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Mali

L'ex-président Keïta de retour à Bamako deux mois après avoir été renversé

L'ancien président Ibrahim Boubacar Keita à Nouakchott, le 30 juin 2020.

L'ancien président malien Ibrahim Boubacar Keïta, renversé mi-août par un coup d'Etat militaire, est rentré mercredi soir à Bamako après un séjour médical aux Emirats arabes unis.

Arrêté par les militaires le 18 août, le président Keïta, 75 ans, avait démissionné quelques heures plus tard. Détenu par la junte pendant plus de deux semaines, il a été autorisé à quitter le Mali le 5 septembre pour recevoir des soins aux Emirats arabes unis.

Son avion de retour a atterri mercredi soir, a indiqué une source aéroportuaire. Des journalistes de l'AFP ont vu peu après un convoi précédé d'un motard pénétrer dans sa résidence de la capitale malienne.

"C''est le président IBK qui vient d'arriver", a déclaré devant son domicile un membre de la garde présidentielle. Quelques dizaines de riverains l'ont accueilli en scandant "Vive IBK" et "Bonne arrivée".

Son départ à l'étranger pour des soins avait été envisagé peu après sa chute, à la suite, selon ses médecins, d'un court accident vasculaire cérébral (AVC).

Les militaires avaient expliqué avoir autorisé son "évacuation sanitaire pour des raisons humanitaires pour une durée maximum d'un mois", un délai "extensible uniquement sur avis médical" et qui "ne pourrait excéder trois mois, auquel cas le suivi médical se fera au Mali".

"Le président IBK a démissionné. De quoi se mêle la CEDEAO?"
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La Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) "s'engage à assurer le retour de l'ancien président Ibahim Boubacar Keïta aussitôt après son séjour médical suivant les conditions susmentionnées", avait indiqué dans un communiqué le colonel Malick Diaw, numéro deux de la junte.

Sous pression de la communauté internationale, les auteurs du putsch se sont engagés à rendre le pouvoir à des dirigeants civils élus au terme d'une période de transition d'une durée maximale de 18 mois.

Un président de transition a été nommé, ainsi qu'un Premier ministre, tous deux des civils. Les colonels se sont néanmoins réservé les postes clés dans le gouvernement de transition.

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La CEDEAO sanctionne une centaine d'autorités maliennes dont le Premier ministre

Le Premier ministre de transition au Mali, Choguel Kokalla Maïga.

Le Premier ministre de transition malien Choguel Kokalla Maïga et la quasi totalité de son gouvernement figurent parmi environ 150 personnalités visées par des sanctions individuelles infligées récemment par la Cédéao, révèle un document officiel de l'organisation régionale ouest-africaine obtenu mercredi par l'AFP.

Le colonel Assimi Goïta, président de transition et chef de la junte au pouvoir depuis le coup d'Etat du 18 août 2020, en est en revanche absent.

Autre absent notable de cette liste sur laquelle se trouvent 27 ministres en plus du chef du gouvernement: le ministre des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop. Aucune explication n'est fournie à leur absence dans le document obtenu par un correspondant de l'Agence France-Presse.

En outre, les 121 membres du Conseil national de la transition, qui fait office d'organe législatif, sont sanctionnés.

Les avoirs financiers de tous ceux qui se trouvent sur la liste sont gelés et ils ont l'interdiction de voyager au sein de la Cédéao. Ces sanctions frappent aussi les membres de leur famille.

Les dirigeants de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao), réunis en sommet le 7 novembre, avaient décidé d'infliger des sanctions individuelles à ceux qui, après deux coups d'Etat en un an dans le pays plongé dans une crise profonde, retardaient selon eux la tenue d'élections pour un retour des civils au pouvoir.

La Cédéao avait indiqué lors de ce sommet avoir reçu la confirmation officielle de la part des autorités maliennes qu'elles ne seraient pas en capacité d'organiser des élections présidentielle et législatives en février 2022, comme la junte s'y était préalablement engagée.

Le gouvernement malien invoque l'insécurité persistante dans ce pays pauvre et enclavé, livré depuis 2012 aux agissements de groupes affiliés à Al-Qaïda et à l'organisation Etat islamique, et aux violences de toutes sortes perpétrées par des milices autoproclamées d'autodéfense et des bandits. Les forces régulières sont elles-mêmes accusées d'exactions.

Les deux tiers du pays échappent au contrôle des autorités.

Dans le document consulté par l'AFP, la Cédéao constate "l'absence de progrès dans la préparation des élections, notamment l'absence d'un calendrier détaillé" en vue de la tenue de ces élections "aux dates convenues".

Le non-respect de l'échéance est "constitutif de la remise en cause des fondements essentiels" de l'organisation, dit la Cédéao.

La Cédéao note que les "incertitudes politiques accrues" au Mali contribuent à la "détérioration de la situation sécuritaire", elle-même de nature à compromettre la stabilité de la région selon elle.

Les sanctions de la Cédéao pourraient servir de référence à un certain nombre de partenaires qui soutiennent le Mali dans la crise.

La France, engagée militairement au Mali et au Sahel, plaide pour l'adoption de sanctions européennes dans le sillage de la Cédéao, avait indiqué dimanche la porte-parole de la diplomatie française.

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Barkhane : une deuxième base militaire française transférée aux Maliens

L'entrée de la base militaire de l'opération Takuba, le 3 novembre 2020.

La force antijihadiste Barkhane a transféré à l'armée malienne la base de Tessalit, dans le nord du Mali, dans le cadre de la restructuration de ses opérations au Sahel, a annoncé mardi l'état-major français.

"Après celle de Kidal, l'emprise occupée par la force Barkhane à Tessalit a été transférée le 13 novembre aux Forces armées maliennes (FAMa). Les derniers soldats français ont quitté le site le 15 novembre", indique un communiqué de l'état-major.

"Ce transfert a été progressif, maîtrisé et étroitement coordonné avec les FAMa et avec la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (Minusma), dont un contingent de plusieurs centaines de militaires est déployé en permanence à Tessalit", selon le document.

Paris a entrepris en juin de réorganiser son dispositif militaire de lutte contre les jihadistes au Sahel, en quittant notamment les bases les plus au nord du Mali (Kidal, Tombouctou et Tessalit) et en prévoyant de réduire ses effectifs dans la région d'ici 2023 à 2.500-3.000 hommes, contre plus de 5.000 aujourd'hui.

La base de Kidal avait été rétrocédée aux Maliens mi-octobre. Reste désormais celle de Tombouctou.

Les relations entre Paris et Bamako se sont envenimées le 25 septembre, lorsque le Premier ministre de transition malien, Choguel Kokalla Maïga, a accusé la France, engagée militairement au Mali depuis 2013, d'"abandon en plein vol". Des critiques censées justifier le possible recours au groupe de sécurité privée russe Wagner, décrit comme proche du président russe Vladimir Poutine, pour compenser la réduction de la voilure de Barkhane.

L'UE a trouvé "un consensus" parmi ses 27 Etats membres pour sanctionner la société de mercenaires, a annoncé à cet égard lundi le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell.

Fin de Barkhane: l'avis d'un habitant de Bamako
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Mais l'armée française insiste de son côté sur les bonnes relations avec les forces de Bamako. "Les unités maliennes et françaises se sont entraînées ensemble pendant plusieurs semaines pour partager leurs savoir-faire et préparer la pleine prise en compte de l’emprise par une compagnie renforcée des FAMa", a-t-elle assuré.

"Différentes procédures de réassurance ont notamment pu être mises en œuvre", a-t-elle ajouté, saluant les "très bonnes conditions de dialogue avec les forces partenaires".

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