont été) blessés dans les échauffourées qui les ont opposés aux forces de l'ordre" jeudi à Lonshi, a déclaré à l'AFP Yuma Asani, administrateur du territoire de Sakanya, dans la province du Haut-Katanga.

La localité minière de Lonshi est située à environ 90 km de Sakanya, à la frontière avec la Zambie.

Selon M. Yuma Asani, les habitants de Lonshi manifestaient contre l'association des exploitants miniers artisanaux du Katanga (EMAK, une coopérative minière locale). "Dans leur colère, les manifestants ont mis le feu à dix camions de transport des minerais et trois autres gros véhicules", a-t-il expliqué.

Face à cette situation, "trois jeeps de la police et une jeep de l'armée sont venues en renfort" pour rétablir l'ordre public, a dit M. Yuma Asani.

Les manifestants accusent les responsables d'EMAK, en complicité avec les autorités locales, de n'avoir pas versé des redevances revenant à la communauté, d'après les témoignages recueillis par l'AFP.

En RDC, les sociétés minières ont l'obligation d'affecter un minimum de 0,3% de leur chiffre d'affaires au développement des projets de communautés où ils exploitent.

Une marche anti-corruption renvoyée à lundi

Les évêques de la Cenco (Conférence épiscopale nationale du Congo) lors d'un point de presse à Kinshasa, 11 janvier 2017. (Top Congo/VOA)

Une marche anti-corruption initialement prévue pour samedi en République démocratique du Congo, à l'appel d'un collectif proche de l'église catholique, a été renvoyée à lundi, ont annoncé jeudi les organisateurs.

"La marche est décalée de 48 heures parce que les autorités de la ville qui organisent le même jour une mobilisation pour la propreté dans la ville de Kinshasa ne pourront pas encadrer les deux manifestations", a déclaré à l'AFP Hervé Diablesse, avocat du Comité laïc de coordination (CLC).

Cette décision a été prise à l'issue de discussions entre le gouverneur de la ville de Kinshasa Gentiny Ngobila et les membres du CLC, un collectif proche de l'Eglise catholique, a affirmé Me Diablesse.

"Le CLC a accédé à la demande des autorités urbaines et a accepté de reprogrammer pour lundi la marche contre la corruption", a-t-il ajouté.

La croisade anti-corruption lancée par le CLC a reçu le soutien de la coalition d'opposition Lamuka et du lanceur l'alerte congolais Jean-Jacques Lumumba, en exil en France.

Le secrétaire général de l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS, parti présidentiel) a estimé que cette démarche "n'est pas opportune" aujourd'hui.

Le CLC a été à l'origine de marches réprimées dans le sang en 2018 pour obtenir le départ de l'ex-président Joseph Kabila.

Son appel à manifester fait suite au premier grand dossier de corruption présumée depuis l'investiture le 24 janvier du président Félix Tshisekedi, issu de l'opposition.

En août, l'inspection générale des finances a révélé que 15 millions de dollars de fonds publics qui devaient être versés au Trésor public, étaient partis sur un autre compte. Une affaire non "de détournement" mais de "rétrocommission", selon le président Tshisekedi.

Ces 15 millions correspondent à une retenue de 15% prélevée sur une somme de 100 millions versée par l'État à sept compagnies pétrolières (dont Total) pour compenser le gel des prix à la pompe.

Le lanceur d'alerte congolais appelle à la non-violence

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Marche anti-corruption : JJ Lumumba espère "le début d'un grand processus"

Le professeur Isidore Ndaywel du Comité laïc de coordination, Kinshasa, RDC, 16 mars 2018. (VOA/Top Congo FM)

À la veille d'une marche contre la corruption en RDC, le lanceur d'alerte congolais Jean-Jacques Lumumba, exilé en France, a confié à l'AFP son espoir de voir ses compatriotes descendre massivement et dans le calme dans la rue pour le lancement "d'un grand processus".

