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L'explosion à caractère nucléaire sur une base russe liée aux tests de "nouveaux armements"

Dans cette vidéo fournie par la télévision russe RU-RTR, la fumée s'élè après des explosions dans la base militaire située à une dizaine de kilomètres d'Achinsk, région de Krasnoïarsk, dans l'est de la Russie, le lundi 5 août 2019.

Quatre jours après l'explosion à caractère nucléaire ayant fait au moins cinq morts sur une base du Grand Nord, les autorités russes ont reconnu lundi que l'accident était lié aux tests de "nouveaux armements", promettant de les mener "jusqu'au bout".

Des experts américains ont estimé que l'accident pourrait être lié aux tests du missile de croisière "Bourevestnik", l'une des nouvelles armes "invincibles" vantées par le président Vladimir Poutine en début d'année.

Sans être aussi précise, l'agence nucléaire russe a assuré lundi, en célébrant la mémoire des cinq membres de son personnel tués, vouloir "continuer le travail sur les nouveaux types d'armes, qui sera dans tous les cas poursuivi jusqu'au bout".

"Nous remplirons les devoirs que nous a confiés notre Patrie. Sa sécurité sera entièrement assurée", a ajouté le patron de Rosatom, Alexeï Likhatchev, cité par les agences de presse russes.

L'armée avait auparavant annoncé la mort de deux "spécialistes", sans que l'on sache s'ils sont inclus dans les cinq morts évoqués par l'agence nucléaire russe.

Trois autres personnes ont été blessées dans l'accident survenu jeudi, victimes de brûlures, selon Rosatom. D'après l'agence nucléaire, ses spécialistes fournissaient de l'ingénierie et du support technique pour "la source d'énergie isotopique" du moteur du missile à l'origine de l'explosion, qui s'est produite sur une "plateforme maritime" et qui a jeté plusieurs employés à la mer.

Immédiatement après l'accident, le ministère de la Défense avait seulement déclaré que les faits s'étaient produits au cours de l'essai d'un "moteur-fusée à ergols liquides", mais n'avait pas décrit l'accident comme impliquant du combustible nucléaire.

Il avait alors assuré qu'il "n'y a pas eu de contamination radioactive", mais la mairie d'une ville située près de la base avait dit avoir "enregistré une brève hausse de la radioactivité" avant de retirer sa publication.

Le président américain Donald Trump a affirmé lundi en savoir "beaucoup" sur l'explosion, assurant même que les Etats-Unis avaient une arme similaire, une affirmation immédiatement démentie par un expert respecté.

"Les Etats-Unis en ont appris beaucoup sur l'explosion d'un missile défectueux en Russie", a tweeté M. Trump, mentionnant le missile "Skyfall". "Nous avons une technologie similaire, mais plus avancée".

"Voilà qui est bizarre. Nous n'avons pas de programme de missile de croisière à propulsion nucléaire", a répliqué, lui aussi sur Twitter, l'expert américain Joe Cirincione. "Nous avons essayé d'en développer un, dans les années 1960, mais c'était trop délirant, trop infaisable", a ajouté M. Cirincione, président de la fondation Ploughshares Fund, qui milite pour une dénucléarisation globale.

- "Tests uniques" -

Le président russe avait fait sensation l'année dernière puis début 2019 en présentant la nouvelle génération de missiles développés par son pays, "invincibles", "indétectables" ou "hypersoniques". Il a menacé de déployer ces nouvelles armes pour viser les "centres de décision" dans les pays occidentaux.

Des experts ont lié l'accident de jeudi aux tests de l'une de ces nouvelles armes: le "Bourevestnik" ("oiseau de tempête" en russe), missile à propulsion nucléaire dévoilé en grande pompe par Vladimir Poutine en février, mais pas encore au point selon les spécialistes. D'une "portée illimitée" selon le président, il serait capable de surmonter quasiment tous les systèmes d'interception.

La base où s'est produit l'accident de jeudi, ouverte en 1954 et spécialisée dans les essais de missiles de la flotte russe, notamment des missiles balistiques, est située près du village de Nionoska, dans le Grand Nord.

