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L'OCDE toujours plus pessimiste pour l'économie mondiale

OECD

L'Organisation de coopération et de développement économiques a revu en baisse lundi ses prévisions de croissance mondiale, pour la deuxième fois en trois mois, et même laissé planer le spectre d'une récession.

L'OCDE attend désormais une croissance mondiale de 2,9% cette année, contre 3,0% espérés auparavant, puis 3,3% l'an prochain, contre 3,6% attendus auparavant.

En 2017, elle devrait accélérer un peu, à 3,6%, selon le premier pointage pour cette année-là livré par l'OCDE.

Soulignant que "commerce robuste et croissance mondiale vont main dans la main", la chef économiste de l'OCDE Catherine Mann écrit en introduction du rapport de conjoncture d'automne de l'organisation que les échanges commerciaux, après déjà quelques faiblesses ces dernières années, "semblent avoir stagné et même décliné depuis la fin 2014. C'est profondément préoccupant."

L'OCDE souligne même que les taux de croissance du commerce mondial observés jusqu'ici en 2015 sont à un niveau si bas que "dans le passé, ils étaient associés à une récession internationale".

"La Chine semble être au coeur" de ce phénomène, à cause de son rôle de pivot dans les échanges mondiaux, souligne Mme Mann.

Pour elle, la "transition", depuis une économie d'investissements lourds et d'industrie vers une économie de services et de consommation, affecte aussi bien les pays exportateurs de matières premières, forcés de baisser les prix face au moindre appétit chinois, que les économies de la région.

L'économiste redoute également que les soubresauts cet été du marché boursier n'aient "modéré l'optimisme des consommateurs chinois et les importations".

L'OCDE a malgré tout maintenu voire légèrement amélioré ses prévisions pour la Chine, où elle attend une croissance de 6,8% cette année, puis 6,5% en 2016 et 6,2% en 2017 (première estimation).

Face au ralentissement chinois, tous les pays émergents ne réagissent pas de la même façon.

L'OCDE a ainsi à nouveau baissé ses attentes pour le Brésil, qui devrait afficher une récession de 3,1% cette année (-2,8% prévu en septembre) puis décroître encore de 1,2% l'an prochain (-0,7% en septembre), avant de rebondir en 2017 (+1,8%).

La Russie non plus ne devrait pas retrouver la croissance avant deux ans.

L'Inde continue elle à être le bon élève des pays émergents, avec une croissance prévue à plus de 7% par an jusqu'en 2017.

Du côté des économies avancées, les Etats-Unis devraient progresser de 2,4% cette année puis de 2,5%, et 2,4%.

La situation est plus délicate pour le Japon où l'OCDE attend un taux de croissance de 0,6% en 2015 puis 1,0% en 2016, fléchissant à nouveau à 0,5% en 2017.

La zone euro ne décolle pas vraiment, avec des taux de croissance attendus à 1,5% cette année puis 1,8% en 2016, et 1,9% en 2017.

La France comme l'Allemagne devraient accélérer modérément jusqu'en 2017, pour atteindre respectivement 1,6% et 2% de croissance à cet horizon. L'Italie devrait passer de 0,8% de croissance en 2015 à 1,4% en 2016 comme en 2017.

L'OCDE attend au contraire un ralentissement de l'Espagne, qui devrait croître de 3,2% cette année, puis 2,7% puis 2,5%.

La Grèce devrait elle rester en récession cette année et l'an prochain, avant de renouer éventuellement avec la croissance en 2017, avec un taux de chômage restant élevé (plus de 23%). L'OCDE a souligné que ce scénario restait "très incertain", et appelé à faire des réformes structurelles ainsi qu'à "alléger le fardeau de la dette" du pays.

L'organisation a une nouvelle fois appelé les Etats en zone euro à lancer des programmes d'investissement ainsi que des réformes structurelles pour venir en appui à la politique ambitieuse de la Banque centrale européenne (BCE).

L'OCDE estime aussi que l'afflux de migrants, s'il est accompagné "des bonnes décisions politiques, n'aura pas nécessairement un poids économique ingérable".

Elle a enfin appelé les gouvernements du monde entier à lancer une "action résolue pour lutter contre le changement climatique".

Avec AFP

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Trump et Biden se disputent le vote des Hispaniques de Floride

Fabiola Vejar, à droite, inscrit Stephanie Cardenas pour voter devant un supermarché latino à Las Vegas, le 9 juin 2016.

Quel est le point commun entre l'ex-leader cubain Fidel Castro et l'ouragan Maria qui a dévasté l'île de Porto Rico en 2017? Chacun est brandi comme un épouvantail par Donald Trump et Joe Biden quand ils viennent à la chasse aux électeurs latinos en Floride.

Dans cet Etat où se sont jouées de précédentes présidentielles --et où pourrait bien se jouer celle du 3 novembre-- le poids électoral des votants d'origine cubaine est connu depuis des décennies: anticastristes convaincus, ils sont majoritairement républicains.

Mais la carte locale du vote hispanique pourrait ne plus avoir grand chose à voir en 2020 par rapport à 2016.

Dans le sillage d'une profonde crise financière qui l'a mise à genoux économiquement, Porto Rico a été ravagée par Maria, poussant des dizaines de milliers de ses habitants à quitter l'île et venir grossir les rangs de la population hispanophone de Floride.