"J'attends qu'il y ait de la mobilisation à tous les coins de rue" samedi pour "marquer le début d'un changement" en République démocratique du Congo car "cette marche, c'est le début d'un grand processus", a déclaré M. Lumumba, petit-neveu du héros de l'indépendance congolaise Patrice Lumumba et ancien cadre bancaire à Kinshasa, ayant fui son pays en 2016 après avoir mis au jour des malversations présumées.

Mais "j'appelle à marcher dans le calme, dans la non-violence, car la violence ne construit pas", a ajouté le financier de 33 ans, lors d'une rencontre avec l'AFP mercredi, en région parisienne.

"La société est mûre (pour se soulever contre la corruption) parce que la corrélation est faite entre la souffrance de la population et la corruption qui gangrène (...) le pays, qui en freine le développement", estime-t-il.

C'est le Comité laïc de coordination (CLC), un collectif catholique à l'origine de marches réprimées dans le sang en 2018 pour obtenir le départ de l'ex-président Joseph Kabila, qui a lancé cette croisade anticorruption.

Son appel à marcher samedi fait suite au premier grand dossier de corruption présumée depuis l'investiture le 24 janvier du président Félix Tshisekedi, issu de l'opposition: l'inspection générale des finances a révélé que quinze millions de dollars d'argent public qui devaient être versés au Trésor public, étaient partis sur un autre compte. Une affaire non "de détournement" mais de "rétrocommission", selon le président.

L'appel du CLC, que Jean-Jacques Lumumba soutient, cadre avec son propre combat contre la corruption, mené aujourd'hui au sein d'Unis, une association récemment lancée "avec des amis africains" - sénégalais, gabonais, congolais - pour ne pas se limiter à un seul pays.

"Unis a une mission capitale, notamment au plan juridique, car elle va porter plainte devant les instances nationales et internationales", affirme-t-il.

- "Soif de changements" -

"L'opinion africaine a soif de changements et les lanceurs d'alerte - une bonne dizaine aujourd'hui en Afrique --y sont bienvenus", même si "en Afrique, être lanceur d'alerte, c'est aussi risquer sa vie", ajoute-t-il.

Lui-même est devenu lanceur d'alerte, "malgré lui" reconnaît-il, après avoir prévenu la direction de la banque qui l'employait d'opérations suspectes. Il affirme avoir reçu en retour des menaces, englobant sa famille, qui l'ont poussé à fuir en 2016.

Fin 2016, il dénonçait dans la presse belge et française ces malversations présumées de son ancien employeur, la filiale congolaise d'une banque gabonaise, à l'époque dirigée par un proche de Joseph Kabila.

Il n'a eu de cesse depuis de dénoncer le "mal" de la corruption, "l'un des grands défis" du continent avec "le climat et la sécurité". Sans jamais désespérer: "La corruption zéro n'existe pas mais il est possible de réduire drastiquement les faits de corruption".

Il ne cache pas son étonnement après que le président Félix Tshisekedi a affirmé vouloir changer "les mentalités" contre la corruption, sans "règlement de comptes" et sans "fouiner" dans le passé des responsables encore aux commandes.

"Je trouve que c'est très contradictoire venant de M. Tshisekedi qui a longtemps défendu la justice (...). Cette phrase laisse beaucoup de Congolais perplexes et déçus", répond Jean-Jacques Lumumba, qui évoque "un équilibrisme politique fait pour les politiciens".

"Ceux qui sont tombés pour que la vie des Congolais s'améliore méritent la justice. Sans justice, on ne bâtira aucune paix ni aucun développement. Même en Afrique du Sud, au Rwanda, on a une réconciliation mais avec la justice pour marquer la rupture. Il faut une justice de réparation !"

Dans son discours d'investiture en janvier, Félix Tshisekedi avait promis de faire de la lutte contre la corruption une des priorités de son quinquennat et de créer une agence chargée du changement des mentalités et de lutter contre la corruption.

La RDC occupe la 161e place dans le classement de Transparency international sur la corruption publié en janvier 2019.

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