Liens d'accessibilité

Dernières nouvelles

Burundi

L'ex-président burundais Buyoya dénonce une "manipulation politique"

Pierre Buyoya à Durban le 19 novembre 2003.

L'ex-président burundais Pierre Buyoya, contre lequel la justice  burundaise a lancé un mandat d'arrêt international en l'accusant d'être impliqué dans l'assassinat en 1993 de Melchior Ndadaye, premier président hutu démocratiquement élu du pays, a dénoncé dimanche une "manipulation politique".

"Tout laisse à penser qu’il s’agit là d’une simple manipulation politique et d’une nouvelle manœuvre de diversion visant à faire oublier les questions douloureuses non résolues" depuis le début en avril 2015 de la crise politique que traverse le Burundi, a déclaré M. Buyoya dans un communiqué.

"Il est symptomatique que la réouverture du dossier de feu Melchior Ndadaye intervient au moment où, face aux multiples sollicitations de la communauté internationale, le gouvernement a choisi de s’emmurer délibérément dans le refus du dialogue", a ajouté M. Buyoya, actuel représentant de l’Union africaine (UA) au Mali.

Le Burundi a lancé vendredi un mandat d’arrêt international contre M. Buyoya, ainsi que 11 hauts gradés des forces de sécurité (armée et gendarmerie) et cinq de ses anciens proches collaborateurs civils, pour leur rôle présumé dans l'assassinat de M. Ndadaye.

Cet assassinat avait été à l'origine d'une guerre civile (93-2006) qui a fait plus de 300.000 morts et opposé l'armée, alors dominée par la minorité tutsi (14% de la population), à des mouvements rebelles hutu (85%).

Le major Buyoya, un Tutsi, avait été porté au pouvoir par l'armée en 1987. Il avait cédé sa place à Melchior Ndadaye, un Hutu, élu démocratiquement en juillet 1993. Il était ensuite revenu au pouvoir entre 1996 et 2003.

Il a rappelé dans son communiqué qu'un jugement avait déjà été rendu dans cette affaire. Une dizaine de soldats dont le plus haut gradé était lieutenant ont été condamnés en 1998, dans un procès considéré comme celui "des exécutants". Aucun des nombreux hauts gradés cités dans cet assassinat n'a été inquiété.

Il a également souligné qu'un "consensus (avait) été dégagé sur la voie à suivre pour résoudre ce qu’il a été convenu d’appeler le contentieux de sang" dans le cadre de l'accord de paix d'Arusha (2000), lequel avait ouvert la voie à la fin de la guerre civile.

Depuis, les dirigeants politiques, les membres de l'ancienne armée et des mouvements rebelles avaient bénéficié d’une immunité provisoire, alors que cet accord avait prévu que tous les crimes commis relèveraient désormais de la Commission vérité et réconciliation (CVR).

Ces mandats d’arrêt ont suscité des tensions à Bujumbura. Les tenants du pouvoir se sont félicités d’une "décision historique". Mais les opposants ont dénoncé "un deux poids, deux mesures", en rappelant qu’aucun membre de l'ex-rébellion hutu, aujourd'hui au pouvoir, n’a été inquiété pour les nombreux massacres de Tutsi qui ont suivi la mort du président Ndadaye.

Toutes les actualités

Suspension de la dernière organisation indépendante de la société civile au Burundi

Les forces de sécurité burundais déployées après une attaque à la grenade au cours de laquelle un général Tutsi et conseiller à la sécurité du vice-président, Athanase Kararuza, a été tué, à Bujumbura, le 25 avril 2016.

Les autorités burundaises ont suspendu pour "trouble à la paix et à l'ordre public" la dernière organisation indépendante de la société civile encore active dans ce pays en crise depuis 2015.

Les activités de l'organisation Parcem, qui milite pour une bonne gouvernance, "sont suspendues" pour une durée indéterminée, a indiqué le ministre de l'Intérieur Pascal Barandagiye, dans cette ordonnance.

A l'instar d'une dizaine d'ONG burundaises indépendantes qui s'étaient opposées au troisième mandat controversé du président Pierre Nkurunziza, Parcem avait été suspendue en 2015. Elle avait été autorisée à reprendre ses activités quand son représentant légal avait accepté des conditions imposées le pouvoir.

Le ministre affirme toutefois que malgré plusieurs avertissements, Parcem "s'est activée plutôt à ternir l'image du pays et de ses dirigeants dans le but de troubler la paix et l'ordre public".

L'organisation Parole et action pour le réveil des consciences et l'évolution des mentalités (Parcem), a lancé il y a peu une campagne décryptant la profonde crise économique que traverse le Burundi en donnant notamment des chiffres sur la pauvreté à l'opposé du discours officiel.

Citant des chiffres de la Banque mondiale, elle a par exemple souligné dans des tweets que le Burundi est le pays qui reçoit le moins d'investissements directs étrangers au monde et celui au plus faible taux d'industrialisation au monde.

Trois de ses militants avaient été acquittés en appel en décembre 2018, après avoir été condamnés à 10 ans de prison pour "atteinte à la sûreté intérieure de l'état" pour ne pas avoir invité des membres du parti au pouvoir à une réunion qu'ils organisaient dans le centre du pays.

Le Burundi est en crise depuis que le président Nkurunziza a annoncé en avril 2015 sa candidature à un troisième mandat. Il avait été réélu en juillet de la même année.

Les violences et la répression qui ont accompagné la crise auraient fait au moins 1.200 morts et déplacé plus de 400.000 personnes entre avril 2015 et mai 2017, selon les estimations de la Cour pénale internationale, qui a ouvert une enquête.

