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Algérie

L’Armée algérienne estime avoir répondu aux revendications populaires

Le chef d'état-major algérien, le général Ahmed Gaid Salah, présidant un défilé militaire à Alger, le 1er juillet 2018.

Le général Ahmed Gaïd Salah a jugé que les revendications "fondamentales" du mouvement de contestation avaient été satisfaites, estimant que l'objectif était désormais l'élection présidentielle.

Depuis le 22 février, l'Algérie est secouée par un mouvement de contestation, marqué par des rassemblements hebdomadaires contestant d'abord le régime du président Abdelaziz Bouteflika puis, après sa démission le 2 avril, exigeant le départ de ses anciens fidèles encore au pouvoir. Une présidentielle prévue début juillet n'a pu être organisée faute de candidats.

"L'armée (...) qui a accompagné depuis le début les revendications du peuple algérien, exprimées à travers les marches pacifiques, considère aujourd'hui (...) que les revendications fondamentales ont été entièrement réalisées", a déclaré le chef d'état-major, désormais véritable homme fort du pays, selon un communiqué du ministère de la Défense. "Certains groupes (...) s'acharnent à rejeter toutes les initiatives présentées et tous les résultats obtenus, en scandant des slogans tendancieux et lançant des appels douteux", a-t-il ajouté.

Le général Ahmed Gaïd Salah a exhorté en outre les médias nationaux à "ne pas succomber aux tromperies des ennemis de la nation, mais de contribuer de manière constructive, efficace et positive dans ce noble processus national décisif pour la vie de la nation".

Il a salué le travail de l'Instance nationale de dialogue et de médiation chargée par le président par intérim Abdelkader Bensalah de mener des consultations sur les modalités de la future présidentielle. La semaine passée, il avait rejeté "catégoriquement" toute condition préalable au dialogue après que l'instance a réclamé des mesures d'apaisement avant tout dialogue, dont la libération de manifestants.

Lors d'une conférence de presse jeudi, Karim Younes, le coordonnateur de cette instance, a de nouveau réclamé la libération des manifestants. Il a dit avoir "bon espoir" qu'ils soient libérés, annonçant notamment celle de Nadir Fetissi, un manifestant arrêté pour avoir brandi le drapeau berbère. Selon M. Younes, l'instance souhaite programmer une Conférence nationale pour désigner une commission d'organisation et de contrôle des élections et "élaborer une feuille de route" du prochain mandat présidentiel.

Mercredi, ce panel s'est réuni pour la première fois avec des personnes présentées comme des militants du Hirak, le mouvement de contestation. Lors de cette réunion, la majorité des intervenants ont estimé que la présidentielle devait se tenir rapidement et sans intervention du gouvernement de Noureddine Bédoui, accusé d'être un "représentant de la fraude".

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Algerie: 27e vendredi de manifestation

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Votre page des sports du 21 août avec Yacouba Ouédraogo

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Nouveau vendredi de manifestations contre le pouvoir

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26e vendredi de manifestations contre le régime

Des manifestants algériens scandent des slogans et brandissent des drapeaux nationaux dans les rues de la capitale, Alger, le 26e vendredi consécutif de manifestations du 16 aout 2019.

Les Algériens manifestent à nouveau massivement dans les rues du centre de la capitale, quadrillé par la police, pour un 26e vendredi consécutif d'un mouvement de protestation qui s'apprête à clore son 6e mois sans avancée vers une solution à la crise.

Malgré la forte chaleur estivale, la mobilisation, difficile à estimer précisément en l'absence de comptage officiel, semblait aussi importante que ces dernières semaines.

Amoindrie par les vacances scolaires par rapport aux premières semaines du "Hirak" (le mouvement de contestation né le 22 février), la mobilisation reste forte à Alger, où comme chaque vendredi, hommes, femmes et enfants de tous âges sont au rendez-vous.

"C'est ou nous ou ce pouvoir, on ne va pas s'arrêter", scandent les manifestants qui continuent de réclamer le départ du pouvoir de tous ceux ayant accompagné, durant ses 20 ans de présidence, Abdelaziz Bouteflika, contraint à la démission le 2 avril, sous les pressions conjuguées de la rue puis de l'armée.

Des dizaines de véhicules de police sont garés des deux côtés de la rue, sur une partie du parcours emprunté par la manifestation. Le dispositif semble toutefois avoir été légèrement allégé par rapport aux dernières semaines.

Le général Ahmed Gaïd Salah, chef d'état-major de l'armée devenu le véritable homme fort du pays depuis la démission de M. Bouteflika, reste une cible principale des protestataires.

- "Experts de la triche" -

"Unis, on fera partir le +Gang+ (au pouvoir) puis Gaïd", scandent ces derniers.

Alors que le mouvement de contestation, qui s'apprête à fêter son 6e mois le 22 août, ne semble pas s'essouffler, aucune solution à la crise politique dans laquelle est plongée l'Algérie ne se profile.

Le "Hirak" continue de refuser la présidentielle que le pouvoir souhaite coûte que coûte organiser le plus rapidement possible pour élire le successeur de M. Bouteflika. Une élection convoquée le 4 juillet a dû être annulée, aucun candidat sérieux ne s'étant présenté.

"On ne veut pas d'élections organisées par ce gouvernement. Ils trouveront le moyen de frauder. Ce sont des experts de la triche. Qu'ils partent avant les élections", résume Mohamed Benouafek, 45 ans, ingénieur dans une entreprise privée, interrogé dans une rue d'Alger par l'AFP.

Chauffeur de taxi de 65 ans, Ahmed manifeste vendredi "pour redire à Gaïd que nos revendications n'ont pas été satisfaites", contrairement à ce que le chef d'état-major a assuré le 8 août, en dénonçant "certains groupes" qui "s'acharnent à rejeter toutes les initiatives présentées et tous les résultats obtenus".

Le "dialogue" proposé par le pouvoir à la classe politique et à la société civile pour définir les modalités de cette élection, censé en garantir l'équité, est également rejeté par les manifestants, et "l'Instance de dialogue" mise sur pied pour parler avec les divers acteurs, peine à asseoir sa légitimité à leurs yeux.

- "A la poubelle" -

Nommé à la tête de cette instance, Karim Younès, ex-président de la Chambre basse et ancien ministre de M. Bouteflika, est une fois encore conspué vendredi par les manifestants aux cris de "Karim Younès à la poubelle!".

"On reste avec des pratiques anciennes, ce genre d'instance va nous mener à l'impasse", a averti jeudi, dans un entretien au site d'information TSA (Tout sur l'Algérie), l'économiste Smail Lalmas, qui a démissionné de cette instance après le refus du pouvoir de prendre des mesures "d'apaisement" réclamées en signe de bonne volonté.

De leur côté, plusieurs partis politiques et organisations de la société civile ont été contraints de reporter une réunion prévue samedi, faute d'avoir obtenu - comme le veut la loi - une autorisation préalable des autorités.

"Au moment où le pouvoir fait la promotion de son offre de dialogue, la réalité est tout autre", s'insurgent les organisateurs dans un communiqué, dénonçant "le verrouillage du débat public, des médias, du dialogue dans la société".

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