La ville fermée de Sarov, qui accueille le principal centre de recherches nucléaires russe, a décrété dimanche une journée de deuil et les cinq spécialistes tués seront décorés à titre posthume après leurs funérailles lundi.

"Ils ont pris une double responsabilité: dans le développement de technologies et d'équipements uniques et en prenant le risque physique d'effectuer des tests uniques", a déclaré lors de la cérémonie Sergueï Kirienko, membre de l'administration présidentielle et ancien patron de Rosatom, saluant de "vrais héros".

Connu sous le nom de code "Arzamas-16" durant la Guerre froide, le centre de Sarov est à l'origine des premières armes nucléaires de l'Union soviétique.

Début juillet, 14 officiers de l'armée russe avaient été tués dans l'incendie d'un sous-marin nucléaire en mer de Barents, dans des circonstances sur lesquelles les autorités russes ont en grande partie gardé le silence, au nom du "secret d'Etat". Le feu avait pu être maîtrisé avant de toucher le réacteur nucléaire du submersible, selon le ministère de la Défense.

Avec AFP

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Les migrants de l'Open Arms en attente à Lampedusa

La survivante du naufrage, une Camerounaise de 40 ans prénommée Josepha, avait été retrouvée en hypothermie avec une autre femme et un petit garçon morts depuis peu sur les restes d'un canot pneumatique au large de la Libye lors d’une opération de Proacti

Les migrants recueillis en Méditerranée par le navire humanitaire Open Arms reprennent leurs esprits à Lampedusa, dans le sud de l'Italie, où ils ont pu débarquer dans la nuit de mardi à mercredi.

Les 147 occupants du bateau ont rejoint d'autres migrants dans le centre d'accueil situé au coeur de cette petite île sicilienne et conçu pour accueillir moins de cent personnes en attente d'un éventuel transfert vers d'autres installations.

Certains ont dormi dehors, dans une chaleur étouffante, a dit à l'AFP une source au sein de ce centre.

Après une inspection en compagnie de policiers et de deux médecins, le procureur d'Agrigente, Luigi Patronaggio, a décidé mardi que les rescapés devaient débarquer sur cette île très touristique située entre l'Italie et la Tunisie.

Le navire de l'Open Arms, de l'organisation humanitaire espagnole du même nom, a appareillé dans la nuit et a accosté mercredi midi dans le port sicilien de Porto Empedocle, où il est mis sous séquestre par le procureur d'Agrigente, selon une porte-parole de l'association. Son commandant est resté à son bord tandis que la plupart des membres de l'équipage, soulagés mais épuisés, sont repartis dans la journée.

Mardi, l'annonce du débarquement avait suscité des explosions de joie sur l'Open Arms. Après en être descendus un à un, parfois en boitant, et avoir subi un bref contrôle médical, les migrants avaient été conduits au centre d'accueil dans des camionnettes.

"C'est une victoire parce que les institutions italiennes ont finalement décidé de respecter ces personnes", a déclaré à l'AFP le responsable italien d'Open Arms, Riccardo Gatti. "Mais c'est surtout une honte parce qu'on les a laissés en mer pendant près de 20 jours, alors que leur détresse était connue".

- Envoi d'une délégation française -

Paris a annoncé mercredi l'envoi en Italie d'une délégation de l'Office français de protection des réfugiés (Ofpra) pour étudier la situation de "la quarantaine" de migrants de l'Open Arms qu'elle s'est engagée à accueillir.

Les personnes secourues présentes à bord de ce navire s'étaient vu refuser par les autorités italiennes l'accès à Lampedusa, bien que six pays européens (France, Allemagne, Luxembourg, Portugal, Roumanie et Espagne) se soient engagés à les accueillir.

Certains ont passé 19 jours à son bord, égalant ainsi le record des migrants recueillis par le SeaWatch3 fin décembre avant leur débarquement à Malte le 9 janvier dernier.

Face au refus du ministre italien de l'Intérieur sortant Matteo Salvini de les laisser descendre à terre, Madrid a fini mardi par envoyer un bâtiment de guerre vers Lampedusa pour y prendre directement en charge des migrants et les emmener à Majorque, à environ mille kilomètres de la Sicile.

Ce navire est parti à 18H30 (16H30 GMT) de la base de Rota (sud) pour un voyage de trois jours vers Lampedusa.

