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Droits humains

L'ONU demande aux autorités camerounaises de "libérer" l'opposant Maurice Kamto

Maurice Kamto, chef du parti d'opposition camerounais Mouvement pour la renaissance du Cameroun lors d'un rassemblement de campagne pour la prochaine élection présidentielle, à Yaoundé, le 30 septembre 2018.

Les experts des droits de l'Homme des Nations unies demandent au Cameroun, dans un communiqué, "de libérer le principal dirigeant d'opposition", Maurice Kamto, "et les autres personnes arrêtés" lors des manifestations du 22 septembre 2020.

L'opposant Maurice Kamto déclare être "séquestré" chez lui contre son gré depuis trois semaines pour avoir appelé à "des marches pacifiques" contre le régime de Paul Biya, qui dirige le pays depuis 38 ans.

L'opposant assure que le dispositif policier devant sa maison est toujours en place et qu'il n'a reçu aucune notification de quoi que ce soit. "Une voiture de la gendarmerie bloque la sortie de chez moi", a ajouté M. Kamto.

"L'assignation à résidence de Maurice Kamto pourrait constituer une privation de liberté, en violation de ses droits à la liberté de réunion pacifique et d'association, ainsi que de la liberté et à la sécurité de sa personne", ont déclaré lundi les experts des "procédures spéciales", le plus grand corps d'experts indépendants au sein du système onusien des droits de l'homme.

Yaoundé n'a pas souhaité s'exprimer sur le statut actuel de l'opposant.

Face à cette situation, les avocats de M. Kamto ont indiqué dans un communiqué avoir saisi la justice, accusant l'Etat camerounais de "voies de fait administratives". Le procès doit s'ouvrir jeudi, selon eux.

"Nous sommes extrêmement préoccupés par les arrestations massives de manifestants pacifiques et de militants politiques qui expriment leur dissidence", ont ajouté les experts de l'ONU, dont les propos ont été rapportés par le Conseil des droits de l'Homme de l'organisation mondiale. Ils appellent les autorités à "cesser les intimidations à l'encontre des militants politiques".

Les experts se disent "préoccupés par l'usage excessif de la force contre des manifestants pacifiques par les forces de sécurité camerounaises".

Le 22 septembre, la police avait très violemment dispersé des centaines de manifestants notamment à Douala (sud), la capitale économique. Plus de 500 manifestants avaient été arrêtées dans plusieurs villes du pays, selon M. Kamto.

D'après un collectif d'avocats constitué pour leur défense, 93 manifestants ont été écroués alors que 58 autres étaient toujours mardi en garde à vue.

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L'armée nigériane accusée d'avoir fait avorter illégalement des femmes rescapées de jihadistes

Hauwa Joseph, une écolière kidnappée de Chibok, est assise avec son bébé à Maimalari Barracks à Maiduguri, dans le nord-est du Nigeria, le 21 juin 2022.

Les forces armées nigérianes sont accusées d'avoir mené depuis près de dix ans un programme d'avortements de masse sur des femmes rescapées des groupes jihadistes dans le nord-est du pays, selon une enquête de l'agence de presse Reuters publiée mercredi et démentie en bloc par l'armée.

Selon cette enquête, l'armée nigériane mène depuis 2013 un programme "d'avortements secrets, systématiques et illégaux dans le nord-est du pays, mettant fin à au moins 10.000 grossesses chez des femmes et des jeunes filles, dont beaucoup avaient été enlevées et violées par des combattants jihadistes".

"La plupart des avortements" ont été pratiqués sans le consentement de ces femmes, "souvent" à leur insu, rapportent les journalistes qui s'appuient sur les témoignages de 33 femmes et jeunes filles, cinq travailleurs de santé et neuf personnels de sécurité impliqués dans ce programme, mais aussi sur des documents militaires et des registres d’hôpitaux.

Les femmes et les filles étaient enceintes de quelques semaines à huit mois. "Certaines n'avaient que 12 ans", affirme cette enquête. Selon les témoignages recueillis par les journalistes, les soldats assuraient aux femmes que les pilules et les injections données "étaient destinées à rétablir leur santé et à combattre des maladies telles que le paludisme".

"Dans certains cas, les femmes qui résistaient étaient battues, frappées à coups de bâton, tenues en joue ou droguées pour qu'elles obéissent", ajoute cette enquête.

L'armée, dans un document de cinq pages cité dans l'enquête de Reuters et consulté mercredi par l'AFP, nie l'existence d'un tel programme. Elle assure que sa mission est de protéger les civils, et affirme que l'enquête est "une insulte aux Nigérians et à leur culture".

Au Nigeria, la religion tient une place centrale, que ce soit dans le nord à majorité musulmane ou dans le sud à majorité chrétienne. L'avortement y est illégal, sauf lorsque la vie de la mère est en danger. Dans le nord, il est passible de 14 ans d'emprisonnement, rappelle l'enquête de Reuters.

Dans sa réaction, l'armée nigériane martèle qu'elle ne peut être à l'origine d'un "programme aussi maléfique" et "certainement pas sur (son) propre sol". Les avortements forcés peuvent "constituer des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité", avance Reuters qui a consulté quatre experts juridiques.

Confrontés à une insécurité généralisée, dont l'insurrection jihadiste de Boko Haram et de l'Etat islamique dans le nord-est, les Nigérians éliront le 25 février un successeur au président Muhammadu Buhari, qui ne se représente pas après deux mandats, comme le prévoit la Constitution.

