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L'impasse électorale continue au Parlement béninois


Visite de la délégation de l'ONU au domicile de Nicéphore Dieu Donnée Soglo, à Cotonou, le 22 mars 2019. (VOA/Ginette Fleure Adandé)

Au Bénin, les négociations menées par le président du Parlement en vue de sortir le pays de l'impasse électorale ont du mal à donner des résultats. Même la plénière ouverte jeudi n'a pas débloqué la situation.

Les FCBE de l'ancien président Yayi Boni et Restaurer l'espoir de l'ancien ministre de la défense nationale Candide Azannaï se sont retirés des négociations. Ils exigent un médiateur indépendant pour conduire les négociations.

L'opposition béninoise exige des préalables avant toute négociation. Selon Guy Mitokpè, du parti Restaurer l'espoir, l'un des partis ayant claqué la porte des négociations, Adrien Houngbédji n'est pas la personne idéale pouvant conduire la médiation.

Au cours de la plénière jeudi, il a même proposé la dissolution du Parlement.

Guy Mitokpè, député ayant proposé la dissolution du parlement, à Cotonou, le 22 mars 2019. (VOA/Ginette Fleure Adandé)
Guy Mitokpè, député ayant proposé la dissolution du parlement, à Cotonou, le 22 mars 2019. (VOA/Ginette Fleure Adandé)

"Au nom de quoi, alors qu'il s'agit d'une crise qui concerne tout le pays, il faudrait qu'on se retrouve au domicile du président de l'Assemblée? Ce n’est pas le format exigé. Le président de l'Assemblée nationale est de la majorité présidentielle. Il n'est pas le médiateur idéal. Théâtraliser dans un tel contexte c'est ne pas respecter le peuple. Nous sommes pour le dialogue, nous continuons d'être ouverts pour le dialogue mais nous refusons les arrangements".

L'opposition exige l'organisation des élections inclusives à bonne date, sans que la constitution ne soit touchée. Impossible, répond le président de l'Assemblée nationale Me Adrien Houngbédji.

Adrien Houngbédji, président de l'Assemblée nationale à Cotonou, le 21 mars 2019. (VOA/Ginette Fleure Adandé)
Adrien Houngbédji, président de l'Assemblée nationale à Cotonou, le 21 mars 2019. (VOA/Ginette Fleure Adandé)

"Si on n'y touche pas je ne sais pas comment nous pourrons d'ici le 28 avril faire les élections. Et le texte est très clair dessus. Lorsque le renouvellement à bonne date de l'assemblée nationale est compromis par des menaces graves à la paix sociale, l'assemblée peut proroger le mandat en cours d'un délai qui ne peut excéder 45 jours. Cela étant, si nous n'y arrivons pas, là où nous avons prévu 8 jours on mettra 2 jours, là où nous avons prévu 10 jours on mettra un jour. On fera quelque chose dans la précipitation avec pleins d'erreurs. C'est tout".

La révision stratégique de la constitution est diversement accueillie au sein des populations. Pour certains, c'est une erreur à ne jamais commettre.

La révision de la constitution dans nos pays d'Afrique engendre d'autres conséquences difficiles à gérer. C'est pourquoi nous sommes dans la logique d'être méfiants et de souhaiter que nous ne modifions pas la constitution.
Accusée d'être insensible à la situation actuelle du pays, la majorité parlementaire, par le biais de Rachidi Gbadamassi, se défend.

"J'ai comme l'impression que nos amis d'en face font du dilatoire politique. J'ai comme l'impression que c'est le voleur qui crie au voleur. J'ai comme l'impression que nos amis d'en face ne veulent pas de nos élections. Et nous prenons la communauté internationale et l'opinion publique à témoin parce que depuis un certain moment nous avons montré que nous voulons une élection inclusive mais apparemment nos amis d'en face ne sont pas prêts".

La situation politique actuelle du Bénin préoccupe la communauté internationale.Une mission de l'ONU conduite par Mohammed Ibn Chambas était dépêchée à Cotonou.

Mohammed Ibn Chambas, représentant spécial du Secrétaire Géneral des Nations Unies pour l'Afrique de l'Ouest et le Sahel après sa visite au siège de la cour constitutionnelle, à Cotonou, le 22 mars 2019. (VOA/Ginette Fleure Adandé)
Mohammed Ibn Chambas, représentant spécial du Secrétaire Géneral des Nations Unies pour l'Afrique de l'Ouest et le Sahel après sa visite au siège de la cour constitutionnelle, à Cotonou, le 22 mars 2019. (VOA/Ginette Fleure Adandé)

Leur rôle s'assurer que la situation n'échappe pas au contrôle des acteurs politiques.

"Comme le Bénin est toujours un bon exemple de démocratie dans la sous région, nous sommes confiants qu'on va s'en sortir. Nous avons décidé de discuter avec tous les acteurs surtout avec les partis politiques.Ce sont des discussions qui vont renforcer la démocratie au Bénin".

Le président Patrice Talon a reçu mercredi l'ancien chef d'État Nicéphore Dieu donnée SOGLO qui dans une déclaration jeudi a affirmé que Patrice Talon est disposé à faire baisser la tension dans le pays et à renouer avec les acquis de la conférence nationale.

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