- L'Ocean Viking encore en mer -

Le procureur italien a pris la décision de mettre préventivement sous séquestre l'Open Arms, dans le cadre d'une enquête contre X pour séquestration de personnes, omission et refus d'actes officiels. Matteo Salvini a affirmé, sur Facebook, qu'elle le visait directement.

Il ne reste plus qu'un bateau humanitaire, l'Ocean Viking, capable d'aller secourir les embarcations de fortune qui s'élancent régulièrement à partir des côtes libyennes, avec des migrants à leur bord.

L'Ocean Viking, affrété par les ONG SOS Méditerranée et Médecins sans frontières, cherche-lui aussi à débarquer dans un port sûr 356 migrants.

Il se trouve dans le canal de Sicile entre Malte et Lampedusa. Interdit par les autorités maltaises au dernier moment de se ravitailler, à l'aller, en eau et en carburant, il est contraint d'économiser ces ressources. L'homme fort du gouvernement italien sortant Matteo Salvini lui avait interdit d'approcher des côtes de son pays.

Faute de consensus européen pour accueillir les migrants secourus par les navires d'ONG, leur sort fait régulièrement l'objet de longues et difficiles négociations entre Etats.

"Ces situations nous rappellent avec acuité l'importance d'avoir un mécanisme de gestion des questions migratoires qui se fasse à l'échelle européenne parce que sans cela ces situations se répèteront et ne sont évidemment pas acceptables pour les migrants" qui tentent des traversées de la Méditerranée, a souligné la porte-parole du gouvernement français, Sibeth Ndiaye.

L'adjoint de Pompeo pressenti comme ambassadeur américain en Russie

John Sullivan, 59 ans, est secrétaire d'Etat adjoint depuis mai 2017, et a assuré l'intérim à la tête de la diplomatie américaine pendant un mois au printemps 2018 après le limogeage de Rex Tillerson.

Le numéro deux du département d'Etat américain, John Sullivan, est pressenti pour être nommé par Donald Trump comme nouvel ambassadeur des Etats-Unis en Russie, un poste ultrasensible tant les relations du président américain avec Moscou sont ambivalentes.

Le New York Times a fait état mardi de l'intention du locataire de la Maison Blanche de choisir l'adjoint du chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo en remplacement de Jon Huntsman, qui a récemment annoncé sa démission.

"C'est quelqu'un dont le nom a été cité et qui est très respecté", a reconnu Donald Trump, interrogé par des journalistes.

"Je sais que Mike Pompeo l'apprécie beaucoup", "il pourrait tout à fait" être désigné comme ambassadeur à Moscou, a-t-il ajouté, sans dire quand il annoncerait son choix définitif, qui devra ensuite être confirmé par le Sénat américain.

John Sullivan, 59 ans, est secrétaire d'Etat adjoint depuis mai 2017, et a assuré l'intérim à la tête de la diplomatie américaine pendant un mois au printemps 2018 après le limogeage de Rex Tillerson.

Ce juriste affable mais très discret passé par les ministères de la Justice, de la Défense et du Commerce sous de précédentes administrations, ainsi que par le privé, n'est pas considéré comme un spécialiste de la Russie.

Mais il a dirigé la délégation américaine mi-juillet lors d'un "dialogue stratégique américano-russe sur la sécurité". Washington avait alors exprimé son "inquiétude" face au "développement et déploiement d'armes nucléaires non stratégiques" par la Russie, avant le retrait américain, confirmé début août, du traité sur les arsenaux de portée intermédiaire (INF), actant la fin de ce texte emblématique conclu pendant la Guerre froide.

Le poste d'ambassadeur des Etats-Unis à Moscou, toujours sensible, l'est d'autant plus depuis l'arrivée à la Maison Blanche de Donald Trump.

Les agences de renseignement américaines accusent la Russie de Vladimir Poutine d'ingérences dans l'élection présidentielle de 2016 remportée par le milliardaire républicain, et de vouloir de nouveau s'immiscer dans celle de 2020. Et, malgré la fin d'une longue enquête tentaculaire sur des soupçons de collusion entre l'équipe du candidat Trump et le Kremlin, le sujet reste au coeur d'une vive controverse politique avec le camp démocrate.

