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L'ONU choquée par le meurtre d'un palestinien handicapé par l'armée israélienne


Un Palestinien au sol après avoir été abattu par les soldats israéliens, Beit El, près de Rammalh, le 15 décembre 2017

Le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme s'est dit "véritablement choqué" par la mort d'un Palestinien en fauteuil roulant tué par l'armée israélienne à Gaza et a réclamé une enquête "impartiale et indépendante".

Ibrahim Abou Thouraya, 29 ans, a été tué alors qu'il participait vendredi aux manifestations contre la reconnaissance par le président américain Donald Trump de Jérusalem comme capitale d'Israël.

Il avait perdu ses deux jambes lors d'une attaque israélienne sur la bande de Gaza en 2008.

Dans un communiqué, le Haut-Commissaire Zeid Ra'ad Al Hussein s'est dit "véritablement choqué" et a ajouté que selon les informations collectées par des employés de l'ONU à Gaza, "la force utilisée contre Ibrahim Abou Thouraya était excessive".

"D'après ce que l'on sait, il n'y a rien qui pouvait suggérer que (la victime) représentait une menace imminente (...) lorsqu'elle a été tuée. Etant donné son grave handicap, qui était clairement visible aux yeux de ceux qui ont tiré sur lui, sa mort est incompréhensible - un acte véritablement choquant et gratuit", a-t-il commenté.

Lors d'un point de presse à Genève, un porte-parole du Haut-Commissariat, Rupert Colville, a déclaré que M. Zeid avait "appelé Israël à ouvrir immédiatement une enquête indépendante et impartiale sur cet incident et sur tous les autres ayant entraîné la mort ou des blessures, en vue de demander des comptes aux auteurs des crimes commis".

"Les rapports suggèrent qu'une enquête préliminaire de l'armée israélienne interne a eu lieu. (...) Cela n'est pas suffisant", a-t-il expliqué.

L'armée israélienne a indiqué que, devant la violence "extrême" des manifestations auxquelles Ibrahim Abou Thouraya prenait part, elle avait recouru à des moyens anti-émeutes censés être non-létaux, mais qu'elle avait aussi procédé à "quelques tirs contrôlés" à balles réelles contre les "principaux instigateurs".

Selon l'enquête préliminaire qu'elle a menée, "il est impossible de déterminer si Abou Thouraya a été atteint par les moyens anti-émeutes ou ce qui a causé sa mort", a-t-elle dit dans un communiqué. Mais "aucune faute morale ou professionnelle n'a été identifiée", et l'armée a fait preuve "de retenue dans l'usage de la force", a-t-elle dit.

Ibrahim Abou Thouraya est mort d'une balle israélienne dans la tête, selon le ministère de la Santé dans la bande de Gaza.

Le 6 décembre, M. Trump a affirmé qu'"il (était) temps de reconnaître officiellement Jérusalem comme capitale d'Israël". Sa décision a provoqué des manifestations et violences quotidiennes dans les Territoires palestiniens.

"La riposte des forces de sécurité israéliennes a fait cinq morts, des centaines de blessés et des arrestations massives de Palestiniens", a affirmé M. Colville.

D'après l'ONU, l'utilisation de balles réelles a notamment fait plus de 220 blessés à Gaza, dont 95 vendredi. D'autres ont été blessés par les gaz lacrymogènes ou des balles en caoutchouc.

Avec AFP

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