Toutes les principales figures de la société civile du Burundi, l'une des plus actives de la région avant cette crise, ont dû fuir le pays. Certains militants ont été assassinés et d'autres blessés. En 2018, un activiste avait été condamné à 32 ans de prison pour sa participation aux protestations contre le troisième mandat de M. Nkurunziza.

Une permanence du principal parti d'opposition burundais incendiée

Le chef de l'opposition burundaise, Agathon Rwasa, arrive, lors du référendum, à un bureau de vote à Ciri, dans le nord du Burundi, le 17 mai 2018.

Une permanence du Congrès national pour la liberté (CNL), principal parti d'opposition burundais dirigé par Agathon Rwasa, a été incendiée dans la nuit de vendredi à samedi dans la commune de Nyabiraba (ouest) par des inconnus, à la veille de son inauguration.

Vendredi, "vers minuit, le commissaire communal de la police est arrivé à notre permanence et a arrêté les 15 personnes qui veillaient sur notre permanence, puis les a mises au cachot", a expliqué à l'AFP un responsable provincial du parti sous couvert de l’anonymat.

Peu après, "les habitants de la commune ont entendu de nombreux coups de feu autour de notre permanence, qui a été détruite puis incendiée", a-t-il poursuivi. Le local aurait dû être inauguré samedi par le chef du parti, Agathon Rwasa.

Selon des témoignages recueillis par SOS Médias Burundi, un site d'information en ligne de journalistes indépendants, des hommes en tenue de policier étaient présents au moment de la destruction et de l'incendie de la permanence.

L'incendie a été confirmé à l'AFP dimanche par Ferdinand Simbananiye, l'administrateur de la commune de Nyabiraba, située à une vingtaine de kilomètres à l’est de Bujumbura. L'administrateur assure qu'une "enquête est en cours pour identifier les auteurs de ce délit".

Mercredi, la même permanence avait été partiellement incendiée par un groupe d'Imbonerakure, des membres de la ligue des jeunes du parti au pouvoir, selon le parti CNL et des témoins sur place.

L'administrateur communal, qui est aussi membre du parti au pouvoir, a qualifié de "montage" un enregistrement sonore où on l'entend menacer le propriétaire de cette maison en disant qu'elle sera "détruite" s'il la loue au parti CNL.

Cet enregistrement a été authentifié par des habitants de Nyabiraba, une commune de la province de Bujumbura rural, fief historique d'Agathon Rwasa.

Mercredi, l'organisation Human Rights Watch (HRW) a dénoncé "les abus généralisés" dont sont victimes les opposants au Burundi à une année des élections générales de 2020, dans un nouveau rapport qui détaille des cas d'opposants (essentiellement des membres du CNL) arrêtés arbitrairement, battus ou tués.

Le Burundi est en crise depuis que le président Pierre Nkurunziza a annoncé en avril 2015 sa candidature à un troisième mandat. Il avait été réélu en juillet de la même année.

Les violences et la répression qui ont accompagné la crise auraient fait au moins 1.200 morts et déplacé plus de 400.000 personnes entre avril 2015 et mai 2017, selon les estimations de la Cour pénale internationale, qui a ouvert une enquête.

Libération de membres de l'Église adventiste

Les juges de la Cour constitutionnelle, à Bujumbura, Burundi, 31 mai 2018. (Facebook/iBurundi)

L'Eglise adventiste du 7e jour a annoncé la libération vendredi de deux dirigeants et de 21 membres de sa branche au Burundi, arrêtés début mai pour s'être opposés à une décision gouvernementale de leur imposer un leader, dans un communiqué parvenu samedi à l'AFP.

"Nous avons reçu des nouvelles très encourageantes et sommes heureux d'indiquer que tous les détenus adventistes au Burundi ont été relâchés", a annoncé le bureau de Ted Wilson, président de l'Église adventiste, dans un communiqué daté de Silver Spring aux États-Unis, et parvenu à l'AFP samedi.

"Nous remercions le gouvernement du Burundi pour son rôle, et plus particulièrement l'un des membres du Parlement, Honorable Justin Niyobuhungiro, pour avoir facilité les libérations", poursuit le texte.

Un pasteur de l'église a expliqué sous couvert de l'anonymat qu'un troisième pasteur arrêté mercredi avait lui aussi été remis en liberté.

"Les pasteurs et les autres ont été relâchés hier (vendredi) peu après 18H00, après avoir été entendus par un magistrat du parquet général de la République (...) il a reçu un ordre venu d'en haut de les relâcher", selon la même source, une information confirmée par une source judiciaire.

L'Église adventiste du 7e jour avait dénoncé mercredi le "harcèlement" dont elle fait l'objet de la part du gouvernement du Burundi depuis six mois et l'arrestation du pasteur Lamec Barishinga et d'un de ses adjoints, Lambert Nitunga, accusés de "rébellion".

Les deux prélats avaient été arrêtés parce que Lamec Barishinga, nommé en novembre 2018 comme président de la branche burundaise de cette église, a refusé de céder sa place à son prédécesseur, le pasteur Joseph Ndikubwayo, réputé proche du pouvoir, et que le ministre burundais de l'Intérieur voulait maintenir en fonction.

Dans son communiqué vendredi, l'église dit espérer "une amélioration de cette situation délicate" et appelle ses fidèles à continuer de prier pour qu'une solution soit trouvée.

L'Église adventiste compte quelque 150.000 membres au Burundi et est l'une des plus anciennes du pays.

La justice burundaise saisie les biens d’une trentaine d'opposants et activistes en exil

La justice burundaise saisie les biens d’une trentaine d'opposants et activistes en exil
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:02:31 0:00

La situation de la presse toujours préoccupante selon l’UJB

La situation de la presse toujours préoccupante selon l’UJB
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:02:18 0:00

Voir plus

XS
SM
MD
LG