Donald Trump a affiché à plusieurs reprises sa volonté de rapprochement avec Vladimir Poutine. Encore mardi, il s'est dit favorable à un retour aux réunions du G8 avec la réintégration de la Russie, qui avait été écartée de ce groupe de grandes puissances en 2014 à la suite de l'annexion de la Crimée.

En dehors du président Trump, pourtant, l'administration américaine continue d'afficher une grande fermeté à l'égard de Moscou.

Avec AFP

Trump insiste sur l'urgence d'apaiser les tensions indo-pakistanaises

Le président américain, Donald Trump

Donald Trump a indiqué lundi s'être entretenu par téléphone avec les Premiers ministres indien et pakistanais, qu'il a encouragés à réduire les tensions au Cachemire.

Le président américain a écrit sur Twitter avoir évoqué avec ses "deux bons amis", le Premier ministre indien Narendra Modi et son homologue pakistanais Imran Khan, l'urgence pour leurs deux pays "d'oeuvrer à réduire les tensions au Cachemire".

"Une situation délicate, mais de bonnes conversations!", a ajouté M. Trump.

La Maison Blanche avait fait savoir plus tôt dans la journée que le chef de l'Etat américain avait discuté avec M. Modi de "l'importance de réduire les tensions entre l'Inde et le Pakistan et de préserver la paix dans la région".

M. Trump s'était entretenu vendredi avec M. Khan et avait déjà appelé les deux pays rivaux à dialoguer sur le sujet du Cachemire, région montagneuse très majoritairement peuplée de musulmans pour laquelle l'Inde et le Pakistan se sont déjà livré deux guerres.

Les tensions demeurent vives dans ce territoire depuis que l'Inde a révoqué le 5 août l'autonomie constitutionnelle de la partie du Cachemire qu'elle contrôle.

Au moins 4.000 personnes ont été interpellées au Cachemire indien depuis cette date, selon des sources gouvernementales indiennes.

Avec AFP

Cordialité affichée entre Poutine et Macron, qui veut rapprocher Moscou et l'Europe

Le président français Emmanuel Macron, à droite, serre la main du président russe Vladimir Poutine à l'issue de leur rencontre au fort de Bregancon à Bormes-les-Mimosas, dans le sud de la France, le 19 août 2019.

Emmanuel Macron a reçu Vladimir Poutine lundi dans sa résidence d'été, les deux hommes affichant une apparente cordialité et une volonté de rapprochement entre Moscou et l'UE notamment sur l'Ukraine, malgré des désaccords sur plusieurs sujets sensibles.

Un bouquet de fleurs à la main pour Brigitte Macron, le président russe est arrivé souriant au fort de Brégançon, sur la côte méditerranéenne, accueilli par le couple présidentiel français.

Après quelques amabilités, les deux hommes, assis sur des chaises de jardin, ont échangé devant la presse. Malgré des convergences et la claire volonté d'Emmanuel Macron de rapprocher Russie et UE, ils se sont montrés divisés sur des sujets tels que la guerre en Syrie ou les droits de l'Homme.

Dans la province d'Idleb, où l'armée syrienne est à l'offensive avec l'aide des Russes, Emmanuel Macron a jugé "impérieux" le besoin de respecter le cessez-le-feu, qui a été décidé mais n'est pas appliqué. Mais le maître du Kremlin, incontournable en Syrie et en Iran, a balayé la requête, déclarant que la Russie "soutient les efforts de l'armée syrienne pour éliminer les menaces terroristes à Idleb".

Autre divergence sur la question de la répression des manifestations d'opposants à Moscou, sujet sur lequel M. Poutine a répondu par une pique en déclarant qu'il ne souhaitait pas une "situation telle que celle des gilets jaunes", évoquant un bilan de "onze personnes tuées et 2.500 blessées" lors de la vague de manifestations parfois violentes qui a ébranlé le gouvernement français il y a quelques mois.

Selon les autorités françaises, un seul mort a été recensé lors des manifestations de gilets jaunes: une femme de 80 ans tuée par une grenade lacrymogène alors qu'elle était sur son balcon. Dix autres personnes ont été tuées dans des accidents causés par des barrages routiers des manifestants.

