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L'Asie-Pacifique regrette déjà Obama et promet de lutter "contre le protectionnisme"

Sommet de l'APEC, Lima, Pérou, le 20 novembre 2016.

Les dirigeants de la zone Asie-Pacifique ont dit adieu avec regret au président américain Barack Obama dimanche à Lima et pris le contrepied de son successeur Donald Trump en promettant de batailler contre le protectionnisme.

"Nous nous engageons à combattre toute forme de protectionnisme", stipule la déclaration finale du sommet annuel de l'Organisation de coopération économique Asie-Pacifique (Apec), en réponse à la croisade antimondialisation promise par le magnat de l'immobilier américain.

Les dirigeants de l'Apec ont pris l'engagement de "conserver (leurs) marchés ouverts", de ne pas dévaluer leurs monnaies "à des fins compétitives" et d'oeuvrer activement à la création à long terme d'une zone de libre-échange Asie-Pacifique totalement intégrée.

Le retour au protectionnisme n'aurait selon eux pour effet que de réduire les échanges commerciaux et de "ralentir les progrès dans la récupération de l'économie internationale".

Inquiets face à "l'opposition croissante à la mondialisation" aux États-Unis et en Europe et face à "l'émergence de tendances protectionnistes", ils ont insisté sur la nécessité d'une "plus juste répartition des bénéfices" de la mondialisation entre "toutes les couches des sociétés".

Mais pour l'analyste Jeffrey Halley, analyste chez la société de courtage Forex en ligne Oanda, cette déclaration finale n'est que de la "rhétorique vide". Selon lui, "la plupart des participants ont des définitions très différentes de ce que sont un marché ouvert et le protectionnisme".

Le sommet de l'Apec s'est déroulé dans un climat d'inquiétudes quant aux intentions réelles, encore floues, du futur locataire de la Maison Blanche, qui prendra ses fonctions le 20 janvier.

"Évidemment ça va me manquer d'avoir Barack dans les parages pour cultiver l'extraordinairement profonde et importante relation entre les Etats-Unis et le Canada", a déclaré le Premier ministre canadien Justin Trudeau à l'issue d'une rencontre bilatérale avec son homologue américain, qui effectuait son dernier déplacement à l'étranger comme président.

M. Trudeau s'est néanmoins dit impatient de rencontrer M. Trump après son arrivée à la Maison Blanche.

Risque de tensions

Barack Obama avait fait de la région Asie-Pacifique, moteur de la timide croissance mondiale, et de la révolution technologique sa grande priorité géostratégique et économique.

L'élection de Donald Trump risque de rebattre en profondeur les cartes au sein de l'Apec, qui représente 60% du commerce mondial pour 40% de sa population.

Le bouillant milliardaire américain a en effet conquis l'électorat populaire en promettant un solide tour de vis protectionniste, censé protéger l'industrie américaine et ses emplois de la concurrence à bas coût de pays comme la Chine ou le Mexique. Au risque d'une montée des tensions avec la Chine, deuxième économie mondiale, et d'une dégradation des relations avec des alliés traditionnels comme le Japon.

Lors de son dernier entretien bilatéral avec Barack Obama, le président chinois Xi Jinping avait averti samedi que la relation entre Pékin et Washington affrontait "un moment charnière", tout en se disant prêt à "travailler pour gérer nos différences et faire en sorte que la transition se passe en douceur".

Xi Jinping a affiché l'ambition chinoise d'assumer le leadership unique des négociations de libre-échange dans la région Asie-Pacifique, pour combler l'éventuel vide laissé par la future administration Trump.

"Nous n'allons pas fermer la porte au monde extérieur mais l'ouvrir encore plus largement", avait ainsi lancé le dirigeant chinois.

Obama défend le TPP

Pendant sa campagne, Donald Trump a attaqué avec virulence le Partenariat transpacifique (TPP) signé en 2015 entre 12 pays de la région. Mais cet accord, qui laissait la Chine sur la touche, nécessite pour entrer en vigueur l'approbation désormais fort improbable du Congrès américain, dominé par les républicains.

La Chine s'est engouffrée dans la brèche pour relancer à Lima son initiative alternative de Partenariat économique intégral (RCEP), un projet d'accord de libre-échange entre l'Asean (Association des nations du Sud-Est asiatique), l'Australie, la Chine et l'Inde, notamment... mais sans les États-Unis.

