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Sébastien Ajavon lance son parti politique au Bénin


L'homme d'affaire Sébastien Ajavon, soutient le candidat Patrice Talon, à Cotonou, le 18 mars 2016.

L’homme d'affaires franco-béninois et candidat malheureux à la dernière présidentielle au Bénin, Sébastien Ajavon, a créé ce week-end un parti politique, l’Union sociale libérale (USL).

Au milieu de centaines de militants réunis en congrès à Djeffa, à une cinquantaine de kilomètres de Cotonou, Sébastien Ajavon a tenu samedi un discours très critique sur la gouvernance du président Patrice Talon, élu en 2016.

"Notre pays va mal et nous ne pouvons pas croiser les bras. Je suis là avec vous et pour vous. Je refuse la stratégie de la terreur qui impose le silence", a déclaré le président d’honneur du nouveau parti sous les applaudissements.

"Je n'ai plus de doute aujourd'hui que le pouvoir que nous avons érigé a tourné le dos aux aspirations du peuple. Les recettes de l'État souffrent", a affirmé l’homme d’affaires surnommé "le roi de la volaille", qui a fait fortune dans l'agroalimentaire.

M. Ajavon a promis à ses soutiens un "engagement irréversible" et une "détermination totale", notamment dans la perspective des élections législatives prévues en 2019 au Bénin.

Le bureau du parti est composé de 15 membres, notamment des nouveaux venus en politique et d’anciens partisans de l'ex-président Thomas Boni Yayi.

Plusieurs personnalités comme l’ancien président de la République Nicéphore Soglo étaient également présentes.

Candidat à la présidentielle de 2016, Sébastien Ajavon était arrivé troisième avec 23% des voix, avant de soutenir un autre homme d'affaires, Patrice Talon, qu'il a contribué à faire élire au second tour face à Lionel Zinsou.

Mais les relations entre les deux hommes se sont vite dégradées après la présidentielle, Sébastien Ajavon ayant été visé par la justice dans plusieurs affaires.

>> Lire aussi : Sebastien Ajavon à nouveau dans le collimateur de la justice béninoise

Temps de la discorde

Les deux hommes ont pourtant été alliés pour le second tour de la présidentielle de 2016. Arrivé troisième, Sebastien Ajavon avait appelé ses électeurs à voter pour Talon, le portant au pouvoir face à Lionel Zinsou.

Mais ce rapprochement fut de courte durée. Officiellement, Ajavon n'a reçu que trois portefeuilles au gouvernement contre les six ou sept promis entre les deux tours.

Selon l'un de ses proches, le candidat malheureux a été mis devant le fait accompli "à quelques minutes de l'officialisation du gouvernement".

Ajavon "a voulu faire affaires avec Talon et voulait se partager le gâteau avec lui, notamment dans le secteur de l'énergie et de la communication, mais il a reçu un coup de poignard dans le dos", estime un autre homme d'affaires béninois.

Une chose est sûre: "ils ont toujours été opposés l'un à l'autre sur le plan économique, puis politique", explique Gilles Yabi, politologue béninois et directeur du think-tank Wathi. "Et Talon n'est pas perçu comme quelqu'un qui peut partager le pouvoir."

Complot

Ces deux dernières années, Ajavon a multiplié les ennuis judiciaires: arrêté puis relaxé dans une affaire de drogue, il fait aujourd'hui l'objet d'un redressement fiscal de plus de 254 millions d'euros.

Il a également été accusé d'escroquerie en octobre dernier pour avoir exporté certains produits interdits vers le Nigeria, et sa radio, Radio Soleil, a été suspendue pendant plusieurs mois pour des problèmes administratifs.

Son avocat, Marc Bensimhon, basé à Paris, n'hésite pas à parler de complot, affirmant que le pouvoir tente de "détruire Ajavon".

"Mon client est pris dans un étau par le biais de l'ensemble de l'appareil de l'Etat", affirme-t-il à l'AFP. "Jusqu'à présent, il est resté discret mais désormais il monte au créneau", poursuit l'avocat, ajoutant avoir porté l'affaire du redressement fiscal devant la Cour africaine des droits de l'homme.

"Ajavon souhaite-t-il capitaliser sur son score de 22% à la dernière élection (...) ou veut-il se protéger de son redressement fiscal avec une stature d'homme politique" (en fondant un parti) ?, s'interroge M. Yabi.

Le président Talon est lui-même accusé par ses détracteurs de profiter du fauteuil présidentiel pour faire fructifier ses nombreuses sociétés.

Léonce Houngbadji, président d'un parti d'opposition qui a apporté son soutien à Ajavon le week-end dernier, a mis en garde les deux rivaux : "Faire de la politique aujourd'hui ne peut plus, et ne doit plus être un business, un fonds de commerce", a-t-il asséné lotrs d'un meeting.

Avec AFP

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