Procès du 28-Septembre: Moussa Dadis Camara sera entendu le 12 décembre

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Procès du désert: la prison ferme pour 262 manifestants tchadiens

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Massacre de 2009: le procès de Moussa Dadis Camara renvoyé au 12 décembre

L'ancien président guinéen Moussa Dadis Camara (à dr.) devant les juges pendant son procès à Conakry, en Guinée, le 28 septembre 2022.

Le moment le plus attendu depuis l'ouverture en Guinée du procès du massacre de septembre 2009, la comparution de Moussa Dadis Camara, a tourné court lundi quand la cour a accepté la demande de renvoi de l'ancien chef d'État pour raisons de santé.

Le moment de la comparution est arrivé en fin de matinée quand le président Ibrahima Sory Tounkara a déclamé: "Monsieur Moussa Dadis Camara, venez à la barre, s'il vous plaît".

Moins de 12 minutes plus tard, le même président prononçait le renvoi de l'affaire au 12 décembre 2022 avec ces mots: "Vous avez une semaine M. Camara, l'audience est levée". Dans l'intervalle, l'ancien autocrate âgé de 57 ans, qui faisait trembler ceux qui subissaient ses foudres, a plaidé avec obséquiosité pour le renvoi en invoquant sa santé.

Un avocat de Moussa Dadis Camara propose une assignation à résidence durant son procès
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"Avec tout le respect que j'ai pour votre auguste tribunal - j'en ai déjà informé le directeur de la garde pénitentiaire, le médecin chef de la garde pénitentiaire - depuis un très bon moment je souffre", a dit le capitaine Camara après s'être présenté à la barre d'une démarche mal assurée et en tenue civile, lui qui ne se départissait jamais de son uniforme.

"Je ne suis pas au-dessus de la loi", a-t-il dit, "mais en toute sincérité je ne me sens pour le moment abolument pas (en état de déposer)". Le principal accusé de ce procès historique a vaguement évoqué "le palu que j'ai eu, un affaiblissement total", et laissé entendre qu'il préférait ne pas s'étendre.

"Le tribunal ne peut pas vous obliger à dire ou à faire ce que vous ne voulez pas faire (...) Si vous dites que vous ne pouvez pas (déposer), le tribunal vous suivra", a dit le président avant d'annoncer le renvoi. Le capitaine Camara répond depuis le 28 septembre 2022 avec une dizaine d'anciens responsables militaires et gouvernementaux du massacre perpétré 13 ans plus tôt jour pour jour.

Le capitaine Camara, porté au pouvoir par un coup d'Etat neuf mois auparavant, était président ce jour et les suivants où les Bérets rouges de sa garde, des soldats, des policiers et des miliciens ont assassiné dans un stade de Conakry et alentour des dizaines de personnes réunies pour le dissuader de se présenter à la présidentielle prévue en janvier 2010. Des dizaines de femmes ont été violées, des individus séquestrés et torturés, de nombreux corps escamotés.

Ecarté quelques mois après le massacre, exilé ensuite au Burkina Faso, il a été emprisonné après être rentré pour le procès.

Manifestation réprimée au Tchad: prison ferme pour 262 accusés

Les soldats tchadiens gardent des prisonniers dans la cour d'une prison de gendarmerie, Ndjamena, 13 février 2008. (VOA Archives)

Un total de 262 personnes arrêtées à N'Djamena lors d'une manifestation violemment réprimée en octobre, avec une cinquantaine de tués par balles, ont été condamnées de 2 à 3 ans de prison ferme dans un procès de masse à huis-clos et sans avocats, a annoncé lundi le parquet.

Quelque 80 autres, sur 401 personnes jugées, des manifestants contre le régime pour l'essentiel, ont écopé de peines d'emprisonnement avec sursis et 59 ont été relaxées, a précisé à la presse le procureur de la République de N'Djamena, Moussa Wade Djibrine.

Ce procès de masse s'est déroulé en plein désert, à 600 km de la capitale, dans une prison de haute sécurité à Koro Toro, une procédure de dépaysement "illégale" selon leurs avocats qui ont décidé de ne pas s'y rendre. Ils comparaissaient notamment pour "violences et voies de fait", "destruction de biens" et "troubles à l'ordre public".

Le procès s'est tenu en quatre jours et s'est achevé vendredi mais, seule la télévision d'Etat ayant eu le droit d'y assister, en l'absence de tout autre média, le procureur n'a rendu public le jugement que trois jours plus tard, à son retour dans la capitale.

Le 20 octobre 2022, une cinquantaine de personnes, de jeunes manifestants tués par balles pour l'immense majorité, avaient péri à N'Djamena et ailleurs quand les forces de l'ordre avaient ouvert le feu sur la moindre tentative de rassemblement.

Ils répondaient à l'appel de l'opposition contre la prolongation de deux ans au pouvoir du général Mahamat Idriss Déby Itno, proclamé chef de l'Etat par les militaires le 20 avril 2021 à l'annonce de la mort de son père, le président Idriss Déby Itno, tué au front par des rebelles après avoir dirigé d'une main de fer le Tchad 30 années durant.

Le pouvoir avait reconnu l'arrestation de 601 personnes - dont 83 mineurs - pour la seule N'Djamena, et leur transfert dans la prison de Koro Toro, à plus de deux jours de voiture de la capitale et en l'absence de leurs avocats.

Quelque 80 mineurs détenus à Koro Toro ont été transférés à N'Djamena, a assuré lundi le procureur Wade Djibrine.

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