"Nos partenaires ont dit clairement qu'ils voulaient aller de l'avant avec le TPP et ils aimeraient le faire avec les Etats-Unis", a assuré dimanche Barack Obama.

Il a indirectement mis en garde son successeur contre un abandon du TPP qui ouvrirait un boulevard à l'initiative concurrente chinoise, pas forcément plus bénéfique pour les Etats-Unis.

"Nous assistons à des appels du pied en faveur d'accords commerciaux moins ambitieux dans la région avec moins d'exigence, moins de protection pour les travailleurs et l'environnement", a souligné le président américain.

Avec AFP

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Un double attentat suicide fait près de 30 morts à Bagdad

Un double attentat suicide fait près de 30 morts à Bagdad
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Le milliardaire chinois Jack Ma refait surface

Jack Ma, président du groupe Alibaba, arrive au sommet "Tech for Good" à Paris, France. (Archives)

Le milliardaire chinois Jack Ma a fait sa réapparition mercredi par vidéo interposée, après deux mois et demi de silence. Le fondateur du mastodonte du commerce en ligne Alibaba avait disparu des radars après avoir publiquement critiqué fin octobre les autorités de régulation financière.

Dans une vidéo mise en ligne mercredi, l'homme d'affaires à la fortune évaluée à 48 milliards d'euros est apparu en train de s'adresser à distance à des enseignants dans le cadre de ses activités de mécénat.

Dans son intervention, Jack Ma a vanté les efforts du régime communiste pour éradiquer la grande pauvreté, projet phare du président Xi Jinping.

"La Chine (...) est entrée dans une nouvelle phase de développement et progresse vers la prospérité commune", s'est-il félicité.

Une tactique pour la bourse

L’apparition de Jack Ma a immédiatement rassuré la Bourse de Hong Kong, où le titre Alibaba a pris 8,52% sur la séance, terminant à 265 dollars de Hong Kong. Mais dès ce jeudi, le titre est reparti à la baisse (-2,42%) dans un marché pourtant nettement haussier.

En novembre dernier, Ant Group, une entreprise financière fondée Jack Ma, filiale de paiements en ligne d'Alibaba, avait tenté d’entrer en bourse sur les places de Shanghai et Hong Kong. Cette entrée, qui aurait dû être la plus grande de tous les temps, dépassant 34 milliards de dollars, a été suspendue par les autorités chinoises. Une suspension suivie de l'ouverture d'une enquête anti-monopole contre l'entreprise ainsi que contre Alibaba. La réaction des autorités a été interprétée comme une volonté de réduire les risques liés à la finance en ligne, mais aussi de contrôler les ambitions des géants technologiques.

Jack Ma a officiellement pris sa retraite en 2019 mais reste un gros actionnaire de ses entreprises.

Retour d'un émissaire américain au conseil exécutif de l'OMS

Le Dr Anthony Fauci, directeur de l'Institut national américain des allergies et des maladies infectieuses, s'exprime par visioconférence lors de la 148e session du Conseil exécutif sur l'épidémie de coronavirus (COVID-19) à Genève, en Suisse, le 21 janvier 2021.

La nouvelle administration américaine a fait son grand retour jeudi à l'OMS, l'assurant de son soutien et saluant son rôle de chef de file dans la lutte contre la pandémie. Elle prend ainsi le contrepied du président sortant Donald Trump.

Moins de 24 heures après son investiture, le nouveau président américain Joe Biden a marqué d'emblée sa différence avec son prédécesseur, qui a minimisé la pandémie de Covid-19 et renié l'Organisation mondiale de la santé en la qualifiant de "marionnette" aux mains de la Chine, en faisant intervenir l'immunologue Anthony Fauci à une réunion du conseil exécutif de l'OMS.

Dans son discours, Dr Fauci, qui était déjà membre de la cellule de crise du président Trump et a été nommé conseiller par Joe Biden, a annoncé que les Etats-Unis ont "l'intention de remplir leurs obligations financières envers l'organisation".

Il a également "remercié l'Organisation mondiale de la santé pour son rôle de chef de file dans la réponse de santé publique mondiale à cette pandémie".

Et, a-t-il dit, "les Etats-Unis sont prêts à travailler en partenariat et de façon solidaire pour soutenir la réponse internationale au Covid-19, atténuer son impact dans le monde, renforcer nos institutions, faire progresser la préparation aux futures épidémies, et améliorer la santé et le bien-être de tous les peuples du monde".