Le parallèle a été réfuté par M. Macron, "la comparaison ne vaut pas raison. Les gilets jaunes ont été librement aux élections européennes (...) Je souhaite qu'ils s'expriment librement (...) On est un pays où les gens peuvent s'exprimer librement, manifester librement", a-t-il dit, en référence aux exigences des manifestants russes d'élections transparentes et libres.

Malgré ces désaccords de fond, la tonalité est clairement au réchauffement entre les deux pays, Emmanuel Macron voulant oeuvrer à un rapprochement stratégique entre l'Europe et la Russie pour affronter un monde en plein chambardement, et éviter que Moscou ne se rapproche trop de la Chine.

En contact régulier au téléphone, les deux hommes se sont déjà vus plusieurs fois en tête-à-tête : Emmanuel Macron a reçu Vladimir Poutine dans les fastes de Versailles en mai 2017, juste après son élection, puis s'est rendu à son invitation à Saint-Pétersbourg l'an dernier. Ils se sont également entretenus lors de chaque G20, tout dernièrement à Osaka en juin. Un contact constant et des relations moins dégradées que sous la présidence de François Hollande.

- "Optimisme prudent" -

"La Russie est Européenne, très profondément, et nous croyons dans cette Europe qui va de Lisbonne à Vladivostok", a-t-il dit, ajoutant vouloir la "réarrimer" à l'Europe après "les malentendus des dernières décennies".

"Nous avons à réinventer une architecture de sécurité et de confiance entre l'Union européenne et la Russie", a-t-il ajouté, recevant le président russe à quelques jours du sommet du G7 (ex-G8) de Biarritz, instance dont la Russie a été exclue en 2014 après son annexion de la Crimée.

Les deux hommes ont laissé entrevoir des avancées possibles sur la crise dans les provinces pro-russes d'Ukraine, permises selon eux par l'arrivée du nouveau président ukrainien Volodymyr Zelensky, Emmanuel Macron ouvrant la voie à un prochain sommet au format "Normandie", entre Russie-Ukraine-France-Allemagne.

"Les choix du président (ukrainien Volodymyr) Zelensky sont un vrai changement pour la situation" a déclaré M. Macron.

"Je vais parler (avec Emmanuel Macron) de mes contacts avec le nouveau président ukrainien. Il y a des choses qui sont dignes de discussions et qui provoquent un optimisme prudent", a quant à lui déclaré M. Poutine, alors que la Russie pâtit des sanctions européennes décrétées en raison de l'annexion de la Crimée et de son implication présumée - qu'elle dément - dans le conflit du Donbass.

Vladimir Poutine a de son côté loué "le rôle très important, voir clé" de Paris pour permettre le retour en juin dernier de la Russie à l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe.

Geste symbolique, Emmanuel Macron a aussi annoncé qu'il se rendrait à Moscou en mai 2020 pour assister aux célébrations du 75e anniversaire de la victoire sur l'Allemagne nazie.

"Je suis reconnaissant" à Emmanuel Macron d'avoir accepté cette invitation, a répondu Vladimir Poutine. Les Russes accordent la plus haute importance à ces commémorations qui ont été boudées par les Occidentaux depuis l'annexion de la Crimée par la Russie.

Avec AFP

Open Arms: Madrid hausse le ton contre Salvini et propose les Baléares comme port

Une ONG espagnole a annoncé samedi avoir secouru en Méditerranée 59 migrants en provenance de Libye, 30 juin 2018. (Twitter/ Proactiva Open Arms)

"Honte pour l'humanité": la ministre espagnole de la Défense a conspué le ministre italien de l'Intérieur Matteo Salvini, accusé de vouloir tirer profit politiquement des 107 migrants de l'Open Arms, à qui Madrid a proposé de débarquer aux Baléares.

Cette offre a néanmoins été jugée "incompréhensible" par l'ONG espagnole Proactiva Open Arms, qui a mis en avant les risques à parcourir le millier de kilomètres séparant l'île italienne de Lampedusa, près de laquelle stationne le bateau, et l'archipel espagnol des Baléares, "dans des conditions climatiques hostiles".