C'est le cas de Taileen Nieves, 42 ans. Cette femme a enduré les terribles coups de boutoir de l'ouragan, le 20 septembre 2017, et a été directement témoin des vastes destructions causées.

Afflux de sinistrés portoricains

Deux mois plus tard, épuisée par les conditions de vie et l'absence de courant électrique, la Portoricaine a pris son fils de 3 ans sous le bras et s'est résolue à trouver refuge en Floride.

"Cela a été vraiment difficile, moi seule avec mon enfant. Et très dangereux", résume-t-elle.

Elle vit désormais à Auburndale, dans le centre de la péninsule située au Sud-Est des Etats-Unis. Après dix mois de chômage, elle a trouvé un emploi chez un podologue.

Selon Jorge Duany, directeur de recherches sur les questions cubaines à l'Université internationale de Floride, "il y a actuellement environ un million d'électeurs portoricains inscrits, plus ou moins la même quantité que les Cubains".

Et donc, au scrutin du 3 novembre, le comportement des électeurs latinos dépendra d'une donnée nouvelle mais cruciale: le jugement qu'ils portent sur la gestion de l'ouragan par Donald Trump.

Maria a fait quelque 3.000 morts à Porto Rico, un lourd bilan qui marquera durablement la mémoire collective des sinistrés.

Beaucoup se souviennent de la visite éclair post-ouragan du président dans le territoire, dont les près de 4 millions d'habitants sont des citoyens américains.

Donald Trump avait été filmé en train de jeter des rouleaux de papier essuie-tout en direction de supposés sinistrés, d'une façon nonchalante voire dégradante selon les critiques du président, et en tout cas sans la gravité attendue face à l'ampleur de la catastrophe.

Trois ans plus tard, les démocrates entendent garder ce souvenir vivace et l'exploiter.

L'équipe de campagne de Joe Biden a diffusé un clip vidéo compilant les images de la dévastation causée par Maria, sur une musique de Bad Bunny, célèbre chanteur de reggaeton portoricain.

Mardi, le candidat démocrate s'est rendu à Kissimmee, un bastion portoricain proche de la grande ville d'Orlando. Il a exprimé son soutien à ce que le territoire insulaire devienne le 51e Etat de l'union.

Une énorme pancarte montrait Donald Trump et sa distribution aérienne de rouleaux essuie-tout, avec la légende suivante: "Défense d'oublier".

Cependant, l'incertitude plane sur la capacité à se mobiliser de cet électorat.

Vénézuéliens "nouveaux Cubains"

A l'opposé, le soutien à Donald Trump des votants d'origine cubaine semble s'être renforcé depuis 2016.

Selon un sondage NBC News/Marist: le président devancerait son rival démocrate de quatre points (50-46) dans les intentions de vote chez les Latinos, les deux hommes étant à égalité en Floride en comptant tous les électeurs.

M. Trump a su rallier les votants d'origine vénézuélienne en adoptant une posture farouchement anti-Maduro, le président du Venezuela, même si celui-ci est toujours au pouvoir à Caracas.

"Les républicains ont une stratégie habile qui consiste à transformer les Vénézuéliens en nouveaux Cubains", résume Randy Pestana, un expert en sciences politiques.

Dimanche, Trump a rendu hommage aux anciens combattants du débarquement de la baie des Cochons, une tentative d'invasion militaire de Cuba par des exilés cubains soutenus par les États-Unis en avril 1961.

Dans le reste du pays, les électeurs hispaniques sont majoritairement originaires du Mexique et des pays d'Amérique centrale. Pour eux la question migratoire est essentielle pour déterminer leur vote, un thème sur lequel Donald Trump a toujours affiché sa fermeté.

Résultat, au niveau national, 66% des Hispaniques disent avoir une opinion défavorable du président, selon l'institut Latino Decisions. Et en novembre ils représenteront pour la première fois le premier groupe de votants parmi les minorités ethniques, avec 13% de l'électorat, a calculé l'institut Pew.

Mais ce sont bien les Latinos de Floride qui seront les plus susceptibles de faire basculer l'issue du scrutin.

Donald Trump ne se rendra pas en personne à l'Assemblée générale de l'ONU

Le président américain Donald Trump prend la parole lors de la 74e session de l'Assemblée générale des Nations Unies au siège de l'ONU à New York, le 24 septembre 2019.

Le président américain Donald Trump ne sera pas présent à l'Assemblée générale de l'ONU prévue la semaine prochaine, contrairement à ce qu'il affirmait le mois dernier, a indiqué son chef de cabinet Mark Meadows aux journalistes à bord d'Air Force One.

Le président fait ainsi volte-face alors que le mois dernier, il a dit vouloir tenir son discours dans la salle de l'Assemblée générale à New York, quoique les dirigeants des autres pays ne participeront pas en raison de la pandémie de nouveau coronavirus.

Les principales activités de la 75e session de l'Assemblée générale de l'ONU, avec des discours successifs de chefs d'Etat, se dérouleront notamment par visioconférence du 21 au 29 septembre.

Dans son discours mardi, le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a mis en évidence comme objectifs cette année le combat global contre la pandémie de Covid-19 ainsi que "la paix et la sécurité, le désarmement, les droits humains, l'égalité des sexes et le développement durable".

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