Bilan symbolique, le nombre des morts du Covid-19 aux Etats-Unis a dépassé mercredi celui des soldats américains tués pendant la Seconde Guerre mondiale : la première puissance mondiale déplore désormais 405.400 décès depuis le début de la pandémie. Pays le plus endeuillé en valeur absolue, les Etats-Unis sont aussi le pays le plus touché en nombre de cas (plus de 24,4 millions).

Joe Biden a réaffirmé que la lutte contre la pandémie serait l'une de ses priorités. Parmi les premières mesures, il a ordonné le retour des Etats-Unis au sein de l'OMS.

"Hier (mercredi), le président Biden a signé des lettres rétractant l'annonce de la précédente administration de se retirer de l'organisation, et ces lettres ont été transmises au secrétaire général des Nations unies et à vous, cher ami", le patron de l'OMS Tedros Adhanom Ghebreyesus, a indiqué Dr Fauci.

"Une famille de nations"

Il a également annoncé que le président Biden doit publier une directive dans le courant de la journée, dans laquelle il fera part de l'intention des Etats-Unis de se joindre au dispositif Covax, mis en place par l'OMS pour distribuer des vaccins anti-Covid aux pays défavorisés.

"C'est un grand jour pour l'OMS et un grand jour pour la santé mondiale", lui a répondu le chef de l'OMS.

"L'OMS est une famille de nations et nous sommes tous heureux que les Etats-Unis restent dans la famille. Nous sommes une famille", a-t-il ajouté.

En juillet dernier, Washington, qui avait dénoncé la "mauvaise gestion" par l'OMS de la pandémie et sa complaisance envers la Chine, avait officiellement lancé la procédure de retrait américain de l'institution, plombant les maigres finances de l'OMS.

S'exprimant au sujet de la mission internationale d'experts de l'OMS qui se trouve actuellement en Chine pour enquêter sur les origines du nouveau coronavirus, M. Fauci a souhaité que l'enquête soit "robuste et claire".

Joe Biden signe des décrets sur le climat et l'immigration

Le président Joe Biden fait une pause alors qu'il signe ses premiers décrets dans le bureau ovale de la Maison Blanche le mercredi 20 janvier 2021, à Washington. (Photo AP / Evan Vucci)

Le nouveau président américain Joe Biden a signé une série de décrets dont un portant sur le retour des Etats-Unis dans l'accord de Paris sur le climat. Il a aussi adressé au Congrès un texte susceptible de permettre à des millions de sans-papiers d'obtenir à terme la nationalité américaine.

Accord de Paris, OMS, immigration

Dans le Bureau ovale de la Maison Blanche, le tout nouveau président Joe Biden a signé une quinzaine de décrets pour faire face aux crises que traverse l'Amérique et revenir sur certaines mesures prises par son prédécesseur, en engageant notamment le retour des Etats-Unis dans l'accord de Paris sur le climat.

Au moins six des décrets signés dès le premier jour portent sur l'immigration.

Selon le quotidien The Hill, au total, le nouveau chef de l'État devrait signer 53 décrets au cours des 10 prochains jours. L'objectif, précise le journal, est de faire face aux défis sanitaires, économiques, climatiques et à celui des inégalités raciales.

Le nouveau locataire de la Maison Blanche a aussi mis un terme au retrait de Washington de l'Organisation mondiale de la santé et annulé un décret qui interdisait aux ressortissants de certains pays, en majorité musulmans, d'entrer aux Etats-Unis, et suspendu les travaux de construction d'un mur à la frontière sud avec le Mexique.

Des millions de résidents illégaux pourraient obtenir à terme la nationalité américaine.

Coronavirus

Plusieurs des autres décrets sont liés à la lutte contre le coronavirus. L'un d'eux impose le port du masque dans les bâtiments publics et pour les fonctionnaires. Un autre donnera naissance à une agence rattachée à la Maison Blanche chargée de coordonner l'action sanitaire contre la pandémie.

Joe Biden a entamé par ailleurs le processus de réintégration de l'accord de Paris sur le climat et a révoqué l'autorisation accordée au projet controversé d'oléoduc Keystone entre les Etats unis et le Canada.

