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L'ONU veut "renforcer l'action mondiale" contre les liens criminalité/terrorisme

Le secretaire d'Etat américain Rex Tillerson lors du conseil de sécurité de l'ONU, à New York, le 15 decembre 2017.

Le Conseil de sécurité a adopté vendredi à l'unanimité une résolution appelant les Etats membres de l'ONU à "mieux coordonner leurs efforts à tous les niveaux afin de renforcer l'action mondiale visant à rompre les liens entre terrorisme international et criminalité organisée".

Ces liens au niveau national ou transnational pourront être mieux combattus avec un effort accru dans "la collecte d'informations" et "les échanges d'informations opérationnelles et de renseignements financiers", précise la résolution rédigée par le Pérou.

Lorsque ces renseignements financiers portent sur "les activités, les déplacements et les circuits des terroristes et des réseaux de terroristes, notamment les combattants terroristes étrangers", ils peuvent aider à "mieux connaître et comprendre la nature et l'étendue des liens qui peuvent exister entre le terrorisme et la criminalité organisée", ajoute le texte.

La résolution appelle aussi les "Etats membres à enquêter sur les réseaux criminels organisés impliqués dans la traite des personnes, à les désorganiser et à les démanteler", en application de leur législation nationale, incluant les lois contre le blanchiment d'argent, la corruption ou la lutte contre le terrorisme.

Lors des prises de parole, la Russie, sans autre précision, a notamment appelé ses partenaires au Conseil de sécurité à ne pas politiser cette question des liens entre criminalité et terrorisme, soulignant que le travail devait se poursuivre après le premier pas engagé par cette résolution.

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Montée des mers : vers un exode massif et sans retour

日本海上自卫队鸟海号导弹驱逐舰2016年7月28日参与环太2016演习 (美国海军第三舰队照片)

Des îles du Pacifique au delta du Gange, des centaines de millions de personnes risquent d'être chassées de chez elles par la montée des océans. Une fuite sans espoir de retour pour des "réfugiés climatiques" qui devront trouver une terre d'accueil.

Même si le monde parvenait à limiter le réchauffement de la planète à +2°C par rapport à l'ère pré-industrielle, l'augmentation du niveau des mers pourrait submerger les foyers de 280 millions de personnes, selon un projet de rapport des experts du climat de l'ONU obtenu en août par l'AFP.

Même à +2°C, les calottes glaciaires continueront à fondre et même si les scientifiques ne savent pas combien de temps ça prendra, à terme cela signifie "plus de 4,5 mètres d'élévation du niveau de la mer, probablement six mètres", explique à l'AFP Ben Strauss, le patron de l'institut de recherche Climate Central.

"C'est suffisant pour effacer de la carte la plupart des villes côtières", poursuit le chercheur qui avait déjà mis en avant dans une étude publiée en 2015 ce chiffre de 280 millions.

Selon ses recherches, une partie importante de la population de grandes villes se retrouverait sous l'eau, à Hong Kong (31%), Shanghaï (39%), Bombay (27%), Calcutta (24%), Amsterdam (92%), Bangkok (42%) ou Miami (43%).

Là où ce sera techniquement et financièrement possible, certains aménagements pourront être réalisés pour éviter la submersion. New York envisage par exemple des travaux de protection qui coûteront des milliards de dollars.

"Des digues de plus en plus hautes devront être construites", mais "voulons-nous vivre au fond d'une cuvette et à quelle profondeur ?", lance Ben Strauss. "En cas de méga-tempête, ou si quelqu'un pose une bombe ..., plus la cuvette est profonde, plus elle se remplit vite".

Certaines communautés, notamment dans les régions polaires, risquent de toute façon d'"atteindre les limites de l'adaptation bien avant la fin du siècle" et certaines Etats insulaires pourraient devenir "inhabitables", estime le projet de rapport de l'ONU examiné à Monaco à partir de vendredi.

- Qui protéger ou sacrifier ? -

Cette dernière prédiction pourrait se réaliser très rapidement. Selon une étude parue en 2018 dans la revue Science Advances, la plupart des milliers d'atolls tropicaux seront inhabitables d'ici à 2050. Non parce qu'ils auront disparu sous les eaux -ce qui ne devrait pas se produire avant 2100 ou 2150- mais parce que la fréquence des inondations marines provoquera la contamination de l'eau potable.

Face à cet avenir sombre, "beaucoup de gouvernements de petits Etats insulaires sont pris dans un dilemme", note François Gemenne, un spécialiste en géopolitique de l'environnement travaillant à l'université de Liège.

