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L'envoyé spécial de l'ONU pour la Libye plaide pour les élections dans le pays en 2018

Ghassan Salame, Représentant spécial de l'ONU et Chef de la Mission d'appui des Nations Unies en Libye (MANUL), lors du sommet des ministres des Affaires étrangères des pays méditerranéens Forum MED 2017, à Rome, le 2 décembre 2017.

L'envoyé spécial de l'ONU pour la Libye, Ghassan Salamé, a pressé samedi à Rome les Libyens d'organiser des élections dès l'an prochain, en profitant d'une période où l'ingérence des pays voisins est moindre.

"Je pense qu'il y a beaucoup d'ingérence en Libye, armes, argent, tout ce que vous voulez", a-t-il expliqué devant les participants de la conférence Rome MED, sur la Méditerranée, ouverte jeudi dans la capite italienne.

Mais cette ingérence a diminué et les Libyens devraient "saisir cette opportunité" pour organiser des élections, a jugé M. Salamé, 66 ans. Les Libyens doivent se rassembler et construire des institutions permanentes", a-t-il plaidé.

La Libye (6 millions d'habitants) a sombré dans le chaos après la chute en 2011 de Mouammar Kadhafi. Des autorités rivales, à Tripoli et à Tobrouk, et de nombreuses milices s'y disputent le pouvoir.

Mais la plupart des pays impliqués en Libye ont souvent joué cavalier seul et multiplié de leur côté des initiatives dans ce pays, mettant à mal la crédibilité onusienne.

Selon M. Salamé, il y a toutefois aujourd'hui une "fenêtre" pour organiser des élections l'an prochain, conformément au plan d'action qu'il a présenté en septembre devant le conseil de sécurité des Nations unies.

La mission de l'Onu en Libye "travaille activement à préparer le terrain pour des élections libres et justes", a-t-il souligné. Celles-ci ont toutefois "besoin d'une vraie préparation", en termes de sécurité sur le terrain, d'inscription sur les listes électorales ou encore de loi électorale.

L'une de ces conditions est aussi la réunion d'une conférence nationale, réunissant les acteurs libyens, prévue en principe en février 2018.

"Nous avons besoin que les acteurs politiques acceptent le résultat des élections avant que celles-ci aient lieu", a souligné M. Salamé.

"Si toutes ces conditions sont remplies avant l'été, nous organiserons les élections", a-t-il assuré.

Un porte-parole du Maréchal Haftar, qui contrôle l'est du pays et ne reconnaît pas le gouvernement en place à Tripoli, a indiqué dans une interview avec un journal libyen qu'il serait difficile d'organiser ces élections l'an prochain.

M. Salamé a rappelé que tous les acteurs politiques en Libye, y compris le maréchal Haftar, s'étaient prononcés en faveur de ces élections. Il a aussi a dit à Rome souhaiter rencontrer "bientôt" l'homme fort de Tobrouk.

Avec AFP

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Un chef d'état major refoulé par les familles de soldats tués

Le ministre de la Sécurité nationale, Salif Traoré, sur les lieux de l'attentat à Gao, au Mali, le 13 novembre 2018. (VOA/Souleymane Ag Anara)

Le chef d'état-major de l'Armée de terre malienne venu présenter ses condoléances à Nioro (ouest) jeudi a été conspué par les familles de militaires tués dans le centre du Mali au cours d'une attaque qui a fait 26 morts, a appris l'AFP de témoins et de source militaire.

Un précédent bilan de cette attaque à Dioura le 17 mars, attribuée aux hommes de Ba Ag Moussa, dit "Bamoussa", considéré comme un proche du Touareg malien Iyad Ag Ghaly, chef de la principale alliance jihadiste du Sahel liée à Al-Qaïda, s'élevait à 23 morts.

Lors d'une cérémonie officielle jeudi, le président Ibrahim Boubacar Keïta est revenu sur cette attaque, prévenant les chefs militaires qu'"aucune négligence ne saurait plus être tolérée. En tout cas, je ne la tolérerai pas, pour la vie de nos enfants".

"C'est nous qui devons apporter dorénavant la peur ailleurs, pas qu'on nous l'apporte à nous", a-t-il lancé, soulignant qu'il s'agissait d'un "mort d'ordre aux forces armées".

Par ailleurs, des veuves de militaires de la ville-garnison de Kati, à 15 km au nord de Bamako, qui projetaient une marche jeudi, y ont renoncé in extremis à la suite d'une médiation, selon des sources locales.

A Nioro du Sahel, près de la frontière mauritanienne, le général Abdrahamane Baby et sa délégation ont dû rebrousser chemin sans avoir pu présenter leurs condoléances, face à la colère des familles du camp militaire, ont indiqué un élu local sous le couvert de l'anonymat et des témoins.

"Nous ne voulons pas de chef militaire ici, le général Baby, dès son arrivée à Nioro, nous avons dit +Non et non!+. Qu'il retourne à Bamako avec ses condoléances", a déclaré Hatouma Sylla, veuve d'un militaire tué à Dioura, jointe au téléphone par l'AFP.

"Les veuves des militaires ont catégoriquement refusé son entrée au camp, elles ont brûlé des pneus", a expliqué Bakary Séméga, un enseignant de Nioro. "C'est surtout les veuves et orphelins des soldats tombés sur le champ d'honneur. Ils étaient soutenus par la population", a-t-il ajouté.

Exprimant "sa colère contre le gouvernement", Mariam Diambou, une autre veuve de militaire a déclaré de son côté en avoir "assez". "Nos maris, nos enfants, ce sont eux qui meurent à longueur de journée. Ce n'est pas normal, c'est un complot", a-t-elle dit.

Une source militaire malienne contactée dans le centre du pays a affirmé que le bilan de l'attaque s'élevait désormais à 26 morts, mais pourrait encore s'alourdir. "Nous avons découvert des nouveaux corps, c'est ce qui fait que le nouveau bilan est de 26 morts", a précisé cette source.

Sollicité, le ministère de la Défense n'a pas souhaité commenter les événements survenus jeudi à Nioro, fief du chérif Bouyé Haïdara, l'un des plus influents dirigeants musulmans du pays, qui a manifesté son opposition au président Keïta.

Les chefs d'état-major interarmes français et britannique, les généraux François Lecointre et Nick Carter, se trouvent actuellement au Mali, ou ils ont été reçus mercredi par leur homologue, le général M'bemba Moussa Keïta, selon un communiqué militaire malien.

La France conduit l'opération Barkhane qui traque les jihadistes dans le Sahel avec quelque 4.500 militaires, dont 2.700 au Mali, selon Paris.

Le Premier ministre français Edouard Philippe s'est rendu il y a un mois au Mali pour réaffirmer le soutien de son pays à Bamako, tout en appelant à accélérer l'application de l'accord de paix de 2015. Et les ambassadeurs du Conseil de sécurité de l'ONU se rendent au Mali et au Burkina Faso voisin à partir de vendredi.

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