Jennifer Psaki, la nouvelle porte-parole de la Maison Blanche, a par ailleurs indiqué que l'ancien président Donald Trump, qui n’a pas assisté à l'investiture de son successeur, lui a toutefois laissé une lettre que Joe Biden a qualifiée d’aimable, sans toutefois en donner les détails, soulignant que cela relevait du domaine "privé".

Double attentat suicide à Bagdad: Près de 30 morts

La scène d'un double attentat suicide dans une rue commerciale animée au cœur de Bagdad, en Irak, le 21 janvier 2021.

Près de 30 personnes ont été tuées jeudi par deux kamikazes qui se sont fait exploser sur un marché du centre de Bagdad, l'attaque la plus meurtrière depuis trois ans dans la capitale irakienne.

Un premier homme a déclenché sa ceinture explosive au beau milieu de vendeurs et de badauds sur le marché de vêtements d'occasion de la place Tayaran, a expliqué le ministère de l'Intérieur.

Alors qu'un attroupement se formait pour tenter de venir en aide aux victimes, un second kamikaze a fait détoner ses explosifs, a-t-il ajouté.

Dernier bilan donné par l'agence officielle irakienne: 28 morts et 73 blessés. Les médecins, eux, disent redouter que le bilan ne continue de grimper dans la métropole de dix millions d'habitants où le ministère de la Santé a annoncé avoir placé l'ensemble du personnel médical en état d'alerte maximale.

Législatives

Sur la place, carrefour très passant de Bagdad, des flaques de sang étaient visibles, de même que des lambeaux de vêtements déchiquetés par les explosions, a constaté un photographe de l'AFP.

Soldats et ambulanciers étaient déployés en masse sur la place, les premiers bloquant les accès et les seconds s'activant à déplacer des corps ou à aider des blessés, dans un ballet d'ambulances aux sirènes entêtantes.

Un attentat avec exactement le même mode opératoire avait déjà endeuillé cette même place, faisant 31 morts, il y a trois ans quasiment jour pour jour.

Des éléments des forces de sécurité sont déployés sur le site d'un attentat à la bombe meurtrier à Bagdad, le 21 janvier 2021.
Des éléments des forces de sécurité sont déployés sur le site d'un attentat à la bombe meurtrier à Bagdad, le 21 janvier 2021.

Comme en 2018, cette attaque intervient alors que les autorités discutent de l'organisation d'un scrutin législatif, une échéance régulièrement accompagnée de violences en Irak.

Les élections anticipées d'un nouveau Parlement avaient été promises par le gouvernement pour juin. Mais les autorités proposent actuellement de les reporter à octobre afin de donner plus de temps à la Commission électorale pour organiser ce scrutin.

De nombreux politiciens disent toutefois douter de la tenue d'une élection anticipée --en juin comme en octobre-- car la condition sine qua non est une dissolution du Parlement. Or, seuls les députés peuvent voter leur propre dissolution et aucun n'a donné d'assurance en ce sens.

Cellules dormantes de l'EI

Le double attentat suicide de jeudi n'a pas été revendiqué dans l'immédiat, mais ce mode opératoire a déjà été utilisé par le passé par le groupe Etat islamique (EI), qui a occupé près du tiers de l'Irak en 2014 avant que Bagdad ne déclare avoir gagné sa guerre contre les jihadistes fin 2017.

Depuis, des cellules jihadistes se terrent dans les nombreuses zones montagneuses et désertiques du pays. Jusqu'ici toutefois, l'EI n'a revendiqué que des attaques de faible envergure, menées généralement de nuit contre des positions militaires dans des zones isolées, loin des villes.

Les derniers attentats ayant fait plusieurs morts à Bagdad remontent à juin 2019.

Cette attaque intervient alors que les Etats-Unis ont réduit le nombre de leurs soldats en Irak à 2.500 hommes, une baisse qui "reflète la hausse des capacités de l'armée irakienne", selon les mots du chef du Pentagone Christopher Miller.

Cette réduction "ne signifie pas un changement dans la politique des Etats-Unis", a-t-il souligné. "Les Etats-Unis et les forces de la coalition restent en Irak pour assurer une défaite durable" de l'EI.

Les Etats-Unis sont à la tête d'une coalition internationale déployée en Irak depuis 2014 pour lutter contre l'EI.

La quasi-totalité des troupes des autres Etats membres de la coalition ont quitté le pays en 2020 au début de la pandémie de nouveau coronavirus.

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