A bord pour certains depuis 18 jours, ces migrants risquent de battre le record des 32 personnes restées bloquées 19 jours à bord du SeaWatch3 avant leur débarquement à Malte le 9 janvier dernier.

"Ce que fait Salvini par rapport à l'Open Arms est une honte pour l'humanité", a dénoncé la ministre espagnole de la Défense, Margarita Robles devant la presse, en pointant du doigt des "fins exclusivement électoralistes".

Face au refus "inconcevable" de Rome d'accueillir ces migrants, Madrid avait fini par proposer dimanche au navire de débarquer à Algésiras, dans l'extrême sud de l'Espagne, ce que l'ONG a jugé "absolument irréalisable".

Le gouvernement espagnol a alors proposé les Baléares, plus proches mais toujours distantes d'un millier de kilomètres de Lampedusa.

Mais Open Arms a jugé lundi cette "décision totalement incompréhensible". "Alors que notre bateau est à 800 m des côtes de Lampedusa, les Etats européens demandent à une petite ONG comme la nôtre de faire face (...) à trois jours de navigation dans des conditions climatiques hostiles", a ajouté l'organisation espagnole dans un communiqué.

Dans une interview au média espagnol eldiario.es, le fondateur de l'ONG, Oscar Camps, a suggéré l'envoi par Madrid d'un bateau pour récupérer les migrants ou leur transfert par avion vers l'Espagne.

- "Crise psychologique" -

"Il est urgent d'en finir avec la situation inhumaine et inacceptable que vivent les personnes que nous avons sauvées en mer", a encore dit Open Arms en évoquant "une situation de grave crise psychologique à bord".

Démentant l'existence d'un quelconque accord avec l'Italie sur le choix des Baléares, comme l'a évoqué Open Arms, l'exécutif de Pedro Sanchez a assuré lundi ne pas avoir reçu de "réponse claire et directe" de la part de l'ONG sur les Baléares.

"Il ne s'agit pas d'accepter ou de ne pas accepter", a rétorqué une porte-parole d'Open Arms.

"La réponse que nous leur avons donnée est que nous ne pouvons pas garantir la sécurité de ces personnes sur notre bateau. Vu que l'Italie et l'Espagne ont assumé la responsabilité de ces personnes, qu'ils trouvent des solutions", a-t-elle ajouté.

Le ministre italien des Transports, Danilo Toninelli, a assuré dimanche soir que les garde-côtes italiens étaient "prêts à accompagner l'ONG vers le port espagnol".

La Commission européenne s'est félicitée pour sa part "de la bonne volonté de l'Espagne d'accepter ce débarquement" mais a appelé "tous les Etats membres et les ONG à coopérer ensemble et trouver une solution qui fonctionne et qui permette de débarquer les gens à bord de l'Open Arms dans les plus brefs délais".

Un accord entre pays européens prévoit de répartir immédiatement après leur débarquement ces migrants entre la France, l'Allemagne, le Luxembourg, le Portugal, la Roumanie et l'Espagne.

Très critique elle aussi vis-à-vis de l'Italie "qui ferme ses ports d'une manière totalement illégale et incompréhensible", la numéro deux du gouvernement espagnol Carmen Calvo a avoué ne pas comprendre non plus la position d'Open Arms. "Nous leur avons tout proposé car nous voulons que ces vies ne soient plus en danger mais que nous reste-t-il ?", a-t-elle dit.

Cette nouvelle confrontation sur la question migratoire se déroule en pleine crise politique à Rome.

M. Salvini avait accepté samedi à contrecoeur de laisser débarquer 27 migrants mineurs non accompagnés. Mais il continue de refuser le débarquement du reste des passagers.

"Pourquoi l'Open Arms ne va pas en Espagne ? En 18 jours, ils auraient pu aller et revenir trois fois d'Ibiza et de Formentera. Ils livrent une bataille politique", a-t-il accusé lundi sur Twitter.

Malgré la fermeture de Lampedusa à l'Open Arms, des migrants continuent d'arriver sur les côtes italiennes. Selon le ministère de l'Intérieur, depuis 18 jours, 479 migrants ont débarqué en Italie, dont plus d'une centaine à Lampedusa.

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