"Ça pourrait sembler une bonne stratégie de négocier des accords de migration", explique-t-il à l'AFP. Mais "ils estiment que ça signifierait baisser les armes face au changement climatique".

Dans tous les cas, petites iles peu peuplées ou grandes mégalopoles côtières, cette "redistribution d'une partie de la population mondiale" doit être "organisée", "sur plusieurs générations", plaide le chercheur.

"Le pire serait d'attendre le dernier moment et d'être obligé de déclencher des opérations humanitaires" pour reloger dans l'urgence ces populations "sans qu'elles aient pu décider où refaire leur vie ailleurs", souligne-t-il.

Et même si ces mouvements de population devraient être principalement internes, selon les experts, ils n'iront pas sans difficultés.

Quelles populations protéger ? Quelles populations déplacer, comment, avec quelles compensations ? Pour certains gouvernements, "les populations les plus défavorisées ne seront pas forcément en haut de la liste et on imagine les tensions que vont provoquer les choix entre ceux qu'on protège et ceux qu'on sacrifie", prédit François Gemenne.

Le niveau de la mer n'est en plus pas le seul effet du réchauffement appelé à chasser de plus en plus de gens de chez eux.

Selon l'Observatoire des situations de déplacement interne (IDMC), 16 millions de personnes ont été déplacées en 2018 par des événements météo extrêmes appelés à se multiplier.

Le dérèglement climatique est devenu un "moteur de migration", mettait en garde l'an dernier la Banque mondiale, qui prédit 143 millions de "migrants climatiques" d'ici à 2050.

Et si pour certains, il existe un espoir de rentrer un jour, pour ceux acculés par la montée des eaux, "ce sont des migrations sans retour possible", insiste François Gemenne.

L'Indonésie renonce pour l'instant à une loi punissant le sexe hors mariage

Le président indonésien Joko Widodo, Jakarta, 17 Agustus 2019.

Le président indonésien Joko Widodo a appelé vendredi à réexaminer un projet de loi controversé qui prévoyait des peines de prison pour les relations sexuelles hors mariage ou entre personnes du même sexe.

Les députés devaient voter la semaine prochaine une série de révisions drastiques du code pénal qui avaient déclenché un concert de protestations et des manifestations d'étudiants. Mais le chef de l'Etat a demandé à ce que l'examen du texte soit repoussé à la session parlementaire suivante.

"Après avoir écouté plusieurs groupes qui avaient des objections sur plusieurs aspects de la loi, j'ai décidé qu'il fallait de plus amples délibérations sur certains points", a indiqué le président récemment réélu pour un second mandat.

"Le ministère de la Justice a reçu l'instruction de communiquer mon avis au Parlement et de repousser la ratification du code pénal" après la session parlementaire en cours.

Les nouveaux articles du code pénal envisageaient d'interdire les relations sexuelles hors mariage ou adultérines, ou les relations sexuelles entre personnes du même sexe. Des peines de prison de six mois à un an et des amendes étaient envisagées pour les contrevenants.

Le fait de "montrer ou d'offrir" des moyens de contraception à des mineurs deviendrait aussi illégal.

Sans attendre le vote de la loi, les autorités australiennes avaient publié vendredi un avertissement aux voyageurs, appelant les touristes non mariés voyageant en Indonésie à la prudence. Bali est l'une des destinations préférées des touristes australiens.

La révision du code pénal Indonésie, qui date de l'époque coloniale néerlandaise, est en discussions depuis plusieurs décennies. Elle avait déjà été repoussée l'an dernier.

Les efforts des groupes musulmans conservateurs pour durcir le code pénal sur les aspects de morale sexuelle ont été vivement critiqués par les défenseurs des droits et de nombreux citoyens de ce pays de 260 millions d'habitants.

Une pétition contre le texte a réuni un demi-million de signatures et de nombreux internautes se sont indignés.

"C'est une folie si ce texte est voté, une folie! Que devient ce pays!", s'est interrogé sur twitter le réalisateur Joko Anwar, qui a 1,7 million d'abonnés.

Longtemps montrée en exemple pour la tolérance entre les différentes religions et cultures de l'archipel, l'Indonésie a pris un tournant plus conservateur sous l'influence de mouvements musulmans traditionalistes.

Le projet de texte prévoit aussi une application plus large de la loi controversée sur le blasphème et envisage d'interdire les "insultes" envers le président ou le vice-président.

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