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L'Eglise de Belgique rend hommage aux victimes d'abus sexuels par des prêtres


La Basilique nationale de Koekelberg à Bruxelles, Belgique, 4 juin 1995.

Une cérémonie publique a été organisée à la Basilique nationale de Koekelberg, dans le nord de Bruxelles, dans le cadre de cette initiative d'une association de victimes, menée en collaboration avec des dirigeants de l'institution catholique en Belgique.

L'Eglise catholique de Belgique a participé samedi à une "journée de reconnaissance" pour les victimes d'abus sexuels commis par des prêtres, sept ans après un scandale retentissant de pédophilie au sein de l'institution.

Des victimes et des reponsables religieux ont pris la parole devant une centaine de personnes réunies dans la Basilique, où a été installée une statue de l'artiste belge Ingrid Rosschaert, baptisée "Esse est Percipi" (Exister, c'est être reconnu), représentant une petite robe blanche d'enfant.

Cette journée doit montrer la volonté de l'Eglise "de résister à une culture du silence et de l'étouffoir", a dit le cardinal Jozef De Kesel dans son discours.

"Chaque fois qu'on parle des abus sexuels sur mineurs par des agents pastoraux dans les médias, il y a des victimes qui se manifestent donc je suis certain qu'après cette journée, il y a des victimes qui vont se manifester", a estimé l'évêque de Tournai Guy Harpigny, interrogé par l'AFP.

Linda Opdebeeck, présidente d'un groupe de victimes, a jugé que l'Eglise était "de plus en plus ouverte à tous ces problèmes". "Je sens moi-même que le fait d'en parler me soulage beaucoup", a-t-elle dit à l'AFP.

Cette journée de "mémoire" intervient sept ans après un scandale qui a déclenché une prise de conscience en Belgique.

En avril 2010, l'ancien évêque de Bruges, Roger Vangheluwe, avait avoué avoir abusé de deux de ses neveux et avait démissionné. Dans la foulée, des milliers de témoignages avaient fait état d'abus commis au sein de l'Eglise depuis des décennies en Belgique.

Accusée d'avoir gardé le silence et confrontée à une forte crise, l'Eglise avait décidé début 2012 de jouer la transparence, en ouvrant notamment des centres de contact dans les diocèses pour recevoir les victimes.

Elle a depuis reçu des centaines de plaintes de personnes affirmant avoir subi des abus sexuels commis par des prêtres lorsqu'elles étaient mineures.

Depuis 2012, l'Eglise de Belgique a versé des indemnisations à des victimes de faits prescrits pour un montant total de près de 4,13 millions d'euros, selon un responsable de la conférence épiscopale cité par l'agence Belga.

Avec AFP

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